Roman : "Au cœur de la tempête" (11)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

11

 

Elle eut, par la suite, l’opportunité de faire un remplacement de six mois à l’hôpital de Pau.
Non sans un brin de nostalgie, elle quitta son village en ce mois d’août 2010, entrant enfin dans la vie active.
Elle s’investissait à fond dans ce travail qui lui plaisait. Elle était surtout heureuse d’avoir pu se doter d’une certaine forme d’indépendance, lui permettant ainsi de se sentir entièrement libre. Libre de ses actes, libre de ses choix, libre de sa vie.
Rémi et Claire lui avaient toujours permis cela.
Leurs valeurs de respect et de tolérance avaient fait d’elle ce qu’elle était devenue, c’est-à-dire un être autonome.
Se sentir capable de voler de ses propres ailes valorisait son estime personnelle et l’assurance qu’elle était en train d’acquérir un peu plus chaque jour.
Et surtout, surtout, elle aimait la vie et elle en prenait conscience à chaque instant fort de bonheur.
Elle les goûtait intensément, prenant les choses comme elles venaient, laissant le hasard écrire son histoire.
Elle se délectait de la sève qui coulait dans ses veines, s’accordant harmonieusement avec la musique de son destin, respirant les parfums que le vent laissait glisser par sa fenêtre.
Il lui arrivait parfois d’avoir la nostalgie des siens, de sa maison, de son village.
Elle éprouvait un besoin viscéral d’y retourner régulièrement. Elle profitait de ses jours de repos pour s’y rendre. Sans quoi, elle téléphonait à Claire et à Rémi, prenant des nouvelles au quotidien.
Elle avait décroché son permis du premier coup et Léon lui avait dégoté une petite voiture d’occasion à bon prix, lui permettant de passer les voir le plus souvent possible.
Et comme à chaque fois, Michka était là, toujours aussi prompt à lui faire la fête. Et comme à chaque fois, le séjour était court, mais les moments partagés intenses et chaleureux. Ainsi, les liens de sang ne se défont jamais !
Son frère était tout pour elle.
Quant à sa relation avec Claire, cimentée par une complicité imparable, elle en était pleinement satisfaite.
Elles aimaient se retrouver pour bavarder de tout et de rien et ceci en parfait accord. Elles aimaient tout simplement être ensemble, ceci s’expliquant par le fait qu’elles se ressemblaient en de nombreux points.
Elles profitaient souvent du beau temps pour partir en promenade. Elles aimaient parcourir la lande et alentours.
Elles allaient y flâner, traversant le bois en montant vers Bartrès, le village voisin, accompagnées de leur fidèle et dévoué Michka.
Les  jours de plein bleu, on pouvait admirer, sans jamais se lasser, la vue panoramique dévoilant la chaîne pyrénéenne dans toute sa splendeur.
A cette hauteur, on avait l’impression d’être plus près du ciel.

 

(A SUIVRE)
 

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