Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (19)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
19
En effet, il avait eu quelques idylles, mais c’était plus parce que les demoiselles le sollicitaient que par désir personnel d’entamer une relation. 
Ses études de droit l’occupaient pleinement et il comptait bien arriver au bout et le plus loin possible.
Son désir s’orientait vers un choix possible entre juge ou avocat.
Il avait un besoin de justice, de mettre de l’ordre dans la vie des gens, de les aider dans leur désarroi ou de les sauver de quelques mauvais présages.
Il restait toujours hésitant devant les choix qui s’imposaient à lui, devenant parfois de vrais dilemmes. Cependant, ses études correspondaient amplement à ce besoin de réhabilitation qu’il sentait au plus profond de lui, sans pouvoir en expliquer le pourquoi.
En attendant que ses projets professionnels aboutissent, il avait travaillé sans relâche, mettant tout son cœur à l’ouvrage. Les résultats en avaient été conséquents.
Comme à chaque fois, l’arrière saison avait offert un temps superbe. De ces jours d’été frileux, tiraillés entre pluie et vent, où chacun avait attendu le beau temps, enfoui désespérément dans les nuages, il était enfin possible de lézarder un peu au soleil. Les jeunes en avaient profité, occupant les terrasses des cafés après les heures de cours. Il arrivait que Yanou y prenne une bière avant de regagner sa chambre d’étudiant.
Chacun  avait profité, inlassablement, des rayons encore ardents de cette fin de saison resplendissante, sous le beau ciel palois. En cette fin d’après-midi automnale, les copains avaient insisté pour que Yanou prolonge sa soirée en leur compagnie. Car, comme chaque jeudi, une soirée était prévue au campus.
Mais, en vain, malgré la forte mobilisation de tous et leur insistance à son égard, Yanou avait préféré rentrer seul, et prendre un bon bouquin.
Rien n’avait su décommander son projet de passer la soirée en tête-à-tête avec lui-même.
L’important était qu’il n’en souffre pas, ses projets d’avenir les plus chers visant à se consacrer entièrement à ses études, tout le reste le laissant complétement indifférent, mis à part quelques coups de téléphone passés à son cousin ou à ses parents.
Il passait ses dimanches à faire du vélo, empruntant les routes de montagne, quelquefois accompagné de son cher cousin. Cette passion lui venait de l’enfance, lorsqu’il admirait les champions du Tour de France qui serpentaient, sous la chaleur de juillet, les routes pentues des cols pyrénéens. L’automne doux et ensoleillé avait décliné doucement. Il avait attendu, avec impatience, les vacances de Toussaint qu’il devait passer à Miami, où il partit vivre quelques jours chez son oncle et sa tante en compagnie de Dorian et de Candice. Ainsi il pourrait progresser dans la langue qu’il maitrisait déjà correctement.
 
(A SUIVRE)

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