Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (37)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
37
             

Été 2015

Les vacances d’été approchaient. Nous avions projeté, Pierre et moi, de partir en Espagne, visiter les villages de Navarre. Nous étions à peu près sûrs d’y trouver le soleil qui s’était fait si rare l’été précédent. 
Maël et Salma souhaitaient partir en Grèce.
Ambre avait émis le souhait de repartir en vacances avec nous. A cette évocation, vus les éclats lumineux qui jaillissaient de son regard brûlant, ses parents n’avaient su qu’approuver. Après tout, elle était majeure et ses parents rêvaient peut-être d’une nouvelle lune de miel ?
Ce n’était pas un couple fusionnel.
Ils vaquaient chacun à leurs occupations, menant leur vie comme ils l’entendaient, gardant occasionnellement quelques pauses à partager avec, à chaque fois, un plaisir nouveau.
Ils avaient quelques points communs et leur différence les rendait complémentaires.
En tous cas, ils s’acceptaient tel quel, leurs défauts pouvant se révéler parfois comme des qualités aux yeux de l’autre. Peu démonstratifs, du moins en société, on aurait pu les croire frère et sœur, ce qu’ils étaient presque de par leur histoire. A leur façon, je crois qu’ils s’aimaient d’un amour profond. Se connaissant depuis toujours, leur lien était indéfectible.
A ce propos, il n’existe, à ma connaissance, aucun code définissant ce que doit être l’amour dans un couple.
Et, tout comme l’être, le couple parfait n’existe pas.
Rien ne spécifie une définition précise de ce que doit être un couple, hormis le respect et la tendresse mutuelle.
Nous étions donc partis, tous trois, dans cette région du Pays Basque espagnol où les nombreux villages, au charme d’autrefois, s’animent du murmure incessant de l’eau. Au creux de nos silences, sur les chemins, sertis entre la nature et la pierre, nous avions marché dans l’impétueuse étreinte de la terre.
Sur des soupirs frivoles, la nature soigne nos âmes pèlerines. Là où ruissellent les verts des arbres des forêts et des collines, de la pointe du jour au fin fond de la nuit, la vie est là, partout, mêlant l’empreinte de l’amour à la beauté du monde, inondant l’air ambiant de parfums voluptueux, sous un ciel indigo. 
Sous le soleil ardent, faisant éclater la nature en pleine effervescence, nous étions conquis.
Le bleu uniforme du ciel rendait les verts plus insolents les uns que les autres face à cette végétation luxuriante qui abondait de partout.
Ambre se délectait dans ce bain de verdure.
Elle disait avoir la sensation de se rapprocher d’une parcelle inconnue de son histoire, revenant toujours vers une musique étrangère qu’elle ne connaissait pas, mais rêvait d’entendre depuis si longtemps.
                      
(A SUIVRE)

Publié dans culturels

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