Roman : "Au cœur de la tempête" (36)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU


36

Ce face-à-face bienfaisant lui avait permis de conscientiser très justement l’idée d’un formatage.
Cette oreille attentive l’aidait à prendre enfin conscience de la réalité. Sa passion pour Joël avait annihilé ses besoins fondamentaux de sécurité et de respect, besoins vitaux nécessaires à son bien-être mental, émotionnel et physique.
Cette entrevue la mettait devant la réalité de la situation qu’elle était entrain de vivre.
Elle se devait de mettre fin à cette relation toxique et écrasante. Elle devait absolument se libérer du joug de ce névrosé, ne s’épanouissant que dans sa jouissance égotique de manière insidieuse.
Il lui fallait désormais sortir de ce vaste gouffre dans lequel elle se savait désormais embourbée.
Elle se sentit soudain suffisamment fortes pour quitter cet endroit maudit qui l’avait retenue prisonnière.
Sur les conseils sensés de cette dame au grand cœur, elle avait téléphoné à Rémi, lui demandant s’il pouvait venir la chercher le lendemain en fin d’après-midi.
Elle lui fit état de son malaise, ne lui expliquant toutefois qu’une partie de la situation, le rassurant sur le fait qu’elle allait déjà mieux, mais qu’elle éprouvait le besoin de changer d’air.
Elle souhaitait venir se reposer un peu auprès d’eux durant les fêtes de fin d’année, d’autant plus que Joël serait accaparé par son travail.
Claire et Rémi étaient justement tous les deux en congé en cette semaine de fête. Ils viendraient sans problème, enthousiasmés par cette nouvelle impromptue.
En attendant, Candice se devait d’être très prudente.
Sa voisine lui proposa de rester cachée chez elle jusqu’à l’arrivée de son frère. Elle lui conseilla de laisser un mot sur la porte à l’attention de Joël, ce qu’elle fit :
« Joël. J’ai eu un malaise. Les pompiers m’amènent à l’hôpital. Ne m’y rejoint pas. Rémi viendra m’y chercher. Je quitte cette prison qui m’étouffe. Candice. »
Elle avait récupéré quelques affaires qui lui appartenaient. Puis, toutes deux avaient dîné, dans un tête-à-tête assez particulier, l’oreille attentive à tous les bruits extérieurs.
Elles avaient beaucoup parlé et ça leur avait fait du bien, autant à l’une qu’à l’autre.
Ne trouvant pas le sommeil, Candice était restée là, longtemps, assise dans l’obscurité, le nez à la fenêtre, les yeux rivés sur le dehors.
Elle contemplait le ruissèlement des eaux qui remontaient des égouts saturés.
Sous le choc, elle était encore abasourdie par la violence de ce spectacle portant les stigmates d’une crue record.  
Joël était rentré tard mais il n’était pas ressorti.
Candice réussit à s’assoupir quelques heures seulement.
Le lendemain, son téléphone n’avait pas cessé de vibrer, Joël essayant de l’appeler à maintes reprises.
Elle ne lui avait pas répondu, souhaitant qu’il sorte au plus vite de sa vie, de son cœur ciselé qui s’enflammait toujours pour lui, bien malgré elle.
Puis, elle l’avait entendu sortir.
Il était rentré en fin de matinée et avait réparé la serrure.
A quinze heures précises, il partit travailler.
Lorsque Claire et Rémi arrivèrent environ vers 16 heures, en compagnie de Faustine, ils furent tout d’abord surpris de trouver Candice chez sa voisine.
Madame Richard les convia à entrer chez elle, heureuse de faire leur connaissance.
Elle aida Candice à expliciter le pourquoi de cette subite situation nouvelle et les difficultés qu’elle avait tentées de surmonter.
Rémi leur confia alors, qu’à la première entrevue face à   « cet   énergumène », c’est ainsi qu’il appelait Joël, il avait tout de suite senti qu’il y avait quelque chose qui clochait chez cet homme. Quelque chose d’inexplicable qui le dérangeait sans pouvoir dire au juste ce qu’il en était.
Ne désirant pas s’attarder davantage, ils quittèrent madame Richard, la remerciant très chaleureusement pour tout.
Candice lui promit de lui donner très vite de ses nouvelles, la conviant à leur rendre visite dès que ses enfants viendraient dans la région.
 

 

(A SUIVRE)

 

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