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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 08:07

 

 

Article précédent : Bob Dylan

 


 

« Sarajevo, mon amour »

 

« SARAJEVO MON AMOUR » de Jasmila ZBANIC, est un film que je souhaitais voir. D’abord, parce qu’il a obtenu l’ours d’or de Berlin en 2006, mais également parce qu’il trace les souvenirs de la guerre récente en Bosnie, coincée entre la Croatie et la Serbie.

Après avoir commandé « l’objet inestimable » sur le WEB, par le biais d’un site marchand, j’ai reçu le DVD par courrier à la maison. Quel confort !

Voici le résumé du film : Esma, mère célibataire, vit avec sa fille de 12 ans Sara dans le Sarajevo de l’après-guerre. Sara doit participer à une excursion scolaire. Sa mère accepte un job de serveuse dans une boite de nuit pour réunir l’argent nécessaire. Sara se lie d’amitié avec Samir qui, comme elle, n’a pas de père. Leurs pères sont des héros de guerre, morts au combat. Cependant, quand la fille aborde ce sujet avec sa mère, Esma répond toujours de façon évasive. Sara a le sentiment qu’elle lui cache quelque chose.

L’ambiance du film est intimiste, avec la ville de Sarajevo en fond d’écran ! C’est donc un film atypique auquel on assiste, avec des acteurs plutôt géniaux. La petite Luna MIJOVIC est rayonnante et l’actrice principale Mirjana KARANOVIC, en mère courage,  dégage une force émotionnelle intense. Très souvent, les larmes sont près de couler. Pourtant le pathos est évité, alors que  les cicatrices d’un pays et d’un peuple défiguré par la guerre sont capturées.

On a l’impression de revenir dans les années 60 avec les vêtements démodés, les voitures, les maisons…

 A noter : La scène au cours de laquelle la petite apprend la vérité sur ses origines est très forte,

 de même que les séances psy collectives de monologues des femmes ayant subi des traumatismes.

C’est un film en voix française, qui dure 1h30 environ. EXCELLENT !

 



  Sarajevo.jpg

 


 

Par M. G. - Publié dans : culturels
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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 08:12

 

 

Article précédent : Regards philosophiques (62)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

2

 

  (Présentation du thème - suite)

 

4) Comment s’indigner ?

En fait, le problème ne vient pas tant de l’indignation en elle-même mais plutôt de ce qu’on  fait de cette indignation.

Face à un sentiment d’indignation, plusieurs comportements sont effectivement possibles.
On peut :

-          Ruminer sa colère et éventuellement la retourner contre soi.

-         L’externaliser, en conduisant une vengeance qui peut conduire à une injustice encore plus grande que celle de celui qui l’a produite.

-          Partager sa colère ou son indignation.

-          Tenter de mettre fin à l’injustice qui a produit cette indignation.
En effet si on se réfère aux prolongements de ce que l’on a développé plus haut, on se rend compte que :

-          L’indignation ne se suffit pas à elle-même.

-          Ce qui compte, c’est ce qu’on fait de cette indignation.

 

Dans l’ABC de l’Ennéagramme on peut lire : « Quand ils contrôlent leur passion », certains acceptent les choses comme elles sont : « je continue de percevoir l’imperfection des choses, mais ce qui m’aurait mis en colère autrefois est maintenant source de créativité. Il m’est possible de créer une distance, de canaliser l’énergie engendrée par la colère, et de la mettre au service de mes autres qualités ».

Ils sont dans la sérénité. Le justice reste leur principale valeur, mais à un niveau différent…
Au lieu d’être perpétuellement dans la colère, on peut changer de niveau en acceptant les choses qui ne peuvent être changées, en s’employant à changer celles qui peuvent l’être, et surtout en devenant capable de faire la différence entre les deux..
Enfin, l’indignation est par essence un sentiment lié à la relation à autrui. En effet, on s’indigne de quelque chose qui est produit par une volonté consciente et extérieure. Lorsqu’on s’indigne, s’est toujours contre quelque chose ou quelqu’un, généralement contre un état de fait que l’on considère comme « injustice » ; nous sommes tous à un moment ou un autre des « Caliméro » : « C’est vraiment trop injuste ! ». Ce qui importe, c’est ce qu’on fait de son indignation.

On peut rester au niveau de la « rumination » ; on en a de nombreux exemples : l’abstention, le vote pour le Front national, le refus de s’engager, etc.
On peut aussi répondre à l’injustice par l’injustice, la vengeance, le terrorisme, etc.
Ces deux réactions ne sont pas efficaces pour lutter contre l’injustice.
En fin de compte, si on posait la question de pourquoi s’indigner, ce pourrait être pour supprimer l’indignation !

L’indignation où et quand, c’est n’importe où et n’importe quand, puisque c’est un sentiment provoqué de l’extérieur ; ces paramètres ne sont donc pas maîtrisables. Ce qui est maîtrisable, c’est le comment. Et l’on peut alors revenir à notre point de départ : « Indignez-vous ! » En effet, page 18, on peut lire : « L’exaspération est un déni de l’espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu’elle est naturelle, mais pour autant elle n’est pas acceptable. Parce qu’elle ne permet pas d’obtenir les résultats que peut éventuellement produire l’espérance. »


5)    En guise de conclusion de la présentation 

L’indignation, donc, pour être efficace, se doit d’être partagée. Les grandes indignations de l’histoire ont été collectives et c’est parce qu’elles ont été partagées par un grand nombre qu’elles ont pu faire reculer l’injustice qui était visée.
Jean-François Mattéi, en 2005, a écrit un ouvrage intitulé, à la manière des traités de morale antique : « De l’indignation », où il passe en revue les différents types d’indignation, en commençant bien sûr par l’indignation de Platon devant le procès de Socrate. L’auteur égratigne au passage certaines « postures » d’indignation, « lorsque l’indignation est une théâtralisation de sentiments généreux qui nous dispense de la culpabilité ».
Enfin, si l’indignation est une énergie, elle est aussi comme le vent : apprivoisée dans une éolienne, elle produit de l’électricité, mais elle peut se transformer en ouragan.

 


  

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 08:03

 

 

Article précédent : Joan Baez

 

Bob DYLAN est né à Duluth (Minnesota) en 1941. Son vrai nom est Robert Zimmerman. Dylan est un chanteur engagé de folk et de rock. Bob Dylan est aussi un parolier et guitariste. Il fut le porte-parole de la génération contestataire des années 60 ( guerre du Vietnam). Il fut présent sur la scène du festival de Woodstock dans l’état de New-York en aout 1969. Ce festival de rock, fort de 400 000 personnes, fut le symbole de l’éclectisme, de la musique psychédélique et d’une jeunesse hippie, pacifiste qui prônait la liberté des mœurs, la non violence, la liberté en tous domaines et la vie en communauté.

Like A Rolling Stone (comme une pierre qui roule)

 http://youtu.be/LmY30_DjMYo

Once upon a time you dressed so fine
Il fut un temps où tu étais si bien habillée
You threw the bums a dime in your prime, didn't you ?
Tu jetais une pièce aux clochards du temps de ta splendeur, n'est ce pas ?
People'd call, say Beware doll, you're bound to fall
Des gens venaient, te disaient fais attention poupée, tu es condamnée à tomber un jour
You thought they were all kiddin' you
Tu pensais qu'ils étaient tous en train de te faire marcher
You used to laugh about
Tu avais pour habitude de te moquer
Everybody that was hangin' out
De tous ceux qui traînaient dehors
Now you don't talk so loud
Maintenant tu as rabattu ton caquet
Now you don't seem so proud
Maintenant tu ne sembles pas aussi fière
About having to be scrounging for your next meal
D'avoir à mendier pour ton prochain repas
 
[Refrain]
How does it feel
Que ressent-on
How does it feel
Que ressent-on
To be without a home
Quand on est à la rue
Like a complete unknown
Comme un complet inconnu
Like a rolling stone ?
Comme une pierre qui roule ?
 


 

  Dylan.jpg



 

 


 

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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 08:07

 

 

Article précédent : Le fil...

 

Si on lui sert un « Buffet froid », en disant « Que la fête commence ! », « Le cave se rebiffe ».

Il peut rapidement se transformer en « Pierrot le fou » pour engendrer « Un drôle de drame ».

 Il ne fera pas partie des « Enfants du paradis », c’est certain. Plutôt, il finira au « Quai des brumes », ou avec « Les dames du bois de Boulogne » qui trinqueront en criant « A nos amours » !

A ce moment-là, « Le pacha » pensera  « Et Dieu créa la femme », « La grande sauterelle » ou encore « Les mannequins de Paris ».

 « Cent mille dollars au soleil » ne parviendront même pas à le détacher de ces réflexions, à moins que « Les visiteurs du soir » ne viennent le déranger…

 

Buffet-froid.jpg

 

Par M. G. - Publié dans : culturels
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 08:15

 

 

Article précédent : Regards philosophiques (61)

 


Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

1

 

  (Présentation du thème)

 

Présentation de Florence


1)    Introduction

La question posée pourrait sembler bizarre ; effectivement, peut-on vraiment choisir le moment et le motif de son indignation ? En effet, à première vue, l’indignation est un sentiment qui s’impose à nous et qui ne se commande pas.

Récemment, un livre de Stéphane Hessel est sorti, un best-seller, qui porte pour titre, une injonction : « Indignez-vous ! ». Ah bon ?

Page 11,  il est écrit : « le motif de base de la Résistance était l’indignation »
Page 12 : « je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation »

Page16 : « Aux jeunes je dis : regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation… Cherchez et vous trouverez ! »

Étrange, n’est-ce pas, vous êtes tranquilles, vous baignez en pleine ataraxie, et un gugusse sorti du passé, vous dit : « réveillez-vous ! »

D’accord, il faut s’indigner, bon, mais finalement la question qui vient tout de suite et qui manquait au titre du livre, c’est : pourquoi ? S’indigner, c’est bien, mais pour quoi faire ?


2)    Un peu d’histoire

Pour mieux comprendre nous allons revenir à l’étymologie. Et là nous relevons une première étrangeté, il n’y a qu’une seule étymologie pour digne, indigne et s’indigner.
Digne vient du latin dignus avec 3 sens assez proches :
- digne de, qui convient à – qui mérite – digne, honnête, juste, convenable, mérité.
Nous sommes donc dans le mérite et dans la dignité.
Indigne, comme tout mot originaire du latin qui se respecte et qui commence par « in » signifie le contraire.

Indigne vient donc du latin indignus : – Qui ne mérite pas – Indigne, qui ne convient pas.
Donc, si on s’en réfère à la grammaire, le verbe s’indigner devrait vouloir dire se rendre indigne : étrange !

En fait, dans l’étymologie latine, nous avons également :

« indignans, indignatis » qui est le participe présent du verbe « indignor »
« Indignor » : – s’indigner, être indigné – rejeter comme indigne, dédaigner – repousser, rendre odieux – irriter, aggraver, envenimer.

« Indignans », au participe présent donc, signifie quant à lui : – qui s’indigne – plein de rage, rétif.

Nous citerons en exemple : « genus indignantissimum servitutis » : la race la plus rétive à servir, ou « venti indignantes » : vent furieux.

Mais nous avons également : « Indignativum » : la partie irascible de l’âme, la faculté de se fâcher – « Indignitas » : qui peut exprimer à la fois l’indignité de quelqu’un et le sentiment d’être traité indignement.

Ouf ! Le latin nous sauve ! Il semblerait tout de même que s’indigner ce ne soit pas « se rendre indigne », mais ressentir de la colère face à une injustice.
Face à un traitement non mérité, ou que l’on juge indigne, on se sent « indigné ».


3)    La colère

L’indignation est un sentiment de révolte, de colère face à une injustice, mais après ?
Il est donc utile de digresser vers un développement vers la colère.
En effet, la colère a été développée par de nombreuses branches de la connaissance.
En religion, il est un des 7 péchés capitaux, et il n’est pas inutile de rappeler la définition d’un péché capital : est capital un péché non pas en fonction de sa gravité, mais plutôt en sa conséquence, en effet capital découle du latin caput : tête. Les péchés capitaux commandent tous les autres péchés.

En fait, dans la plupart des religions, la colère est une passion, qui en elle-même peut être destructrice ; la philosophie prolonge la réflexion.

Pour Aristote, la colère est irraisonnée, elle est désir de vengeance, secondaire à une marque de mépris.

Sénèque, dans son ouvrage Sur la colère, la considère comme une « folie temporaire, nuisible et dangereuse ».

En psychologie, si on examine la théorie de l’Ennéagramme qui définit neuf types de personnalités à travers neuf passions fondamentales présentes dans de nombreuses cultures, on retrouve la colère dans la description du type n° 1 :
Chaque type de caractère a mis très jeune en place des moyens de défense face à la perception du monde qu’il s’est forgé, se privant ainsi éventuellement des autres modes de défense et pouvant de par le fait produire un comportement parfois inapproprié.
Le type n° 1 a perçu que le monde jugeait les mauvaises attitudes et les pulsions. A force de réprimer leur spontanéité, une forte colère intérieure s’est développée, qui peut les conduire à un certain déséquilibre.

Je ne résiste pas à la tentation de deux citations : « la colère est mauvaise conseillère », et « patience et longueur de temps font plus  que force et rage ».
Alors l’indignation, qui conduit à la colère ne serait finalement qu’une agitation stérile ?
Pour chercher des réponses, nous allons retourner à la religion. Némésis est la déesse de la vengeance, mais elle représente aussi la justice distributive et le rythme du destin. Certains auteurs la nomment Adrastée, fille de la nécessité. Le mot Némésis signifiait à l’origine : « qui dispense la fortune, ni bonne ni mauvaise, simplement dans la proportion due à chacun, selon ses mérites ».

L’indignation serait donc un sentiment de colère face à une injustice.

 


  

(A suivre)

 

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Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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