Roman : "Au cœur de la tempête" (25)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

25


Sur le chemin du retour, Joël n’avait pas bronché, préoccupé probablement par de sombres pensées, vu son visage tendu, ceci n’annonçant pas d’heureux présages.
En fait, la soirée avait vite dégénérée.
A peine arrivé, Joël, qui jusque-là s’était quelque peu contenu, avait vidé son sac :
- Et ton Daniel, qui croit tout savoir, qui a tout vu et tout connu ! Je n’aime pas ces gens qui pensent avoir la science infuse. Son air fier et audacieux le rend grotesque ! Et Rémi, qui répétait tout ce qu’il disait comme un perroquet…
Il trouvait Inès un peu niaise, Faustine avait de grosses joues, Léon ne pensait qu’à manger et à boire …
Encore heureux que Claire et Pauline se soient épargnées toute conversation, occupées toutes deux à servir les convives.
Candice avais mit cela sur le compte de l’alcool, sauf que les jours suivants, il en avait rajouté une couche, lui reprochant son manque de lucidité faisant entrave à toute compréhension de sa part.
En choisissant de partager sa vie avec elle, il n’était bien évidemment pas obligé d’apprécier ses proches, mais elle espérait toutefois un minimum de respect les concernant.
Ne pouvant en parler à personne, elle s’était repliée sur elle-même. Ses pensées étaient souvent tristes.
Elle avait l’impression de vivre entre marée haute et marée basse.
Elle avait parfois du mal face à sa solitude.
Elle avait soumis à Joël l’idée de recevoir des amis.
Il l’avait prévenue un soir, d’une visite.
Il s’agissait d’un ami à lui et de sa femme.
En ce samedi soir, elle avait préparé un repas simple mais copieux. Eux, avaient porté le dessert et le champagne. Déjà, à l’apéro, ils avaient tous bien bu et bien ri.
Tout cela parfumait sa mélancolie.
Thomas et Aurélie étaient jeunes et sexy.
Libres et décontractés, elle les trouvait plutôt à l’aise.
L’ambiance était bonne enfant et ça lui convenait parfaitement. Jusqu’au moment où, à la fin du repas, Joël avait mis de la musique.
Ils avaient dansé sur des airs de pop rock.
Puis, sur un slow de Laura Piasini, la solitudine, les hommes avaient échangé leur cavalière.
Joël et Aurélie frottaient sans complexe leur corps l’un contre l’autre.
Thomas s’était rapproché, mais Candice avait légèrement reculé, se demandant si chacun n’avait pas perdu la tête.
Ils avaient bu, certes, mais pas au point d’en perdre leurs esprits.
Elle profita du moment où le slow s’achevait, pour retourner s’asseoir sur le sofa.
 


 

(A SUIVRE)

 

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article