Roman : La mystérieuse robe blanche (15)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

15

 

Mis à part sa mère et des personnes de son entourage ou du voisinage avec qui il avait échangé quelques mots à ce sujet, il ne comprenait pas ce que tout cela pouvait bien signifier réellement.
Et si cela relevait de quelques jeux enfantins, comme la police lui avait suggéré, alors, fallait plus y penser.
Il ne s’en torturait pas l’esprit, mais, tout de même, la présence de cette robe le turlupinait, chaque fois qu’il retournait aux vignes.
Ce samedi là, il paraissait sous le soleil de mai, admirant le champ, nappé de pâquerettes.
Ces moutonnements saupoudraient cette immense terre où il voyait encore son père soulever les meules de foin qu’il lui tendait à bras le corps de sa fourche habile.
Lui, les saisissait du haut de la charrette, saluant chaque fois la force et le mérite de ce père inébranlable.
Ce grand gaillard était capable de soulever un arbre à lui tout seul. « Sacré Jo ! » Lui lançait Lison, aussi admirative que son fils.
Tédéric avait hérité de sa haute stature, il lui ressemblait beaucoup, mais n’avait pas sa force.
Joseph, lui, ne s’arrêtait jamais de travailler, infatigable, hersant la terre avec passion, dans le sillage éblouissant de son ardeur.
Il avait fallu ce malheur pour qu’il cesse enfin sa besogne, jusque là constamment renouvelée.

Après avoir coupé quelques stères de bois, après avoir admiré l’inflorescence de la nature en pleine fusion, après avoir ruminé encore et encore un passé désormais révolu, Tédéric était rentré, trouvant sa mère assise sous le hangar, à l’abri du vent.
Elle regardait s’activer les poules, picorant sans cesse ici et là quelques vermisseaux. En effet, elle avait désiré en garder quelques unes, profitant des oeufs frais, denrée si rare en ces temps modernes.
Elle allait parfois y passer un moment, leur portant du pain rassis, quelques épluchures ou autres. Elle disait que rien ne doit se perdre.
Elle jetait et gaspillait le moins possible.
Son éducation paysanne, puis la guerre, étaient passées par là.
Chaque jour, elle en ramassait au moins quatre et cela leur suffisait amplement.
Tédéric remplit le concasseur et activa la roue de l’appareil destiné à la mouture des grains de maïs.
On les entendit caqueter, elles rappliquèrent derechef, se jetant sur la becquée, affamées comme si elles n’avaient rien mangé depuis des jours.
Lison en était toute enjouée.
C’était là, une autre de ses distractions, dès que le beau temps revenait.

Dis, quand reviendras-tu ?

Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris.
Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu …
Barbara

 

(A suivre)

 

Publié dans culturels

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