Regards philosophiques (224)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Article précédent

Thème :

« Humanisme et émigration »

3

Débat :

►  Est-ce seulement avec la raison du cœur, ou la raison économique, comme cela a été dit,  que nous allons aborder ce sujet de l’émigration? Il y a des choses essentielles : dans tous les pays du monde le droit international permet l’installation de ceux qui arrivent, et les émigrés qui arrivent dans un pays ont les droits des citoyens du pays, protection sociale, protection juridique, etc. Mais il se trouve malheureusement que lorsqu’on fait le point, nombre de pays vomissent les émigrés. J’ai l’exemple de ce que je connais le mieux, je suis d’origine congolaise (Congo Brazzaville), un pays où il y a eu beaucoup d’émigration, mais cela a surtout été une émigration scolaire, universitaire. Après mes études, je pensais renter chez moi, mais ces pays sont aux mains de dictateurs, lesquels sont soutenus par des Etats tels la France, parce qu’on ne fait rien pour que ces pays assainissent leurs méthodes ; exemple, les Présidents élus passent outre les Constitutions pour garder le pouvoir.
Mais dans ces pays-là il y a des ressources, des minerais, du pétrole, et, c’est vendez-nous votre pétrole, et faites comme vous voulez. Cela donne de la pauvreté, l’école qui ne marche pas… Si aujourd’hui l’Europe décide de taper du poing sur la table pour dire à ces gouvernements d’arrêter ces méthodes dictatoriales, alors l’émigration sera moins forte.
Une fois arrivé en Europe, voire en France, l’intégration est très difficile, déjà du point de vue administratif pour l’obtention de la carte de séjour ; c’est la pire épreuve.
L’émigré d’Afrique n’est pas toujours venu pour fuir la faim ; il fuit un manque total de débouchés, un manque total d’avenir dans son pays.

► De l’Afrique, à la Syrie, on ne pourra pas éviter de parler des racines du mal.

► Poème de Florence :

                              Exil

Je suis venu de loin, des chemins de traverse
Si la planète est ronde, les fils sont barbelés
Les murs des champignons sauvages et désolés
Qui poussent un peu partout dans cette forteresse

Il pleut sur mon bonheur et moi je pleure à verse
L’histoire s’effiloche en fils emmêlés
Tiens ma main mon enfant, je vais les démêler
Une vie nous attend derrière cette averse

Là-bas est l’oasis aux confins des déserts
On y cultive le droit avec des bulldozers
S’il reste un peu de miel, s’il reste des abeilles

Qui se cognent aux parois de la maison de verre
Nous chercherons ensemble une issue au calvaire
Lève les yeux au ciel, du fond de ta bouteille

Je suis venu de loin, j’apporte des nouvelles
Je suis le voyageur, j’ai pris une hirondelle
Les oliviers se meurent, la colombe est en panne

Et l’arche de Noé a coulé ce matin
Dieu s’était endormi dans son petit jardin
Et tous ses serviteurs ont battu la campagne

 

(A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

Avec nos remerciements

Publié dans culturels

Commenter cet article