témoignages


Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 08:10
Les battages... 


En août, les moissons terminées, la batteuse s'installait près des gerbiers pour une ou deux journées selon la taille de l'exploitation. Elle allait ainsi de ferme en ferme pendant tout le mois. Tous les villages vivaient alors au rythme des battages. Le gros tracteur « Massey- Fergusson » était démarré avec fracas pour entraîner la courroie de la batteuse. Les gerbes étaient jetées dans un orifice situé au-dessus de la machine. Les épis passaient dans une presse. La paille était expulsée d'un côté en grosses bottes maintenues par une corde alors que, de l'autre côté,  les grains tombaient dans des sacs en toile de jute.

Nous, les enfants, nous écarquillions nos yeux pour ne rien perdre du spectacle. Pendant des heures, la machine réclamait son lot de graines et de paille. Les hommes les plus costauds, un foulard noué autour du cou, posaient les sacs pesants sur leurs larges épaules et les montaient par une échelle branlante jusqu'au grenier. Les bouteilles d'eau, de cidre, de piquette ou de vin circulaient et nous étions chargés de les remplacer par de nouvelles, pleines de boissons bien fraîches que nous placions à l'ombre. Les bottes de paille formaient peu à peu un gigantesque «  pailler » qui serait entamé dès les premiers jours de froid.

Lorsque la nuit arrivait, avant de passer à table, les hommes se nettoyaient grossièrement dans une bassine près de la citerne ou du puits. Puis ils s'asseyaient à de grandes tables où un dîner était servi. Ils sortaient lentement leurs couteaux de leurs poches, l'ouvraient et découpaient méthodiquement une bonne tranche de pain qu'ils trempaient dans la soupe fumante. Les femmes avaient passé la journée à plumer les volailles et à les cuisiner accompagnées de succulents légumes du potager. Ces repas étaient l'occasion de faire la fête et le vin permettait de dépoussiérer les tuyauteries, et personne ne s'en privait. Quelques uns allaient jusqu'à pousser un petit air ou une chanson paillarde. Quelques fois, on sortait le violon et l'accordéon pour danser la bourrée charentaise.

Le progrès a limité la convivialité de ces périodes traditionnelles. Maintenant, c'est chacun pour soi.  Mais, en contrepartie, il a apporté plus de confort de travail aux exploitants.

 

Par B. B. - Publié dans : témoignages
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 08:12
Les moissons... 


Le village semble endormi, léché par un soleil de plus en plus rasant. Un vieux chien en vadrouille s'approche de moi, en confiance. Chaque maison a un banc près de son seuil, et pendant les longues et douces soirées de la belle saison, on se retrouvait là, entre voisins, pour de paisibles bavardages. Mais pour l'instant, il n'y a personne car il faut se hâter avant les premières pluies vraiment froides qui viendront bientôt. D'énormes machines agricoles, aux dents gigantesques, transforment les vastes étendues de maïs en champs de batailles où ne restent que quelques pieds déchiquetés. Une noria de tracteurs, tirant des remorques pleines de grains jaunes, se dirige vers la coopérative la plus proche. Il n' y a pas de temps à perdre.

Je me souviens, avec un peu de nostalgie, des moissons d'autrefois durant lesquelles, malgré un labeur souvent éprouvant, on partageait une ambiance chaleureuse et festive. C'était l'occasion de repas conviviaux qui réunissaient tous les voisins venus aider afin d'accélérer le travail et garantir des produits de bonne qualité.

La période des récoltes démarrait en général en juillet, dès que le blé était mûr. Quand les épis, jaunes et secs, s'égrenaient dans la main, on démarrait les moissons. Dès le lever du jour, on était déjà dans les champs pour travailler le plus possible tant que la chaleur était supportable. Les heures s'écoulaient alors, tout juste coupées par des casses croûtes qui rythmaient  la journée. Nous, les enfants, sagement assis à l'ombre,  nous passions de longs moments à observer la faucheuse qui coupait la blonde marée. Puis, le blé était ramassé pour former de petites gerbes qui étaient entassées avant d'être chargées dans la charrette. Quel joie, pour nous, quand on nous autorisait à grimper tout en haut de ce chargement  odorant qui nous égratignait les jambes !  Les gerbes étaient ensuite déchargées dans la cour de la ferme et rassemblées pour former un immense gerbier en forme de cône. On ne s'arrêtait qu'avec la tombée du jour, quand la nuit rendait toute tâche impossible.


Par B. B. - Publié dans : témoignages
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /Mai /2009 08:12

 


L'alphabétisation...

                                        vue par les femmes du groupe.

 

Poème qu'elles ont réservé à F., lors de sa dernière visite.


L’alphabétisation,

c’est le combat contre l’ignorance.


L’alphabétisation,

c’est la diminution de l’inconscience.


L’alphabétisation,

c’est la fin de l’indépendance.


L’ignorance est un grand fléau.


L’analphabétisme,

une mauvaise chose en soi.


Mes sœurs, alphabétisons-nous

car l’instruction n’a pas d’égal.


                                    Fait à Takoni le 15 mars 2009

                                                            Macalou


A chacune, chacun d’entre nous,

ici, dans notre environnement,

d’apprécier à leur juste valeur

la puissance de ces mots,

l’espoir qu’ils portent,

la volonté qu’ils traduisent,

la soif qu’ils cachent,

la détermination qu’ils symbolisent…

Par F. R-G - Publié dans : témoignages
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 08:15
Les cochonnailles... 


Ma promenade est presque achevée. J'aperçois les tuiles, aux teintes douces et rosées, des premières maisons. Parfois, le soleil perce la croûte des nuages  quelques minutes avant de disparaître furtivement. Sur un rebord de fenêtre, un chat s'applique à faire sa toilette. Une porte ouverte laisse entrer l'air gorgé d'odeurs automnales. Je longe maintenant les vieux bâtiments, aux pierres grises, où les fermiers élevaient des cochons destinés à leur consommation.

Quand l'animal atteignait une taille et un poids respectables, on fixait le jour de son sacrifice.  Tôt le matin, on entendait les hurlements du goret qu'on égorge. Le sang était promptement récupéré dans des bassines. Puis les hommes couvraient la bête de paille qu'ils enflammaient. L'odeur du porc grillé se répandait dans la ferme : impuretés et soies étaient brûlées.  Et des seaux d'eau chaude étaient ensuite jetés sur la couenne fumante qu'il fallait alors gratter minutieusement.  Enfin, on attachait le cochon sur une échelle pour lui ouvrir le ventre et le découper.

Pendant ce temps,  la maison ressemblait à une vraie fourmilière.  Le voisins et les amis,  venus aider,  s'affairaient. Les uns aiguisaient les couteaux, d'autres nourrissaient le feu sous la grosse marmite, les femmes lavaient et récuraient les casseroles et les bocaux. La cuisine était encombrée de plats, de pots et de bassines. C'était un vrai remue-ménage dans toute la demeure. Les boyaux, soigneusement rincés, se remplissaient de chair à saucisses ou de boudin. Une fois terminés, ils formaient une magnifique spirale qu'on suspendait ai plafond. Ils attendaient là de raffermir avant d'être partagés entre les gens venus aider.

Une odeur pénétrante de viande et d'oignons frits planait sur l'ensemble. Les bocaux, garnis de viande et de pâté, attendaient d'être stérilisés. Les rôtis étaient mis dans la graisse dans des pots en grès. Les terrines, les pâtés de tête, les andouilles, les abats, les filets, les confits,les saucissons,  tout cet amoncellement de cochonnailles était cuisiné dans une ambiance joyeuse. Il fallait aussi préparer les jambons pour qu'ils sèchent. A la cave, la saumure était prête et les saloirs commençaient à être pleins.

Tout ça sentait terriblement bon les provisions pour l'hiver. C'est hélas aujourd'hui une tradition qui a tendance à disparaître.  Et pourtant, qu'ils étaient bons les pâtés qu'on étalait sur les grosses tranches de pain de campagne et qu'elles étaient savoureuses les fines tranches de jambon qu'on mangeait avec gourmandise.......

Par B. B. - Publié dans : témoignages
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 08:05


D'autres projets...

-          L'alphabétisation. 50 femmes ont suivi un cycle complet de deux ans, 50 autres femmes terminent la deuxième année au mois d'avril prochain. Toutes nous ont dit l'importance d'avoir accès à l'écriture, la lecture et aux bases d'hygiène et de santé.


- Le micro crédit. Il fonctionne parfaitement, aujourd'hui 70 femmes bénéficient de ce micro crédit. Elles s'en servent pour la culture en particulier des arachides mais aussi pour le commerce des céréales, de condiments ou de poisson séché. Au mois de février, chaque femme a pu bénéficier de 11 750 f, ce qui représente près d'un mois de salaire.


-          Les fosses de compostage. C'est un projet qui vient de démarrer, nous avions prévu que cinq agriculteurs puissent bénéficier d'une fosse en fait ce sont neuf fosses qui ont été creusées et remplies. Le résultat de ce compostage permettra de faire de l'épandage au mois de juillet à fin d'obtenir de meilleures récoltes. Les sols n'ont jamais été amendés. La fumure organique permettra de doubler le volume des récoltes.


- Notre prochain projet devrait être le maraîchage. Je demande aux responsables du ciblage de bien vouloir faire des tests afin que nous puissions trouver 1 ha de terrain afin de creuser quatre puits. Nous devrions avoir le résultat de ces tests d'ici quelques semaines. Si le résultat est positif et que nous puissions trouver de l'eau à moins de 4 m, nous pourrons envisager de lancer le projet de maraîchage. Pour information, lors de mon passage j'ai pu constater que les femmes puisaient de l'eau à plus de 25 m.


Pour terminer ce compte rendu, je veux vous dire l'immense merci que j'ai reçu de nos amis de Takoni. Ils vous souhaitent la paix pour vous et pour vos familles ; ils m'ont chargé de vous dire que tout ce que vous avez apporté au village leur permet aujourd'hui de vivre dans de bien meilleures conditions et que leurs enfants pourront en bénéficier tout au long de leur vie.


Rappel : nous organisons une soirée théâtre le vendredi 19 juin pour continuer à financer les projets de Takoni. Retenez votre soirée.

Par F. R-G - Publié dans : témoignages
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