Regards philosophiques (245)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :
« La femme est-elle l'avenir de l'homme ? »
 
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Débat :
► Je ne voudrais m’engager dans ce combat féministe qui dure depuis un demi-siècle, je préfère qu’on parle d’avenir. Je ne fais partie des ces « messieurs » qui devraient faire repentance des mauvais comportements de mes ancêtres, jusqu’à cet aïeul de la caverne qui tirait sa femme par les cheveux ; allons au-delà !
Bien sûr, et qu’au-delà d’affrontements stériles, la femme est l’avenir de l’homme. La femme est source de vie, en cela elle détient l’avenir. Comme la Terre, est elle aussi, symbole de fertilité, source de vie, (et non pas ressource).  Depuis toujours quand les hommes ont déifié la Terre, elle fut toujours représentée par une femme, de Gaïa chez les Grecs à la « Pacha mama » des peuples de la forêt d’Amazonie.
Je reviens sur la phrase « La femme est l’avenir de l’homme ».
En faisant quelques recherches, on voit que le poète Aragon s’est inspiré du texte d’un poète arabo andalou qui déjà disait que « l’avenir de l’homme, c’est la femme ». Le poète andalou fait  référence au « fou de Leïla » célèbre et très vieux poème persan qui parle de l’amour fou de Majnoun pour Leïla, sa cousine.
Et l’on voit le rapprochement : « Fou d’Elsa » et « Fou de Leïla »
Majnoun était un tout jeune homme qui aimait Leïla depuis l’enfance, il chantait cet amour et voulait épouser Leïla. Mais ils n’appartenaient pas au même clan, de sorte que les parents étaient mécontents de ce sentiment réciproque et qu’ils cherchaient sans cesse à éloigner les jeunes gens l’un de l’autre. Un jour, un ami de la famille de Majnoun lui dit : – mais cette Leïla que tu aimes avec tant de constance n’est pas plus belle que d’autres ! ». Majnoun répondit : « Pour voir Leïla il faut avoir les yeux de Majnoun ».
Leïla sera mariée par sa famille, le  temps passa, et un jour Leïla devenue veuve se présente à la porte de Majnoun devenu fou. Il lui fait répondre : « Dis-lui de passer son chemin car Leïla m’empêcherait un instant de penser à l’amour de Leïla.»
Majnoun ne pouvait concevoir de vivre  sans Leïla, cette femme seule, était la part indispensable de son avenir.
► La lutte pour l’égalité hommes femmes a plus de cinquante ans, on a eu le combat des suffragettes au début du siècle dernier, elles ont lutté pour le droit de vote, puis entre les deux guerres mondiales des femmes ont aussi lutté en France pour ce droit ; elles avaient participé à la guerre, en tant qu’infirmières, ambulancières, cela leur ouvrait des droits d’égalité, celui d’être électrices, et celui d’être éligibles. Il a fallu une autre guerre pour qu’elles puissent avoir le droit de voter. La France a été parmi les derniers pays à accorder ce droit aux femmes.
► J’ai entendu les mots égalité et les mots inégalité, l’inégalité évidente est déjà celle des inégalités physiques. Et puis, je reviens sur la chanson chantée par Jean Ferrat, ce poème ; dans les paroles ce qui m’a le plus touchée, ce sont ces quelques phrases qui montrent bien cette différence : « …pour accoucher sans la souffrance, pour les contrôle des naissances, il a fallu des millénaires. Si nous sortons du Moyen-âge, vos siècles d’infini servage pèsent lourd sur la terre […..] Il faudra réapprendre à vivre, ensemble écrire un nouveau livre, redécouvrir tous les possibles…. » Rien que ces mots c’était déjà un espoir extraordinaire pour des changements futurs, mais est-ce que tous ces rêves se sont réalisés ? Non, pas encore ! Et puis cette phrase : «  …chaque chose enfin partagée, tout dans le couple va changer d’une manière irréversible », ces paroles me touchent au plus profond de moi, et elles militent pour l’évolution de la femme dans la société.
Maintenant, la femme, oui, est l’avenir de l’homme, déjà parce qu’elle porte la vie en son sein, pendant toute sa grossesse, elle prolonge sa propre vie, tout en développant une autre vie. Par cet état extraordinaire de préparation à une vie future, elle est l’avenir de l’homme : son présent, son futur, et l’avenir, celui de l’enfant qu’elle porte.
Quant à l’égalité, je pense qu’il reste du chemin à faire.
                                                                      (A SUIVRE)
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

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