Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (46)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
46
             
- Mais tu sais, tu as entièrement raison. De nos jours, on sait reconnaître à quel point le vécu intra-utérin est important pour le restant de sa vie. J’ai eu des cours là-dessus, à la fac. Il est dit que près d’un humain sur dix commence son voyage intra-utérin aux côtés d’un jumeau. Il a été constaté que, dès les premiers instants, nos perceptions s’enregistrent dans nos cellules.
En ce qui te concerne, il s’agit, en psychologie, du syndrome du jumeau perdu. Cela pourrait expliquer cette ambiguïté en toi à ne savoir choisir, à compter les choses en double, à rechercher désespérément ton alter égo, à se sentir incessamment insatisfait, exigeant la performance, la perfection, et cette forte dualité influant, sans aucun doute, sur le comportement. A la naissance, nous  oublions tout de ce vécu intra-utérin, mais notre corps lui, sait garder la trace d’un deuil précoce, s’il y a lieu. Ce drame gémellaire œuvrant, bien entendu, sur le plan inconscient et pouvant, affecter le comportement d’un être à un certain moment de sa vie et pour le restant de ses jours.
 
Instant magique
 
Un grand silence s’ensuivit.  
Alors qu’Ambre venait d’expliciter cette problématique, Yanou sentait monter en lui une décharge émotionnelle vive qui le submergeait soudain, au point de l’émouvoir, faisant jaillir un flot de larmes. Il enfouit son visage dans ses mains, comme pour mieux le retenir. Elle comprit alors qu’il pleurait. Ces instants éternels, si petits mais si denses, marquent au fer votre chair, touchée de l’intérieur. Puis, appréciant cet état de vie réinventée, désamorçant ses faibles inhérents, Yanou conscientisait soudain, l’effet drainant qui apaise nos turpitudes amères et nos troubles récurrents. Ambre restait abasourdie par ce qu’elle était entrain de vivre. Elle se demandait si nos rencontres sont le simple fruit du hasard ou s’il ne s’agit pas plutôt de rendez-vous commandités sur nos vies par le destin.
Yanou la prit alors dans ses bras, envahi d’une bouffée délirante.
 
Et dans la profondeur du silence
On entendait battre leurs cœurs
Inondés par l’amour immense
Sous un ciel étoilé de fleurs
Brillant sous le feu intense
De cet espace de bonheur
Sublimé par la douce ambiance
De la lune aux reflets joueurs.

 

                                             (A SUIVRE)

        

Publié dans culturels

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