Roman : La mystérieuse robe blanche (22)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

22

Tout cela, sa mère lui avait inculqué dans ses plus jeunes années. Alors, ses pensées actuelles venaient se perdre dans cette ambivalence qui le heurtait.
Qu’est-ce qui bloquait en lui, pour se voir aussi réticent à l’idée d’y aller ? Son âge ? Son physique ?
Son manque d’assurance ou de confiance en lui ?
Sa peur de s’engager au risque d’aimer et d’en souffrir peut-être ?
Là, il avait mis le doigt sur un point sensible de sa personne. Justement, il en avait souffert une fois.
Il n’en avait fait montre à personne, sa fierté le lui défendait.
Sa fierté, son amour propre ? Appelez cela comme vous voudrez !
Il en avait sévèrement souffert de cet amour qui lui avait glissé entre les doigts !
Il n’avait eu aucune explication de la part de Lucie.
Elle l’avait plaqué pour un autre.
C’était juste après l’accident de Jo.
A un moment crucial de sa vie où un peu de tendre aurait pu l’aider en atténuant sa peine.
Lucie lui avait dit tout simplement qu’elle l’aimait bien, mais pas d’amour.  
Elle s’était justifiée auprès de son cousin, expliquant qu’elle le trouvait « juste un peu trop lisse » !
Partie à Toulouse, elle s’y était mariée. Il ne la revit jamais. Sa fierté galvaudée en avait pris un sacré coup.
Lui, grand séducteur, s’était depuis lors, bardé de pudeur.
Le mystère de la robe blanche avait-il ravivait sa flamme ?
Cette histoire allait-elle rallumer le feu qui vacillait dans l’écrin de son coeur prisonnier ?
Le soir venu, il avait enfilé son jean bleu marine, le dernier acheté en date, ainsi que sa chemise bleu vichy.
Il avait attendu que le soir vienne pour y aller.
Il avait surtout esquivé l’heure de l’apéro qui pouvait être un sacré piège pour celui qui n’a pas l’habitude de trinquer durant des heures. Et c’était devenu son cas. Il avait perdu tout entraînement dans ce domaine.
S’approchant de la buvette, son arrivée n’était pas passée inaperçue. Du haut de ses un mètre quatre-vingt-cinq, on ne pouvait pas le rater.
Tous ses amis étaient là, réunis, un verre à la main.
On entendit :
- Eh, les mecs, aqueste ! Un revenant !
- Oh, p…, je n’y crois pas ! Enchaîna Marc qui semblait plutôt ravi de faire cette découverte.
- Eh, Tédé ! Quin té ba ? Content de te voir ! Lui lança Manu.
- Salut, cousin ! Avait enchaîné Philippe. Viens boire un coup, c’est ma tournée.
- Sûrement pas ! Entonna Popaul de derrière le bar.
Là, c’est moi qui invite ! Qu’est ce que tu bois, fiston ?
- Oh, juste un peu de limonade ! Avait rétorqué Tédéric, légèrement intimidé par cet accueil chaleureux.
- De la limonade ? Mais qu’est ce que c’est que ces camaligues ? Y’a pas d’ça ici, mon coco ! A moins d’avoir une ordonnance ! Surenchérit Alain.
Et tous avaient ri de bon coeur.
La soirée s’annonçait bien. Les plaisanteries allaient bon train et l’ambiance était bonne enfant.
Leur bonne humeur se gaussait de tout et d’un rien, parfois même, à s’en escaner.
Finalement, ils lui avaient servi un panaché, puis un autre, et un autre encore …

(A suivre)

 

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