Roman : "Au cœur de la tempête" (54)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU
54

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C’est alors que Candice comprit pourquoi il lui avait semblé le connaître. Le neveu de Tédéric ressemblait comme deux gouttes d’eau à Yanou, bien que ce dernier soit doté de traits plus fins que son cousin.

Dorian, il s’appelait Dorian !

Plus âgé que Yanou, de six ans son aîné, ces deux-là étaient comme des frères. Les deux étés précédents, Dorian avait logé à Lourdes, chez ses grands-parents, Monsieur et Madame Lavandier. Cette année encore, il était revenu. Cette fois, il logeait à Adé. Il se déplaçait sur Lourdes pour effectuer son job d’été, au moyen du scooter prêté par Yanou. Comme de vrais frangins, ils étaient devenus inséparables.

Au départ, c’était une décision de ses parents de l’envoyer en France pour passer l’été chez ses grands-parents.

Ces derniers souhaitaient vivement l’éloigner de sa bande de copains un peu trop festifs et de cette vie tumultueuse dans laquelle il baignait au cœur de Miami.

L’éloigner de ces nuits sunlights dans l’euphorie des paillettes, de l’alcool, des jeux, de l’argent facile, des filles, de la drogue… Il fallait l’éloigner de tous ces vices auxquels il était confronté depuis l’adolescence.

Comme il avait toujours rêvé de la France, pays natal de son père, ses parents  n’avaient eu aucun mal à le convaincre. De plus, Dorian adorait son cousin et s’entendait fort bien avec son oncle et sa tante.

Il ne manquait pas de passer régulièrement un peu de temps avec ses grands-parents, qu’il affectionnait aussi. 

A Adé, alors qu’Elsa et Tédéric occupaient le rez-de-chaussée de la maison, les cousins, eux, disposaient de l’étage à leur guise, et cela leur convenait parfaitement. Yanou, lui,  était en vacances. Il ne reprendrait les cours à la fac de Pau qu’à la fin du mois de septembre. 

Quant à Dorian, la rencontre avec la nature l’avait littéralement transformé.

Ce fut pour lui une révélation.

La montagne, métaphore du bonheur libéré, luxueuse et sensuelle, avait le don de l’apaiser.

Il aimait flâner dans ce luxe imparable, dans cette douce alcôve où l’air est vivifiant.

Il contemplait les lieux dans le silence de l’univers ambiant. Cette aventure sensorielle, presque charnelle, avait eu un effet cathartique sur sa vie.

Il avait désormais un besoin viscéral d’entrer en contact avec cet endroit, gravée dans ses gênes et qui vibrait au plus profond de lui.

Il n’avait jamais rencontré cela auparavant.

Ce bonheur, proche de l’extase, l’avait carrément envouté. Et même si les siens lui manquaient, il savait, désormais, que le bonheur s’écrivait ici, sur cette terre qui résonnait en lui comme l’écho dans la montagne.

Surtout, lorsqu’il s’en éloignait, il ressentait le manque.

(A SUIVRE)

 

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