Roman : "Au cœur de la tempête" (37)

Publié le par M. P.

 

Nous poursuivons la publication du roman de Martine.

Roman :
     

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

37

 

III - Le chaos

                  

L’orage maléfique dans sa gorge nouée

Traîne une épaisse couche d’angoisse survoltée

Portant la certitude d’y voir noyer sa vie

D’en éteindre les astres en insultant la nuit.

 

Dans le brouillard funeste d’un avenir douteux

Le chaos pernicieux qui hante son sommeil

La propulse hors de l’antre d’un vieux chacal hideux

Qui enserre sa vie de ses crocs en éveil.

 

Pardon, vie en détresse ! Je veux quitter ce mal

Qui réduit mon bourreau à l’état animal !

Ma conscience salue la petite étincelle

Qui, sortant du nuage, vient redresser mes ailes.

 

Elle s’en remet à toi, poésie salvatrice,

Persuade l’animal de ne plus l’approcher

Ces mots empoisonnés, mélopée destructive,

Ne sauront plus charmer son cœur désaimanté. 

 

Candice avait très vite retrouvé sa place près des siens, heureux de la sentir de nouveau là, auprès d’eux. Claire lui avait suggéré de se faire aider psychologiquement, ce qu’elle avait entrepris derechef.

En effet, étant à fleur de peau, elle pleurait à la moindre émotion. Elle avait besoin de se reconstruire. Elle se sentait surtout envahie par le manque de cet homme qu’elle avait aimé et qu’il lui semblait aimer encore malgré tout ce qu’elle avait enduré. Elle se refusait toutefois à répondre à ses messages qui continuaient à harceler son téléphone. Malgré l’immense joie de se retrouver en présence des siens, son moral était en berne. Il manquait à sa vie le chant du rossignol venant la bercer de sa romance au creux d’un nid douillet. Elle était certes libre mais en deuil. L’idée de passer les fêtes en famille la réconfortait.  Michka, ami fidèle, vieillissait. Malgré la douleur que ses rhumatismes lui imposaient, il avait su lui faire la fête en la voyant. Quant à sa petite Faustine, elle remplissait les jours de sourires et de câlins. Elle ressemblait de plus en plus à son père. Ces bouffées d’oxygène ramenaient Candice, un peu plus sur terre, lui permettant d’apprécier de nouveau la saveur de ces petits bonheurs tout simples.

Elle en avait bien fini de ces reproches lapidaires qui avaient ruiné son moral aliéné, à l’instar de la jubilation que Joël éprouvait à la dominer. Une étincelle était née, réveillant ses pensées, guidant ses pas vers une autre vie corrélant avec la Nouvelle Année qui fleurissait déjà ses portes de gui, symbole de chance et de bonheur.

Sa peine s’estompait, effacée par ces instants merveilleux faits de rire, de complicité, de joie pure et simple.

Moments d’autant plus forts, qu’elle les avait attendus intensément ces derniers mois, avec l’espoir enfin que les choses s’arrangent.

La passion la rendait aveugle. Il lui avait fallu un an pour comprendre combien elle s’était leurrée sur son compte et sur le fait que l’on ne peut guérir complétement de ses traumatismes d’enfance. Inconsciemment, elle avait cru pouvoir revivre au travers de cette liaison passionnelle, l’impossible relation dont elle avait si peu profité durant son enfance auprès de ses parents et qui lui avait tant manqué. Mais, Joël avait ce mal qui le rongeait, engouffré au plus profond de son être et pour lequel Candice avait enfin compris qu’elle ne pouvait rien.

Pour qu’il cesse enfin de l’importuner davantage, pour mettre un terme à cette histoire, elle lui avait écrit.

Elle souhaitait qu’il sache le chaos dans lequel elle s’était retrouvée. Le mal qui la rongeait encore après cette relation tout autant passionnelle que destructive.

Elle lui expliquait qu’elle avait besoin de recul, besoin de se reconstruire, lui avouant enfin qu’elle ne l’aimait plus, que leur union était une erreur et qu’elle souhaitait ne plus le revoir. Elle ne désirait pas raviver la petite flamme qui semblait vaciller encore dans son cœur. Elle ne pouvait prendre le risque de lui parler, la conversation pouvant tourner au pugilat, comme à l’accoutumée.

(A SUIVRE)

 

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