Roman : "Au cœur de la tempête" (21)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

21


En effet, la ville respirait les douceurs de l’été.
Au rythme du chant des cigales, ils avaient marché, nonchalants, main dans la main, dans ces  ruelles empierrées, qui les conduisaient à la plage.
Cette dernière, assez peu fréquentée par les touristes, était recouverte d’innombrables méduses. Ils n’avaient pas pu se baigner, mais l’air marin avait suffi à les rafraîchir.
On eut dit des journées de printemps.
Dans ce conglomérat de sensations nouvelles, ils avaient flâné longtemps sans qu’ils ne s’en lassent.
Le bonheur les rendait légers comme l’air.
Et toujours cette même lumière, jaillissante, envahissant maintenant la douce mosaïque voguant sur l’onde épicée sous cet azur faïence.
Les effluves salins s’engouffraient dans le sol, resurgissant de la terre pour mieux leur transmettre cette énergie vitale et revigorante.
La ville leur souriait, ouvrant ses bras accueillants sur la grève étincelante qui les éblouissait.
C’était un enchantement !
Dans ce lieu magique, Candice rêvait d’un enfant de lui.
A cette évocation, il s’était assombri et avait coupé net la conversation. Etait-il amoureux au point d’en être possessif et jaloux ? Au point de ne rien savoir partager ?
Son comportement l’interpellait.
Elle avait, à chaque fois, la sensation de vivre des hauts et des bas, se relevant certes plus forte, espérant désespérément  que cela changerait.
Elle pensait que Joël manquait de maturité, qu’il se comportait parfois comme un enfant gâté, que le temps ferait son affaire …
Espérer, toujours espérer !
Elle en avait de la patience, de la constance !
Cela allait lui servir.
Tout à coup, ce lieu enchanteur avait perdu de son éclat. Triste et amer fut le retour !
Les larmes l’avaient soudain submergée, au détour d’un chemin, à la vue d’un champ de coquelicots.
Ils venaient lui rappeler son enfance et les bouquets de fleurs des champs qu’elle cueillait, jadis, pour sa mère.
Elle avait essayé jusque là de se contenir, mais en vain !
Elle avait éclaté en sanglots.
Joël remarquant qu’elle pleurait, l’avait consolée :
- Candice, sois raisonnable, nous nous connaissons à peine. La vie est devant nous ! Tu es jeune ! Plus tard, c’est promis, nous aurons des enfants. En attendant, pense un peu à toi, à nous.
Il était vrai qu’elle n’avait pas ou peu pensé à elle ces derniers temps.
Elle s’était même quelque peu oubliée à son profit.



 

(A SUIVRE)

 

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