Roman : La mystérieuse robe blanche (25)

Publié le par M. P.

Roman :
               La mystérieuse robe blanche
                                         

                                            Martine POUTOU

25

Il est vrai que ces dernières années, le village s’était considérablement agrandi et de ce fait repeuplé.
La nécessité d’une classe supplémentaire s’imposait. Pierre en avait déjà discuté avec la Directrice, et bien évidemment, il était intéressé pour postuler.
Pierre Bernatou, vétérinaire émérite, avait aussi de bons et vieux souvenirs du temps où ses parents l’appelaient pour une urgence médicale concernant leur bétail.
Tédéric se souvenait que, lorsque ses parents lui faisaient savoir qu’ils avaient besoin de son aide, ce dernier venait instamment. Une vache vêlait et le veau se présentait mal, une autre était malade ou blessée ... Il était là. Une fois, Roussette avait eu deux veaux sur la même portée, ce qui est assez rare, et tout s’était très bien passé.
Enfin, Pierre lui tapa amicalement sur l’épaule.
Tédéric pensa alors que les années n’avaient eu aucune emprise sur lui. Malgré ses 54 ans, il est certain que cet homme avait encore beaucoup de charme.
Enfin, Léon l’embrassa à son tour et les deux hommes s’en allèrent saluer d’autres connaissances. Leur campagne électorale venait de commencer.
Tédéric s’était enjoué de ces retrouvailles. Pour cela aussi, il ne regrettait pas d’être venu. Lison serait contente d’apprendre ces dernières nouvelles. Depuis longtemps déjà, les Adéens attendaient du changement.
Les copains s’étaient peu à peu dispersés d’un côté ou de l’autre.
Les bandas envoyaient la musique et la fanfare hurlait maintenant à tue-tête.
Tédéric se demandait s’il n’était pas temps pour lui de rentrer.
Mais quelque chose lui disait d’attendre encore un peu. Il s’était donné une petite demi-heure. Ensuite, il s’en irait.
Philippe, son cousin, était revenu à ses côtés, lui proposant de trinquer de nouveau :
- A la tienne, Etienne ! Boire la vie ! Boire l’eau vive !
- Sauf que ce n’est pas de l’eau, cher cousin !
Lui répondit Tédéric d’un air amusé.
- C’est vrai ! Ce n’est pas de l’eau, pour sûr, il s’agit de tisane, et pas n’importe laquelle, de la tisane de houblon, Monsieur ! Lança t-il en levant le verre, les yeux brillants, la tête haute, son corps légèrement déséquilibré.
La nuit était tombée depuis peu. Mais la fraicheur de l’air ne leur avait pas enlevé l’envie de boire et les autres aussi étaient revenus à la charge.
- A la tienne Etienne, à la tienne mon gars … Chantèrent Dédé et Manu en se soutenant mutuellement par les épaules, le verre et les yeux levés vers le ciel.
Tédéric s’amusait de les voir faire.
Rien n’avait changé depuis leurs tendres années.
Il pensa alors que les hommes restent toujours de jeunes adolescents.

(A suivre)

 

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