Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (44)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
44
             
Ayant regagné la voiture de Yanou, ils étaient là, allongés confortablement sur les banquettes, tel le divan du psychanalyste, avait évoqué Ambre, amusée de se trouver en pareille situation.
Elle s’intéressait à sa vie, ses passions, ses goûts, ses études… un véritable questionnaire.
A l’aube, ils n’avaient toujours pas sommeil, mais un faim de loup. Ils avaient longé le boulevard des Pyrénées.
De cette promenade, magnifique chemin de ronde, qui relie le palais Beaumont au château d’Henri IV, Jean-Charles Alphand, célèbre ingénieur sous Napoléon III, s’émerveillait face à cette vue grandiose plongeant sur une étendue unique de 150 pics pyrénéens :
« L’un des plus splendides spectacles naturels que l'on puisse voir, bien propre à élever le cœur et l'esprit de ceux assez heureux pour en jouir, en se reposant des fatigues qu'impose à tous, de nos jours, la lutte pour la vie. »
Ils avaient admiré « les Sentiers du Roy », ornés de palmiers et de bananiers, serpentant face à ce panorama gigantesque au paysage exceptionnel, terrasse suspendue où l’on suspend son souffle, surtout lorsque le jour ne va pas tarder à éclore.
Cette apparition époustouflante de l’aurore, les avait laissés sans voix, quelques instants seulement, le temps que le jour naisse à la vie.
Ambre repensait à ce qu’avait dit alors Alphonse de Lamartine concernant ce décor imprenable :
Pau, la plus belle vue de terre, comme Naples est la plus belle vue de mer.
En terrasse d’un café situé face à  la cour du château, ils avaient pris un copieux petit-déjeuner.
Ambre était pensive, elle sourit.
Yanou observait tous ses faits et gestes. 
- A quoi penses-tu ? S’enquit-il aussitôt.
- Que je suis au château et que tu es mon prince ! Rétorqua t-elle d’un ton badin.
Il sourit. Lorsqu’il était enfant, son père lui avait offert le livre du Petit Prince de Saint-Exupéry. Et combien il aimait, lorsqu’il partait se coucher, entendre la voix de ce dernier, lisant quelques extraits de ce chef d’œuvre avant qu’il ne s’endorme. Puis il dit avoir conservé précieusement ce livre, cher à son cœur.
- As-tu des regrets sur ton passé ? Avait-elle ajouté.
Il n’avait su répondre.
Elle, voyait bien qu’elle avait à faire à un sentimental, tout comme elle.
Il lui avoua avoir plaisir à garder des objets fétiches.
- Un véritable musée ! S’amusa t-il. Peut-être y a t-il là un besoin de retenir le passé ou bien le désir de l’immortaliser ?
Ils avaient évoqué cela et bien d’autres choses encore.
Elle aimait, chez lui, cette faculté naturelle de comprendre les choses ou, du moins, essayer de le faire.
 
                                             (A SUIVRE)
                     

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