Roman : La mystérieuse robe blanche (11)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

11

 

En ce jour d’anniversaire, ils en avaient peu parlé sa mère et lui. Il avait préféré lui dépeindre des lieux qui ne connaissent pas de gris. Il avait évoqué ses longues promenades, car il aimait marcher, arpentant la lande et ses alentours sans jamais se lasser.
En effet, après des nuits de cendre, la douleur s’étant apaisée, il avait trouvé refuge dans la nature, là où les hautes fougères s’étendent à l’infini.
Et par les mots qu’il lui chantait, elle entendait la musique du vent. Il lui décrivait la beauté de ce pays radieux où l’arc-en-ciel paraît en toute saison.
Ces endroits secrets qui ne laissent de sublimer la nature en fusion : la neige couronnant les sommets, le soleil printanier venant fondre l’hiver.
L’hiver, dont les pleurs en cascades grossissent les ruisseaux où la valse est à l’honneur …
Puis, il lui avait raconté quelques anecdotes survenues dans la semaine passée en compagnie de ses chérubins.
Il avait aussi évoqué quelques nouvelles du village entendues ici et là.
Elle, l’avait informé à son tour de quelques événements lus dans les journaux ou entendus à la télé.
D’ailleurs, ce jour-là, toute excitée, elle l’avait appelé. Nelson Mandela, élu premier président noir d’Afrique du Sud paraissait à l’écran, son peuple chantait et dansait sur des airs de victoire et de liberté.
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Autant, plus jeune, il aimait sortir en bande avec ses copains, autant, à ce jour, il affectionnait de rester chez lui, dans cette demeure datant du XVIIIème siècle.
Il aimait cette maison à étages, précédée d’une cour carrée scindée par un haut mur de pierre et d’un grand portail de ferme en fer forgé.
Sur l’immense toiture couverte d’ardoises anthracite, se dressait une haute cheminée de pierre trônant majestueusement entre deux lucarnes dont les encadrements étaient décorés en pierre de Lourdes. L’étage, mansardé de poutres de chênes, restait le domaine de Tédéric, le rez-de-chaussée ayant été réaménagé spécialement pour Lison, afin de lui en faciliter l’accès.
Les murs épais, dont les pierres apparentes gardaient l’intérieur frais tout l’été, savaient également garder la chaleur du feu de bois en hiver.
Deux chaises paillées trônaient dans l’âtre, près des flammes qui vacillaient dans cette grande cheminée ancienne, ouverte sur le séjour, venant chauffer toute la maisonnée.
C’est là, près du feu, que Lison passait la plupart de ses journées d’hiver, se balançant dans son fauteuil à bascule. Ce lieu de vie servait à la fois de cuisine, située dans un coin retiré de la pièce, et de salle à manger.
Tout le sol était recouvert de tommettes flammées.

(A suivre)

 

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