Roman : La mystérieuse robe blanche (20)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

20

L’odeur de résine s’évacuant des écorces en fusion, l’air gorgé de fragrances charnelles au goût d’absinthe, de mousse et d’humus remontant du sol humifère, le ramenaient à son enfance, témoin des promenades faites avec son père.
Cette aube venait d’éteindre, lento, les derniers astres de la nuit commotionnée par la douleur du manque.
Comme la sève reprend sa route, il avançait, en partance vers l’avenir, avec une folle envie de vivre et d’aimer à outrance.
Son coeur, jusque là en villégiature, battait de nouveau au rythme de ses pas.
Le soleil audacieux venait d’embrasser la terre de ses ors et farder l’horizon de rose.
Par la lande arborant son manteau vert que le soleil sublime, par les champs sillonnant la campagne endormie, par les blés que le soleil roussit, par les couleurs éclatées que la rosée réveille, ce jour nouveau vient défossiliser ses émois émergeant des profondeurs de la terre.
Dans l’impétueuse étreinte des montagnes couronnaient par l’azur, il marchait, pèlerin, d’un pas décidé.
Rien, désormais, ne pourrait plus atteindre son état impavide.

C’est ainsi qu’il était arrivé chez lui, le coeur léger, les narines encore emplies des essences des sous-bois.
C’est au retour de cette randonnée, qu’il avait trouvé cette nouvelle missive :

RENDEZ-VOUS AU BAL SAMEDI
J’Y SERAI !


En ce début août, le village serait en fête durant quatre jours. Le bal de samedi, organisé par l’association rugbystique d’Adé, attirait, chaque fois, de plus en plus de monde.
Il n’y était pas retourné ces dernières années, mais il savait que tous ses amis s’y trouveraient.
- Tu vas y aller ?
Lui demanda sa mère.
- Je n’en sais rien. On verra !
Avait-il répondu, indécis.
En effet, il doutait de cette histoire. Tout cela paraissait tellement loufoque, ça ne l’enchantait qu’à moitié.
Mais cependant, quelque chose d’indéfinissable, l’incitait à y aller. Allait-il franchir le pas ?
Mais qui pouvait bien être cet hurluberlu qui, depuis 5 mois, obsédait ses jours, mettant ses nuits sans dessus-dessous ?

J'ai rendez-vous avec vous !

J'ai rendez-vous avec vous !
La demeur’ que je préfère
C'est votre robe à froufrous
Tout le restant m'indiffère
J'ai rendez-vous avec vous !

Georges Brassens

 

(A suivre)

 

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