Roman : "Au cœur de la tempête" (8)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

8

Elle avait développé une peur panique de l’orage.
Elle tremblait à l’instant même où les éclairs brisaient le ciel, et surtout, surtout, lorsque les coups de tonnerre lui laissaient croire qu’il allait lui tomber sur la tête.
Là, elle devenait incontrôlable. Savez-vous la douleur de perdre pied au point de ne plus être maître de soi ?
C’est un sentiment terrifiant qui vous plonge dans une sorte de désarroi infernal qu’elle supportait difficilement. Seuls, les bras de Rémi l’apaisaient un peu.
Durant cette année orpheline, elle avait su se rendre autonome dans bien des domaines, elle avait appris à gérer plutôt bien ses émotions, cherchant en elle force et courage, sérénité, sortant de sa chrysalide pour voler au mieux de ses propres ailes.
Il lui semblait alors que l’enfance l‘avait quittée.
Souvent, seule avec ses pensées, dans le silence et la lumière, elle allait sans cesse puiser au plus profond de son être intérieur la musique que lui chantait son cœur.
Parfois triste et morose ou quelquefois plus enjouée, sans jamais fuir dans les extrêmes, elle cherchait l’accord parfait avec elle-même.
Elle savait désormais relativiser les choses.
Rien, sinon la mort, ne lui paraissait grave.
Elle avait seulement développé une phobie de l’orage, espérant malgré tout que ce phénomène disparaisse en grandissant.
Seul comptait l’amour de ses proches et de ce côté-là, malgré le manque des parents, elle était comblée.
Cette force tenait en équilibre la fragilité de son état émotif et sensible. La tendresse habitait tout son être.
Elle avait déteint sur sa musique, sa gestuelle, son univers et d’en respirer sa poésie l’emplissait de bonheur.
Le passage à l’adolescence l’avait très vite propulsée au rang des adultes et elle en était fière.
Ils avaient de nouveau fêté Noël chez leurs voisins.
A cette occasion, Inès et Candice avaient préparé un petit spectacle ; un duo des chansons cultes du patrimoine musical français. Inès au piano, Candice au micro, elles avaient séduit ce petit public, ravies de se retrouver embarquées de la sorte, prises dans le tempo entre l’amour et l’amitié. Monsieur et Madame Lassalle étant chacun enfant unique, mis à part quelques cousins éloignés, Rémi et Candice partageaient leur vie avec Claire et les Thieulet qui faisaient désormais parties de leur famille.
Ces derniers étaient des êtres formidables, dotés d’une grande intelligence du cœur.
Candice souhaitait s’imprégner de leur savoir être, de leurs valeurs, de leur humanité.
On a toujours envie de ressembler aux gens que l’on admire, que l’on aime. Cette belle rencontre lui avait permis d’évoluer, suivant son chemin, traçant sa route, cherchant à faire au mieux pour aller de l’avant, sans jamais se retourner ni regretter ce qui est fait, se servant de ses erreurs pour enrichir sa vie d’expériences diverses, ne gardant précieusement que les bonnes choses dans ses souvenirs.
 


 

(A SUIVRE)
 

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