Roman : La mystérieuse robe blanche (24)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

24

C’est le père de Pierre, mon parrain, médecin au village, qui avait fait naître Tédéric. A cette époque, il arrivait encore que les femmes accouchent chez elles. Par la suite et durant toute son enfance, c’est encore lui, ce merveilleux « Docteur Laurent » (c’est ainsi qu’il aimait que les enfants le nomme), que Lison appelait lorsqu’il était malade. Lorsqu’il y avait des vaccins à mettre à jour, mon cher parrain distribuait à ses petits patients des sucettes ou des bonbons en guise de consolation. C’est pourquoi Tédéric ne fut pas surpris, en juillet dernier, lors des obsèques de ce dernier, de voir cette foule immense envahir l’église et ses environs. Lison s’était sentie trop faible pour assister à la cérémonie. Elle avait donc chargé son fils de déposer un mot de condoléances. C’est alors que les deux hommes s’approchèrent pour le saluer :
- Je n’ai pas eu le temps de répondre à tous, mais j’ai pris connaissance du courrier de ta maman et je voudrais à mon tour que tu lui transmettes toute mon amitié et ma sympathie, demanda Pierre, s’enquérant sur sa santé.
- Elle est très faible ! Son moral bat à l’amble de son coeur, avec des hauts et des bas, lui répondit Tédéric.
Et Laurema, ajouta t-il, comment s’est passée son opération ?
En effet, suite à une hernie discale, je venais de subir une intervention chirurgicale. Je n’avais, bien évidemment pu me joindre à eux. Pauline, un peu fatiguée ces derniers temps, avait préféré me tenir compagnie.
- Mon épouse est rentrée de l’hôpital où tout s’est bien passé. Elle se repose à la maison et d’ailleurs, Madame Thieulet lui tient compagnie pour la soirée. Avait répondu Pierre, se tournant vers Léon. Je ne te présente pas Monsieur Thieulet, je pense que vous vous connaissez ?
Bien sûr qu’ils se connaissaient. Léon était le grand ami de son père. Les dimanches après-midi, ils se retrouvaient au café du coin pour jouer à la belote et Jo était son partenaire de jeu. C’est là, qu’ils s’étaient connus. Ils avaient immédiatement sympathisé et depuis, ils n’auraient raté sous aucun prétexte ce rituel hebdomadaire. A sa mort, Léon avait eu le coeur serré et depuis, ce dernier en était venu à moins fréquenter le lieu.
- Si l’on se connaît ! Répliqua Léon, en secouant sa tête de haut en bas, les yeux légèrement embués. J’en aurais de bons souvenirs à raconter du temps de ton père. Sacré Jo ! Si tu savais comme il me manque ! Il marqua une pause. Un silence solennel se fit entendre comme pour rendre hommage à ce cher ami disparu.
- J’en profite pour te dire que nous nous présenterons aux prochaines municipales de juin 95. Léon sera aussi de la partie. Enchaîna Pierre presque aussitôt.
- Et moi, j’en profite pour te suggérer d’exiger, auprès de l’académie, l’ouverture d’un poste supplémentaire à l’école. Au cas où, sache que je postulerai.
- C’est entendu ! Je te promets de m’en occuper, mais la partie n’est pas gagnée d’avance ! Par contre promets-moi d’embrasser ta mère de ma part.
- Je n’y manquerai pas ! Acquiesça Tédéric.

(A suivre)

 

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article