Regards philosophiques (198)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :

« Les guerres sont-elles inévitables ? »

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Débat :

 

► Ne soyons pas fatalistes, pessimistes : nous avons vu un Président français et un Chancelier allemand se tenir la main pour commémorer la guerre franco-allemande. Nous avons créé « l’entente cordiale »  avec ceux qui étaient nos ennemis héréditaires, les Anglais…
On parle des guerres qui ont éclaté, mais pas de celles qui ont pu être évitées. C’est comme la chute de la tartine de confiture : on en parle seulement quand elle tombe du mauvais côté !
Rappelons que la SDN d’abord, puis l’ONU, ont évité et désamorcé bien des conflits.

► « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ! », a dit Anatole France.

► Il y a dissymétrie dans l’idée de guerre. Tel village au Néolithique qui voulait vivre en paix a du se défendre d’attaques. L’agriculture commence alors et il faut défendre son bien, les nourritures ou attaquer les autres si on en manque.

► Je suis toujours surpris que, dans nos démocraties, un seul homme puisse décider d’engager la guerre.
Par ailleurs, on se rappelle ce que nous dit Jean-Jacques Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. La source des conflits, de la guerre est dans la propriété : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et  trouva assez de gens simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misère et d’horreurs n’eût point épargné au genre humain celui qui, arrachant les pieux et comblant le fossé, eût crié à ses semblables : gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à vous, que la terre n’est à personne. »
Je voudrais aussi parler des apprentis sorciers que sont certains de nos dirigeants politiques, et non des moindres, dans nos sociétés occidentales. Je pense à l’Afghanistan, je pense à la Libye, à la Syrie, à l’Ukraine, aujourd’hui, où sommes allés rallumer des querelles. Ces dirigeants ont souvent emmêlé les fils de l’Histoire, puis, ne sachant plus que faire, ils ont semé la guerre.

► Je voudrais illustrer la bêtise de la guerre avec le texte La paix d’Aristophane (en substance et de mémoire). Les hommes ont décidé de sortir, de libérer la paix de la caverne où elle était enfermée. La paix est revenue, et arrivent ceux qui se plaignent, comme le forgeron qui ne vend plus son acier pour faire des épées, le marchand
d’armures qui ne vend plus ses casques, puis viennent d’autres marchands qui eux se louent de la paix, comme celui qui déclare : « Depuis des années, je ne vendais plus de charrues ; ce matin j’en ai vendu cinq », et ainsi de suite. Plus loin dans la pièce, le marchand de casquesse plaint qu’il ne sait que faire de son stock ; il demande à l’assemblée qu’on le soulage. On lui répond qu’il n’a qu’à se débrouiller pour leur adapter deux anses ; comme ceci, il les vendra beaucoup plus cher !

► Il y a des invariants dans les guerres. On a dit des deux guerres mondiales qu’elles furent des guerres du capitalisme. On est en pleine crise du capitalisme ; tous les voyants sont au rouge. Il est des symptômes qui précèdent les guerres ; alors, maintenant, comment éviter le conflit ?

► « En amour comme à la guerre, pour en finir, il faut se voir de près ! », a dit Napoléon.
 

(A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

Avec nos remerciements.

Publié dans culturels

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