Roman : "Au cœur de la tempête" (46)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

46

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 - Michka, viens ici !  Lui lança Léon tout en le suivant.

Il s’était arrêté devant une voiture noire et la reniflait en poussant de petits jappements.

Léon crut reconnaître la voiture de Joël, d’autant plus qu’elle était bien immatriculée dans le 64.

Candice serait-elle en danger ? Se demanda t-il.

Il nota le numéro d’immatriculation dans sa tête et fit part de l’affaire à Pauline sitôt revenu.

Malgré l’heure tardive, ils n’hésitèrent pas un instant à prévenir Rémi, ce dernier les implorant d’appeler illico la police.

Après vérification concernant la main courante déposée par Candice ainsi que le nom du propriétaire du véhicule concerné, il n’y eut plus aucun doute, les deux identités étant bien similaires.

Ce qui voulait dire que Candice pouvait être en danger et qu’il fallait agir minutieusement.

Rémi s’en voulait d’être loin. Face à son impuissance devant l’hypothétique gravité de la situation, il savait qu’il ne pourrait pas aborder cette nuit de façon sereine, malgré l’intervention de ses voisins et la grande confiance qu’il leur attribuée. Après réflexion, Claire et Rémi décidèrent de rentrer au plus vite. De toute façon, leur séjour touchait à sa fin. Après avoir bouclé les valises en un tournemain, ils quittèrent les lieux, tourmentés par l’affaire. Faustine, elle, ne s’était pas réveillée et avait continué sa nuit dans la voiture. « Je vous tiens au courant de la suite des événements ! » Avait promis Léon.

 Ils étaient déjà sur le chemin du retour, lorsque Léon leur signala qu’il s’agissait bien de la voiture de Joël et que la police était en route. Rémi n’était pas tranquille et c’est Claire qui avait dû conduire, ce dernier étant trop éprouvé par cette nouvelle effrayante.

Joël continuait à caresser Candice, impuissante, qui ne cessait de faire diversion. Mais à ce stade là, tout son stock de réserves était épuisé. Pourtant, elle avait pris le temps de déguster son brugnon, à contrecœur évidemment, car elle n’avait aucune envie d’avaler quoi que ce soit.

Il s’était approché, prêt à l’embrasser. Elle fixait toujours les persiennes. Elle y voyait clignotait une lumière. Ça ressemblait aux spots d’une piste de danse.

Sa vue lui jouait-elle des tours ? N’était-elle pas en train de sombrer dans le délire ?

Elle aurait pu lui signifier, faisant encore diversion, évitant ce baiser langoureux qui venait goûter sa bouche.

Mais ses forces lui manquaient maintenant.

Les mains de l’intrus venaient de soulever sa robe et remontaient lentement sur son corps, s’arrêtant avec insistance sur son sein douloureux.

Elle était épuisée et tout son être semblait la lâcher.

Allait-elle s’évanouir ? Comment supporter l’étreinte de ce fauve qui allait la dévorer ?

Il lui semblait toucher du doigt la limite de l’impossible.

Engagé à fond dans cet élan amoureux qui l’absorbait, lui, n’avait décelé aucune anomalie.

Pourtant, la maison était désormais cernée de toutes parts.

 

(A SUIVRE)

 

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