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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 08:07

 

 

Article précédent :  Regards philosophiques (66)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

6

 

Débat (suite) :

 

 

 

Le poème de Florence :   Indignation

 

 

Un bruit dans les urnes
Je m’indigne dans ma douche
Pour le plaisir du miroir
Le sourcil un peu froncé
Comme un reproche vivant

Pour ce premier mai
L’indignation est un fleuve
Un flot maitrisé
Et il rejoindra son lit
Dès que la nuit tombera

Je m’indigne un peu
Quand l’hiver sera venu
Les tisons dans l’âtre
La colère hibernera
Jusqu’à un printemps prochain

Mais que voulez vous
Bien sûr je suis indignée
Mais j’ai pas le temps
J’ai des tas de trucs à faire
Je m’indignerai demain

Les loups ont hurlé
Un langage étrange
A la lune pleine
Et j’ai bouché mes oreilles
En tremblant d’indignation

BFM en boucle
Distille l’indignation
Je refais le monde
En boule dans le canapé
En sirotant ce nectar

Par procuration
Je me donne bonne conscience
Sans risque et sans fièvre
Et je promets un euro
Aux indulgences modernes

Je suis une statue pour la postérité
L’indignation, cet art, interdit le silence
Je ne veux plus dormir, en pleine ambivalence
La revendication est la nécessité

Pour un partage égal de la prospérité
C’est ma pauvreté qui nourrit ton opulence
Chaque injustice est une flèche qui me lance
Je n’ai pas mérité cette mendicité

Et j’étouffe les mots, et j’écoute les maux
Les couleuvres s’enroulent sur les fonds baptismaux
Et j’ai rêvé d‘un monde en forme de balance
Sur les plateaux duquel sont pesées les actions
La justice est aveugle ou c’est pure distraction
En attendant d’y croire j’ai visé l’ambulance

 

 

  

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 08:12

 

 

Article précédent :  Regards philosophiques (65)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

5

 

Débat (suite) :

 

 

Dans l’indignation, il y a une dynamique, voire même une certaine violence ; tout à coup on a l’impression qu’il faut que cela éclate ! La coupe déborde ! Il y a extériorisation. On peut le faire tout seul, chez soi, en jetant la télé par la fenêtre ! On peut se promener dans son quartier et voir partout des incivilités, mais c’est juste râler, critiquer. L’indignation, c’est autre chose : il faut qu’elle soit porteuse de sens et moteur d’action.

   

On s’indigne de l’intervention de la France en Libye. Pour moi, c’est la non-intervention qui est indigne ; c’est : « Silence, on tue ! ». Quelqu’un qui ne s’indigne jamais de sa vie est comme un esclave qui accepte son esclavage. C’est dans la nature humaine de s’indigner. On s’indigne dès l’enfance, on se révolte… Dans une classe d’élèves (13/14 ans), j’ai posé la question : « Quelle est la dernière fois où vous avez dit : c’est injuste ? » Et là, ça fusait de toute part. Ce qui nous indigne est souvent personnel, mais cela peut être collectif, tel que dans une entreprise sur les conditions de travail, de salaire, ou les conditions de ceux qui n’ont pas de logement ; la liste est longue.

   

L’indignation part d’une notion de seuil de tolérance. Il y a un état de fait, on considère que ça doit être comme ça ! Ou alors, on réagit ! L’indignation, c’est positif, parce que ça implique que les autres existent, qu’on n’est pas tout seul. Je suis très sensible à la perversion de cette notion d’indignation. Il y a des indignations professionnelles, vertueuses, où on s’indigne parce que ça permet de se sentir mieux, de se sentir meilleur. On s’indigne parce que ça montre aux autres comment ils doivent faire. La deuxième forme de perversion de l’indignation, ce sont les indignations sélectives. Si on est capable de s’indigner, c’est par rapport à un idéal, une certaine conception, donc, ça ne peut pas être sélectif. Et si, à un moment donné, les raisons de l’indignation vont à l’encontre d’intérêts personnels, on doit être quand même capable de s’indigner. Quand on met la morale en avant, alors il faudrait intervenir partout. De fait, on ne peut pas dire que s’indigner, c’est forcement bien.
Jusqu’ici, on a surtout développé le côté positif de l’indignation. Il y a des indignations scandaleuses, par exemple, le ségrégationnisme. On a vu des blancs s’indigner qu’un noir entre dans un endroit réservé aux blancs. Dans sa vision du monde, le noir était indigne, c’était presque un acte criminel.
Finalement, s’indigner, c’est assez facile, c’est à la portée de tout le monde ; et après qu’on s’est indigné, qu’est-ce qu’on fait ?

   

Quand il n’y a pas d’indignation, il peut alors y avoir tolérance, laxisme, résignation : tout cela ne mène à rien.

   

Il a des indignations de façade. Je m’indigne et puis je passe à autre chose. J’aimerais voir la carte d’électeur de tous ceux qui s’indignent, voir s’ils ont tous le cachet de chaque vote !
« Chacun est convaincu de la valeur de son indignation. » (Dixit émission de France Inter)
Trouvez votre motif d’indignation : aujourd’hui c’est la guerre et le droit d’ingérance.  La guerre est bonne pour l’un, mauvaise pour l’autre.
S’indigner, c’est bien, mais j’aime aussi l’expression soyez dignes, soyer dignes de vous en ajustant vos actions à vos propos.  » Seule l’action dévoile notre conception de vie […] toute réflexion qui ne mène pas à l’action est vaine.  » (Dixit, notre Café-philo du 11 février 2009 : « Philosopher est-ce s’engager ? »)

   

On a évoqué l’indignation comme exutoire ; ça fait du bien, ça libère un peu de bile, ça contient l’ire, c’est une thérapie… Ce soir, on va pouvoir ajouter en annexe au livre de Monsieur Stéphane Hessel « Indignez-vous ! », un paragraphe entier qui sera le catalogue de toutes nos indignations. Elles sont diverses, variées, grandes et petites. Une de mes dernières indignations (à mettre au catalogue), c’est un discours, celui du chanoine de Latran qui met en opposition l’enseignement laïc et l’enseignement religieux, et qui nous dit que : « …dans la transmission des valeurs […] l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur »; (Discours du Président de la République française à Rome le 20 décembre 2007). Cela a indigné de nombreuses personnes qui voient là un mauvais procès à la laïcité, à un principe inscrit dans la Constitution.

   

Si vous vous indignez et que vous n’avez pas d’écoute, à quoi cela sert-il ? Il y a les petits, les sans-noms, ceux qu’on n’entend pas…

   

Ce qui m’interpelle et parfois m’indigne, c’est l’individualisme des gens, c’est la lâcheté.
Vous trouvez de moins en moins de personnes qui acceptent de témoigner lors d’une agression, et, s’il n’y a pas de témoin, l’assurance ne marche pas. Ce qui m’indigne, c’est qu’on peut être poursuivie pour avoir réprimandé un élève. On ne se sent pas libre…

   

Aujourd’hui, on peut se regrouper autour de ses indignations, il y a des réseaux sociaux, plein de relais ; ce fut le cas par exemple pour la révolte du jasmin en Tunisie….

 

  

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 08:06

 

 

Article précédent : Regards philosophiques (64)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

4

 

Débat (suite) :

   

Être frappé d’indignité entraîne la perte des droits civiques, de représentativité, de charges officielles, l’opprobre de tous, comme les collaborateurs lors de la dernière guerre mondiale.

   

C’est un peu comme une excommunication civile.

   

Avec sa dignité, en ces temps-là, on pouvait perdre aussi ses cheveux !

   

Si on s’indigne, c’est désobéir devant cette logique qui est de se taire devant les décisions prises ; comme aller à la guerre chez les autres, de vendre des armes… Tout peut passer si personne ne s’oppose, ne se lève. S’indigner, c’est s’opposer à ce qui vous semble être une injustice et des faits assez graves. Je pense à ce qui se passe actuellement, à l’école, à l’hôpital, à l’université…

   

Récemment, un groupe auquel j’appartiens a pris officiellement position pour l’intervention de la France en Lybie. Dans ce même groupe de personnes, certaines s‘en sont indignées. Je suis intervenu dans ce débat pour prêcher la modération en avançant que s’indigner et prendre une position catégorique, tranchée, me posait un problème philosophique. Est-ce qu’on doit laisser Kadhafi tirer sur les Libyens qui se révoltent ? Est-ce qu’au nom de la « non-intervention », on doit laisser faire? Doit-on intervenir, alors qu’on n’a pas bronché lors du massacre de Sabra et Chatila, à Zebreniska, lors du massacre des Indiens au Mexique (au Chiapas), lors des exactions, des tueries de Pinochet et des militaires argentins, la liste serait longue… « Droit d’ingérence », « non intervention » semblent être des concepts à dimensions variables ! Il en résulte qu’on peut être dubitatif, être entre l’indignation et l’expectative !

   

Toujours d’actualité, des groupes politiques et écologiques ont manifesté contre l’exploitation du gaz de schiste, exploitation mise en place sans aucune consultation de la population. Cette indignation a été payante ; cela a permis d’obtenir un moratoire. Comme il a été dit : si  personne ne se dresse, ne s’oppose, tout peut passer.

   

Quand est-ce qu’on s’indigne ? Où et pourquoi ? En fonction de tout ce qui vient d’être dit, on a la capacité de s’indigner quand on a la capacité d’avoir un jugement libre. Et c’est ce que fait Platon. Finalement, Socrate a été condamné à mort parce qu’il ne croyait pas aux dieux de la cité, ce qui fut juger indigne et impie. Il croyait au dieu de la raison : ce n’était pas le bon ! Il croyait à la faculté qu’a chacun de raisonner et il a été condamné parce qu’en cela il était considéré comme corrupteur de la jeunesse d’Athènes.
C’est toute l’indignation de Platon, et de la même façon, Kant dans son ouvrage « Qu’est-ce que les Lumières ? » nous dit : « être éclairé, ce n’est pas accumuler des connaissances ; être éclairé, c’est oser penser par soi-même », oser porter un jugement libre.
Dans  des précédentes interventions, on a évoqué ce tournant de civilisation, puisque les peuples de Tunisie, de Libye, d’Egypte, etc., se révoltent. Et puis, en France nous avons de nombreuses manifestations pour le même sujet, à chaque fois des milliers de gens dans la rue, et bien, tout se passe comme si l’indignation ne servait à rien.
Il faut libérer cette oppression qu’est l’indignation, parce que si on la garde trop longtemps en soi, ça provoque du mauvais.  Mieux vaut s’exprimer, pouvoir en discuter avec les autres, connaître leur opinion pour se libérer par la parole de cette tension. Certaines personnes sont toujours furibondes, en colère, parce qu’elles ne peuvent extérioriser, et cela va au-delà de l’indignation face à la politique.

   

Nous sommes nombreux à avoir lu ce petit opuscule de Stéphane Hessel, « Indignez-vous!« . C’est toujours une curiosité de voir les médias d’aujourd’hui faire la promotion d’un ouvrage qui dénonce le système qu’ils promeuvent. Quand tout le monde chante la même chanson, le questionnement philosophique amène à y regarder de plus près. Cet ouvrage, qu’on peut saluer, est en fait un petit libelle de tout ce qui est dénoncé depuis des années.

Alors, hors la courageuse position à l’égard du problème  palestinien,  pourquoi tout ce battage pour ces quelques pages ? Et voilà que sur France Inter, le 3 janvier 2011 à 8 h 20, j’entends la voix de ce sympathique  Monsieur Hessel, et, sans qu’on le pousse beaucoup, il nous annonce qu’il est prêt aux prochaines élections à voter pour le patron du FMI.
Est-ce là vraiment la rupture dont il parle dans son ouvrage ? On peut se demander s’il n’y a pas là comme une  posture, sans plus.

J’étais prêt à m’indigner avec lui, maintenant je suis simplement désolé. Néanmoins, je rends hommage à Monsieur Stéphane Hessel, à la personne morale, et à tous ses engagements antérieurs.

Ce même jour, une amie (Geneviève D.) m’adresse un message : «  J’’ai lu le livre de Hessel,  c’est beaucoup de bruit pour rien ! Il a 93 ans, c’est sa pub ; selon lui, c’est la Résistance qui a tout fait. Il oublie les luttes du 19ème siècle, celles du début du 20ème, et même toute l’Histoire ; il n’y a que la Résistance, parce qu’il y était. Mon père aussi, et nous dans un sens ; je me demande encore comment on a pu échapper au drame… »
Une autre amie(Anne-Marie T.) modère ma position : « Malgré les critiques que l’on peut faire de cet ouvrage, il faut lui reconnaître le mérite d’avoir suscité l’attention des médias et des personnes qui ne sont pas des militants politiques avec une longue expérience, qui ne sont pas dans le débat philosophique, ceux-là vont découvrir ce qu’eux ne savaient pas.»

 


  

(A suivre)

 

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 08:08

 

 

Article précédent : Regards philosophiques (63)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

3

 

Débat :

   

Il y a des quantités de choses qui m’indignent : il y a la maladie qui touche les enfants, la violence banalisée, il y a les guerres, et j’ai choisi plus particulièrement de m’insurger contre la précarité, la pauvreté et l’exclusion. Ceci parce que souvent la précarité entraîne la pauvreté, laquelle entraîne l’exclusion. La pauvreté galope comme la lèpre, elle touche non seulement les sans-emplois, mais aussi certaines personnes qui ont un travail  régulier et se trouvent quand même dans la précarité et s’enfonce dans la pauvreté.
La précarité, donc, c’est le germe de la pauvreté. Les notions de précarité, exclusion, pauvreté, sont couramment utilisées dans le débat social. Je pense que la précarité renvoie à l’instabilité, à la fragilité, à l’incertitude face à l’avenir et constitue un ensemble de risques pouvant conduire à l’exclusion.

Nous ne pouvons pas accepter ces situations sans réagir. Alors, pouvons-nous, devons-nous tout accepter, simplement pour nous faire bien voir, ou au contraire devons-nous prendre le risque de nous faire mal voir ?

   

Ce quart de siècle sera marqué par l’indignation des pays arabes, par un besoin de dignité. Ça a commencé en Tunisie, puis ce fut l’Egypte, puis la Lybie en Syrie, au Yémen, partout les peuples se révoltent. Tous ceux qui étaient opprimés se rebellent, se libèrent du joug des dictatures…

   

Dans indigné, il a « digne ». Il y a des nuances dans « être digne », ainsi que dans « ne pas être digne ». Il me semble que ce qui préside dans l’indignation, c’est le sentiment de révolte, de quelque chose qui vous choque et qui ne correspond pas à ce qu’on attendait, qui vous déçoit. Tous les colères ne sont pas de l’indignation, il y a des gens toujours énervés, c’est leur nature. Pour qu’il y ait indignation, il faut que quelque chose ait été transgressée ; comme la norme, alors on est scandalisé, choqué, donc il y a une relation d’ordre moral.
A l’opposé, quand on parle de dignité, on évoque par exemple, un dignitaire, une personne irréprochable ; cela peut aussi être pris ironiquement.

   

Dans son ouvrage susdit, « De l’indignation », Jean-François Mattéi évoque ce concept. Il souligne que par rapport à son concept de modernité, la dignité est quelque chose qui est considérée comme universelle : dignité humaine, crime contre l’humanité… Ce qu’il souligne d’abord, c’est que l’indignation est précédée du concept de dignité, laquelle dignité était réservée à une élite. Et donc que l’indignation, comme celle de Platon,  est une base en regard de l’injuste, c’est l’indigne procès de Socrate.
L’indignation, au sens moderne, est un concept plus universel encore. En même temps, il y a cette dérive qui fait qu’on voit des indignations s’opposer à d’autres indignations. Ou une indignation de groupe qui va œuvrer pour dévaloriser l’indignation de l’autre.

   

La première indignation, c’est « cette terrible histoire de pomme ». Rappelez-vous, quand le patron du grand jardin s’est indigné que notre grand-mère ait enfreint ses ordres, qu’elle eût osé goûter et faire goûter de l’arbre de la connaissance. On a payé cher pendant des siècles ce péché originel !

   

Il y a une expression parfois entendue, c’est « être frappé d’indignité », à quoi cela correspond-t-il exactement ?

 


  

(A suivre)

 

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Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 08:03

 

 

Article précédent :  « Sarajevo, mon amour »

 

Cohen-leonard.jpg

Léonard COHEN est né à Montréal en 1934. C’est un écrivain et  un chanteur de langue anglaise. Léonard Cohen est aussi un poète, romancier, compositeur. Il interprète des textes intimistes dans la lignée d’un folksong urbain mélancolique et parfois contestataire. Il chante dans un registre typiquement grave accompagné de synthétiseurs et de choristes.

Suzanne (Suzanne)
Suzanne takes you down to her place near the river
Suzanne t'emmène chez elle près de la rivière
You can hear the boats go by
Tu peux entendre les bateaux voguer
You can spend the night beside her
Tu peux passer la nuit auprès d'elle
And you know that she's half crazy
Et tu sais qu'elle est à moitié folle
But that's why you want to be there
Mais c'est pour ça que tu veux rester
And she feeds you tea and oranges
Et elle te nourrit de thé et d'oranges
That come all the way from China
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
And just when you mean to tell her
Et juste au moment où tu veux lui dire
That you have no love to give her
Que tu n'as aucun amour à lui donner
Then she gets you on her wavelength
Elle t'entraîne dans ses ondes
And she lets the river answer
Et laisse la rivière répondre
That you've always been her lover
Que tu es son amant depuis toujours

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that she will trust you
Et tu sais qu'elle aura confiance en toi
For you've touched her perfect body with your mind.
Car tu as touché son corps parfait avec ton esprit.
                          

http://youtu.be/n_56ep729TE

 

 

 

 

 


 
Par M. G. - Publié dans : culturels
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