Roman : "Au cœur de la tempête" (55)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU
55

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La nature opérait sur lui comme un catalyseur, le déconnectant de ce monde de surconsommation dont il était blasé.

A plusieurs reprises, il avait croisé Candice, sans oser l’aborder.

Pourtant, lorsque leurs regards se croisaient, on voyait bien qu’ils en disaient long.

Candice rêvait de croquer la vie en plein cintre de sa jeunesse tourmentée.

Dans le ruissèlement des couleurs irisées du silence, elle avait envie d’entendre le murmure des soupirs échappés d’une étreinte nouvelle, l’invitant au désir, encore et encore, sans que jamais elle ne se lasse d’aimer.

Imbibée par la chaleur d’un florilège de mots qui viendrait effleurer son oreille, elle voulait revoir danser les feuillages enamourés, lançant au gré du vent des éclairs flambant neuf.

Elle souhaitait flirter avec le frisson, en aspirer tous les sucs, sentir la vie qui va, l’amour froissant sa couche fiévreuse, courtisant la nuit de caresses nacrées de bleu.

Revoir au petit matin éclater la lumière sur l’horizon flammé qui s’empourpre, le jour s’étirant, sillonnant la campagne, faisant glisser son or à petits feux, sous un ciel améthyste.   

La psychanalyse qu’elle poursuivait toujours, l’aidait à débusquer ses peurs.

Son navire avait échoué dans les eaux glacées de la mort, mais elle en était sortie bien vivante.

Ce samedi là, jour de l’été, dans la lumière solaire intense du jour, l’air tiède était venu s’égarer sur sa peau, l’imbibant d’une sensation de bien-être réveillant sa sensualité. 

C’est dans cette humeur vacancière qu’elle l’avait rencontré.

Sur le chemin des mirabelliers, ils s’étaient souris.

Il lui avait proposé de faire un bout de route en sa compagnie, ce qu’elle avait accepté.

Ils marchaient donc, en direction de Saux, d’un même pas, longeant la voie ferrée.

De ce moment, ils avaient appris à se connaître.

Dorian lui avait parlé de son pays, mais surtout de la France qu’il affectionnait tant.

Il aimait ce pays, la langue de Molière, disait-il, avec une préférence toute particulière pour cette région, berceau de sa famille.

Il aimait aller au cinéma et lui avait fait des éloges du dernier film en date :

«  Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » qu’il avait trouvé particulièrement hilarant.

Cette balade les avait rapprochés l’un de l’autre et ce fut, à partir de ce jour, qu’ils commencèrent vraiment à se côtoyer. Ils se voyaient tous les jours, sans quoi, ils se téléphonaient. Dorian était un garçon attachant.

 

(A SUIVRE)

 

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