Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (33)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
33
 
Il pensa qu’elle avait son train à prendre, ne voulant pas le manquer. Ce qui n’était pas complètement faux.
Elle ne reprenait les cours du lundi qu’en début d’après-midi. Cela lui laissait bien le temps d’arriver, mais elle ne voulait pas rater ce train où elle retrouverait son amie Jeanne quelques stations plus loin.
Il y eut aussi ce matin d’hiver où ils se croisèrent sur le quai. Il la reconnut et lui fit alors un petit signe de reconnaissance de la tête, le regard fixé sur elle sans jamais s’en détacher.
Ce fut là encore très intimidant et elle s’en voulait de se sentir rougir de la sorte.
Une autre fois, à la sortie de la gare, il lui avait dit : -  Bonjour, vous allez bien ? Puis, il l’avait complimentée sur le choix de son foulard qu’il avait trouvé classe.
C’était sa mère qui lui avait acheté un jour de shopping dans les rues piétonnes de la ville.
Puis, l’année scolaire avait fini sans que plus aucune autre rencontre ne vienne égayer son chemin.
 
 
Ambre, mon enfant, ma vie !
 
Rafaël n’avait plus cherché à la contacter et elle en fut réellement soulagée.
En y repensant, elle n’éprouvait pas le moindre regret et s’en étonnait même. Finalement, c’était très bien ainsi. Elle se sentait libre de s’aventurer vers des chemins nouveaux, libre de ses choix, libre de sa vie, libre de ses actes et de toutes décisions à venir.
C’était même très agréable pour elle d’envisager de nouvelles perspectives concernant ses choix relationnels.
Elle fut surprise d’avoir su si vite changer de cap, se tournant vers d’autres horizons.
L’idée même d’avoir mis tout son dévolu sur ce zigoto, dont les charmes ne faisaient plus aucun effet sur elle, la laissait encore dubitative et perplexe.
Lorsqu’elle repensait à lui, elle le trouvait « petit », c’est le mot qui lui venait à l’esprit, sans savoir expliquer pourquoi ce terme. Physiquement, il ne l’était pas spécialement et intellectuellement, pas plus ni moins qu’un autre. Cela concernait-il alors sa grandeur d’âme ou sa maturité ? Elle aimait bien comprendre se qu’il se passait en elle, ses études ne faisant que l’aider, la confortant dans ses recherches.
Mais là, les explications étaient encore floues dans sa tête, sa devise étant, d’être au plus clair avec soi-même.
Votre meilleure alliée n’est-elle pas votre propre personne ?

 

                         
(A SUIVRE)

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