Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (45)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
45
             
Cette intuition psychologique à discerner les événements la rapprochait encore davantage de lui. Elle éprouvait même la sensation de le connaître depuis toujours. Cela en était troublant.
Mais, cette attirance, qui lui semblait pourtant réciproque, n’incitait pas son ami à tenter une approche plus avancée, venant conforter cet amour naissant qui bouillonnait en elle. Ce lien allait-il se sceller en Amour ou en Amitié ?
Elle rêvait de ses bras autour d’elle, vautrée dans la chaleur de son corps, sa tête posée sur son cou. Elle rêvait de ses mains animées de tendresse, se contentant pour le moment de sa voix chaude et enveloppante qu’elle prenait plaisir à entendre.
Etait-ce là cette musique convoitée dont elle rêvait si fort d’être bercée depuis toujours?
N’éprouvant aucune envie de se quitter, ils s’étaient assoupis quelques heures durant, sur les sièges de la voiture, avant que la fête ne revienne les imprégner de son rythme endiablé, et ceci, jusqu’à l’aurore.
Ils avaient du temps devant eux, la vie même, rien ne pressait.
Il semblait qu’ils vivaient au ralenti, savourant chaque minutes riches et précieuses de ces instants magiques où le bonheur vient s’immiscer dans chaque fibre de leur être et jusqu’à l’infini. 
Peu importait le lieu, le jour, le temps qu’il fait, du moment qu’ils étaient ensemble.
Lui, de nature si discrète et d’ordinaire peu bavard, s’exprimait sans tabous ni aucune gêne.
Les reflets du soleil jouaient à cache-cache derrière quelques petits nuages blancs qui flottaient là-haut et que le vent dispersait.
Assis sur un banc, ils lézardaient, observant le ciel et sa métamorphose.
Puis, il lui avait parlé de son cousin Dorian, qu’il aimait comme un frère. La joie qu’ils éprouvaient à se retrouver, à être ensemble. Il lui avoua combien il regrettait d’être fils unique. Elle, enfant unique également, ne s’en était jamais plainte. Elle lui parla, à son tour, de son amie Jeanne, évoquant ses prédictions et la rencontre du « jumeau ».
- Ne serais-tu pas, par hasard du signe des gémeaux, ou bien, n’aurais-tu pas un frère jumeau qui se cache par là ? Dit-elle avec humour.
- C’est bizarre que tu me demandes ça ! Ma mère est la jumelle du père de Dorian.
- Ah, ça alors ! C’est vrai que c’est curieux, tout de même.
S’enquit-elle alors.
- Et, pour tout dire, je sais même qu’au début de la conception, mes parents avaient eu peur de me perdre, suite à une hémorragie, sans conséquence pour la grossesse, heureusement. Mais, j’ai toujours pensé que j’aurais pu avoir un jumeau et c’est peut-être cela qui me rend parfois un peu nostalgique.
                                             (A SUIVRE)

        

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