Regards philosophiques (232)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :
« L'intelligence artificielle
va-t-elle nous dominer ?»
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Débat :
► Maintenant, et pour reprendre l’argument comme quoi il y a des recherches en intelligence artificielle qui ne relèvent pas de cette orientation a-humaine, en me référant toujours au numéro d’octobre 2014 de la revue Philosophie Magazine, j’aborde les recherches dans le domaine de la santé.
A la question posée par le philosophe Martin Legros : « Est-ce que vous accepteriez qu’on vous implante une clé USB au milieu de la nuque ?» - «  Bien sur,  je le ferai sans hésiter ! »,  répond Christine Peterson, scientifique spécialiste des nanotechnologies. A côté d’elle, Luke Muehlhauser, expert de l’intelligence artificielle, approuve : « C’est comme l’affaire des bébés éprouvettes. Après la première fécondation in vitro, les journalistes se sont précipités sur le nouveau-né pour s’assurer qu’il était bien normal. Depuis, la pratique s’est banalisée. »  Il surenchérit : « Les résistances aux innovations tombent à chaque innovation. Ce qui vous est difficile à admettre paraîtra évident à vos enfants. » Cet argument n’est pas correct à mon sens. Ce n’est pas un argument, c’est un constat du suivisme conformiste. J’ajoute que maintenant, la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (la gestation pour autrui), parce qu’elles ont été  reconnues comme  techniquement possibles, sont maintenant permises dans de nombreux pays et potentiellement en France, sans aucune réflexion sur les conséquences, alors que le chercheur biologiste Jacques Testart, qui a donné naissance en 1982 au premier bébé-éprouvette (Amandine), avait alerté sur les effets dangereux de son invention.
La perspective du corps connecté, par exemple d’avoir une puce électronique incrustée sous la peau ou des e-mails qui s’affichent en bas de ma rétine, cette perspective est aujourd’hui pour un futur proche, parce que la liste des interfaces homme-machine dressée par les chercheurs de l’intelligence artificielle fait écho à des enjeux économiques d’une actualité brûlante. Début juin 2014, Apple a annoncé le lancement d’une plateforme paramédicale dénommée « HealthKit ». Deux semaines plus tard, Google dévoilait le lancement de « Google Fit ».
En un mot, les géants du Net ont décidé de s’emparer du marché de la santé. Un nouveau secteur est en train d’émerger, la « médecine numérique » ;  les Américains parlent de « mobile health »
Mais à la question : Que va t-il se passer avec le lancement de ces plateformes de santé lancées par les géants de la technologie ?  La réponse m’a sacrément ébranlée.
Lorsqu’un chercheur en médecine transhumaniste explique, toujours dans le numéro d’octobre 2014 de Philosophie Magazine, que « l’avenir de la médecine, c’est que le médecin peut déjà collecter beaucoup d’informations sur un patient (son poids, sa pression artérielle, la composition du sang, son code génétique) – et cette quantité d’informations ne cesse d’augmenter -, mais il faut reconnaître qu’aucun médecin n’est aujourd’hui capable d’analyser ni de croiser toutes ces données : il va donc être nécessaire que des applications le fassent, et ces applications joueront un rôle prépondérant dans le traitement préventif des maladies et feront de l’aide au diagnostic»
► Effectivement, dans les recherches sur l’I.A., il y a la perspective d’immenses profits, avec des enjeux colossaux. Le problème, c’est que nos différents comités d’éthique, quels qu’ils soient, sont parfois, de par leur composition, juges et parties, et que, souvent, le temps qu’ils comprennent une technologie et ses enjeux, la recherche est déjà à cents lieues de là, bien en avant ; la réflexion des comités d’éthique n’est alors plus d’actualité.
Les entreprises de recherches, comme celles de la Silicon Valley, refusent toute réglementation, Si un Etat, disent-elles, leur impose des limites, elles peuvent s’externaliser vers des pays aux législations très souples ou même créer des îles artificielles hors les eaux territoriales pour se mettre à l’abri de toute contrainte éthique.
Par ailleurs, nous savons que la puissance des ordinateurs est exponentielle, qu’elle double tous les deux ans (en moyenne), ce qu’on appelle « la loi de Moore ». Mais les récentes découvertes de nano structures nous annoncent la suppression à court terme des actuels microprocesseurs, lesquels seront remplacés par des nanostructures, des nano conducteurs. Cette révolution dans la révolution numérique apportera un total bouleversement, ceci quant à la capacité mémorielle, quant à la vitesse, quant à la puissance. A court terme, nous aurons tous un ordinateur portable plus puissant que l’ordinateur de la NASA vers 1990.
► Pour moi, l’I.A., ce sera plus du domaine de la robotique. Pour ce qui est des diagnostics, oui, on va pouvoir mieux gérer les traitements par rapport à un profil génétique, mais cela ne relève pas de l’I.A..
Ensuite, le fait qu’on arrive à modéliser les réactions humaines, les ressentis, ce qui abstrait, là effectivement ce serait un grand pas, et aussi, ce sera,  comme on l’a évoqué, un grand danger.

 

                                                                      (A SUIVRE)
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

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