Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (4)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
4
Il est vrai qu’elle n’était pas des plus sexy, mais un certain charme émanait d’elle, ceci s’expliquant peut-être du fait de sa gentillesse et de son naturel.
Dans tous les cas, Ambre ne s’arrêtait pas à ces jugements d’apparence. Pour elle, la beauté d’un être venait de l’intérieur.
Ses études l’aideraient en cela, à rechercher la valeur de chacun au-delà de ces visions primaires, parfois spécieuses et foireuses.  
De plus, son instinct la trompait rarement.
D’ailleurs, sa relation avec Rafaël l’invitait à freiner ses élans, sachant qu’il ne méritait pas davantage d’amour de sa part, car elle le trouvait parfois égoïste et intéressé. Malgré cela, elle avait beau se raisonner, lorsqu’il la sollicitait, elle ne pouvait refuser ses avances, et lui, le savait bien.
Lou, par contre, était jolie. Elle avait beaucoup de succès auprès de la gent masculine. Elle en profitait, jouant de ses charmes sans aucune réserve. Ambre n’aimait pas cette façon qu’elle avait d’allumer les garçons. Mais elle appréciait toutefois sa compagnie, la trouvant drôle et dépourvue de tous complexes. Elle se sentait moins timide en sa présence. Cette fille ne semblait avoir peur de rien. C’était, sans doute, cette assurance et ce qu’elle dégageait au travers d’un égo surdimensionné, qui devaient attirer ces messieurs. Se gaussant des play-boys de la fac, elle côtoyait des hommes d’un certain âge, certains ayant presque atteint la quarantaine.
Depuis quelques jours, elle n’avait pas ou peu de nouvelles de Rafaël. Il lui semblait même qu’il la fuyait. Elle sentait chez lui comme un malaise, un non-dit, quelque chose qu’elle percevait sans pouvoir en expliquer le pourquoi.
Elle avait beau se dire : « tu te fais des idées ! », son instinct et sa nature à tout analyser lui envoyaient des signaux de détresse. Jeanne l’aidait beaucoup à avancer dans son questionnement, lui remettant parfois les pieds sur terre. Après avoir discuté ensemble, elle se sentait toujours mieux, comme réconfortée, un peu plus au clair avec elle-même.
Avec Lou, c’était différent. Elle n’émettait que peu d’opinions ou changeait littéralement de sujets.
Ce n’était pas de l’indifférence, pas plus qu’un manque d’empathie.
Ambre sentait juste que leurs échanges ne débouchaient sur rien ou du moins ne changeaient pas grand-chose.
Il arrivait même qu’elle la quitte le moral en berne, c’est-à-dire, encore plus mal en point.
Parfois, elle était déstabilisée, désabusée par des sentiments négatifs vis-à-vis d’elle-même.
Elle se culpabilisait ou se tourmentait pour de petits riens qui prenaient des proportions excessives et démesurées.    
Très moraliste, Lou lui disait par exemple :
-  Sache que les mecs n’aiment pas les filles possessives. Ils ont besoin de se sentir libre. Ils évitent les filles qui les étouffent. Tu es peut-être trop intrusive ?
Mais où était l’amour dans tout ça ? Ambre n’adhérait pas entièrement aux propos que lui tenait son amie.
Elle se sentait plus en conformité avec les pensées de Jeanne qui correspondaient davantage à son éthique.
Mais toutefois, Lou ayant plus de maturité et d’expériences qu’elle dans ce domaine, elle ne rejetait, ni ne réfutait totalement ses arguments.
(A SUIVRE)
 

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