Regards philosophiques (179)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :

« De l’amitié  »

3

 

Débat :


► Je pense que l’amitié, cela rejoint un petit peu l’amour, et, à un moment donné, cela dépasse même l’amour. Plus qu’un problème de communication, c’est un problème de casting ; c’est-à-dire qu’on ne rencontre pas forcément les bonnes personnes, un peu comme en amour, quand on n’a pas « trouvé chaussure à son pied » ; on ne trouve pas la personne qui est dans le
► Nous voyons dans ce film des relations guidées par l’intérêt, mais cela peut être le reflet d’une catégorie sociale. La bonne leçon, c’est cette relation avec le chauffeur de taxi, Bruno, qui nous montre, nous dit en quelque sorte qu’il est plus près du peuple, plus pur, qu’il a naturellement beaucoup plus le sens de l’humain.
Regardons autour de nous : dans ce monde économique, il y a beaucoup plus de tueurs que d’amis… Le film, à y regarder de plus près, est, dans un certain sens, une condamnation de notre mode de vie, de tout un système. Avec Bruno, le taxi, il nous remet les pieds sur terre, nous ramène à la réalité. Arrêtons de ne voir que le superficiel, regardons au fond de nous, voyons l’humain d’abord.
Cela n’empêche pas que nous ayons des hauts et des bas dans l’amitié. L’amitié peut à un moment donné être chahutée. Et enfin, je dirai que l’amitié a beaucoup de facettes ; peu connaissent l’amitié profonde. On ne peut être l’ami de beaucoup de gens.
► Les amitiés ne se créent pas du jour au lendemain ; cela se fait souvent au fil des années. Il faut aussi, pour que durent les amitiés, ne pas vivre trop loin, même si on ne se voit pas sans arrêt.
► Voici un extrait des Essais de Montaigne (L 1, § XVIII) sur l’amitié et particulièrement sur son amitié avec La Boétie : « Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi. »
Il y a trois sortes d’amitié selon Aristote : L’amitié en vue du plaisir – L’amitié en vue de l’intérêt – L’amitié des hommes de bien, par la vertu. En vue du plaisir est celle où l’on fait la fête, où l’on partage des loisirs. En vue de l’intérêt, sans connotation péjorative, il y a ces relations avec des personnes sur qui on peut compter en cas de problème, pour un coup de main. Et enfin, la troisième, celle des hommes de bien, par la vertu, elle est illustrée par Montaigne, c’est celle des âmes sœurs.
► Quelquefois lorsque la relation n’est pas bien équilibrée, cela peut être parce qu’on s’est trompé soi-même sur la nature de ce qui nous rapprochait.
► Alors que l’on parle de l’ami qui d’une certaine façon nous ressemble, parfois, nous pouvons nous lier d’amitié avec quelqu’un d’assez différent de nous. Serait-ce qu’on retrouve là un peu de notre dualité, l’ « alter ego » non pareil à moi, pareil à mon autre moi.
On peut se poser la question s’il existe sûrement quelqu’un qu’on ne rencontrera peut-être jamais et avec qui on se sentirait le mieux en amitié, incarnation-même de mon meilleur ami.
Enfin, on n’échappe pas à cette autre question : Est-ce qu’on peut être amis lorsque qu’il y a une grande différence dans la situation financière ? Et je ne parle pas de culture.
► L’amitié lorsqu’elle a disparu, parce qu’on vit trop loin, parce que les amis ne sont plus de ce monde, reste pleine et entière quand on la resitue dans l’instant des moments où elle a été.  Avec les années, nous avons perdu des amis, mais quel bonheur de les avoir eu pour amis.
► L’amitié ce sont des affinités, des centres d’intérêt communs, et puis, il peut survenir un clash ; et là, comment revenir vers l’autre ?
► Ce dernier propos illustre très précisément ce que nous voyons dans le film entre François et Bruno, la rupture de l’amitié qui fait deux malheureux. Et l’épreuve surmontée devient la véritable preuve d’amitié.
► Quand on arrive à surmonter une grosse brouille entre amis, cela veut dire que c’est fort. Se fâcher parfois, cela fait partie de l’amitié ; c’est comme en amour : si on ne « s’engueule » jamais, c’est qu’il y a un problème. Quelquefois, il faut des crises pour consolider une relation.
 

 (A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

Avec nos remerciements.

 

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article