Roman : "Au cœur de la tempête" (60)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU
60

Article précédent

Ambre était enchantée de ce séjour, Séville étant, d’après ces dires, la cerise sur le gâteau. Elle disait aimer tout de ce pays où le ciel est toujours bleu !

Les températures atteignaient jusqu’à 35 degrés, mais le vent du large, plutôt frais, rendait l’air ambiant tout à fait supportable.

Les hauts palmiers et autres arbres gigantesques tels les baobabs, les cactus géants, les pins-parasols ombrageaient nos promenades. Ambre, toujours aussi émerveillée face à l’harmonique divine de ces lieux, respirait les jasmins étoilés, admirait la splendeur des bougainvilliers et les lauriers flamboyants escaladant les murs blancs des bâtisses andalouses.

Moi qui croyais que c’était le désert ici ! Mentionnait-elle ingénument.

Je regrettais qu’en cette saison les orangers et les jacarandas aient achevé leur floraison.

Peut-être y retourneras-tu pour un prochain printemps et cette fois en compagnie de ta mère ? Lui dis-je.

Elle haussa simplement les épaules, quelque peu sceptique.

En passant sous les palmiers, elle s’enjouait d’imiter le cri des cacatoès qui semblaient lui répondre.

Elle nous confiait : Cette mosaïque de verts est l’œuvre d’un impressionniste !

Elle avait remarqué qu’à chaque sortie de plages, les douches et pédiluves étaient agrémentés de parterres fleuris. Ainsi, l’eau ne se perdait pas, servant aussi à arroser ces plantations.

Elle savait la valeur des choses et celle-là en particulier ; L’eau, si précieuse et si rare en certains endroits de ce monde. Ici, rien ne se perd ! Ces andalous, vraiment géniaux ! S’exclamait-elle, argumentant ses observations d’allusions pertinentes.

Pour son âge, Pierre et moi lui trouvions parfois une maturité déconcertante.

Elle se régalait de jus de mangue ou d’oranges pressées et ne se lassait pas de manger le poisson cuit à la plancha. Pierre, lui, avait fait une cure de sardines grillées, Espeto de sardinas, spécialités du coin, que l’on déguste, à toute heure de la journée, dans ces cahutes, situées en bordures de plage, nommées chiringuito.

La veille de notre départ pour Séville, la brume s’était posée sur la mer. Il faisait très chaud, l’air était humide mais le vent suffisait à nous régénérer.

La plage avait perdu cette vision du large. On eut dit que l’eau fumait, rejetant cette vapeur qui obstruait l’horizon.

Les habitants n’avaient encore jamais assisté à ce phénomène. Les nombreux anglais, venus là, à la retraite ou en vacances, devaient y retrouver the frog, ce brouillard coutumier de leur pays lointain.

Cette abondante humidité cachait le bleu du ciel, nous enveloppant dans cette ambiance tiède et opaque. Ce décor surréaliste, digne d’un conte de fées, avait cessé en fin d’après-midi, pour mieux resurgir en soirée.

Le soir venu, on percevait la pleine lune comme baignant dans l’eau. 

(A SUIVRE)

 

Publié dans culturels

Commenter cet article