Les trois coups... (7)

Publié le par M. G.

 

La préparation mentale


Juste avant le lever de rideau, la troupe des « Exquis Mots »  se réunit autour de 1 ou 2 meneurs : ces « mentalistes » préparent psychologiquement les membres à se mettre en transe sur scène, ou du moins, en condition.
Pour cela, il faut que l’acteur oublie qui il est, au quotidien, soit  BCBG, lisse, poli, bien coiffé, propre sur lui, aimable, souriant, sociable,   pour laisser place à son personnage de théâtre. C’est une nouvelle peau à endosser et à faire vivre. D’où le challenge tout de même excitant, vous ne trouvez pas ?
L’acteur doit donner toute l’énergie qu’il a, avec son cœur « gros comme ça », son envie de prouver,  sur scène, pour être récompensé par des bravos, des félicitations ou encore des sourires. Comme on dit couramment, il faut qu’il « mouille la chemise ».
Le comédien doit avoir un corps souple, félin,  préparé à l’exercice, au saut, à la chute, au grand écart, (ça,  peut-être pas à chaque fois)  car la pièce va durer environ 2 heures ; il ressentira mieux les émotions à transmettre, qui émanent du personnage lui-même ;  c’est un effort physique, un stress dans le temps, une éducation physique et sportive (comme au lycée)  ; surtout pas de raideur, pas de rigidité.
 Vous pouvez, dans certains cas, être en forme durant les 3 premiers actes et tout à coup, flancher, sans savoir pourquoi, dans le 4ème. Réciproquement, vous pouvez entamer la pièce avec le doute, la peur au ventre,  à froid, et, paradoxalement,  vous ré - éveiller, retrouver l’énergie au fur et à mesure que la pièce défile, bien heureusement.
La respiration du comédien est importante, son souffle, l’articulation des mots, le regard tourné vers le public ou encore le timbre « posé » de la voix ; tous ces détails sont évoqués par le coach avant d’entrer en scène.
Le cri de ralliement est important  à mon sens ; celui-ci permet de donner une cohésion au groupe, un soutien, une confiance collective. Chez nous, pour « Les Marmottes » , c’est Michel qui lance son cri de berger, en patois, et nous y faisons écho !!!! Ça permet de « faire » la voix, de décrisper les nerfs aussi.  Merci, Michel ! le cri de Tarzan étant un peu plus compliqué, on fait plus simple.
Ce moment rituel  est important pour le groupe, il est unique et  engage les Exquis Mots tous en même temps sur l’idée, le contrat d’avancer ensemble, en se serrant les coudes, quelles que soient les péripéties qui adviendront.

 

 

 

Publié dans théâtraux

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