Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (47)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
47
             
Elle se laissa porter par ce tourbillon.
Elle avait la vague impression de flotter au milieu des nuages.
Elle pensa à son amie Jeanne, se promettant de lui téléphoner, immanquablement.
Yanou sentait son corps vibrer.
C’était comme une deuxième naissance.
Dans l’antre d’une douce chaleur, les vibrations magiques d’un cri d’amour envahirent les parois de son cœur.
Des éclats de lueurs vives résonnèrent, vibrant à l’unisson, dans un frisson réveillant chaque pore de sa peau.
L’amour était venu se poser là, fragile et léger, tel un papillon sur une fleur, prêt à boire son nectar, fidèle au rendez-vous.
Non, ce n’était pas un rêve et pourtant, tout semblait irréel, tant le ciel était devenu sublime et l’air ensorceleur !
Yanou exhalait le parfum de l’amour, qui rendait, soudain, sa vie luxuriante.
Dans la lumière tamisée du crépuscule, montait en lui la sève de la vie qu’il se mit à aspirer à pleins poumons.
 
      
            Alors vis ta vie
 
Parce qu’on a qu’une vie, qu’elle file entre nos mains
Parce qu’il est déjà tard lorsqu’on est à demain
Que l’enfant grandit vite… il faut bien qu’il s’en aille !
Reste encore l’écho des rires et des chamailles.
 
Alors, vis ta vie, fais-la voler
Avant que le temps ne te l’ait volée
Vole, siffle comme l’oiseau
Qui roucoule dans les roseaux !
 
Parce que tout passe vite et qu’on ne le croit pas
Parce que le tourbillon dans lequel on se noie
Emporte la jeunesse, la passion, l’énergie
Dans la maison déserte, le silence surgit.
 
Alors, vis ta vie, fais-la voler
Avant que le temps ne te l’ait volée
Vole, siffle comme l’oiseau
Qui roucoule dans les roseaux !
 
Parce qu’on ne veut pas voir que les années s’envolent
Que le petit n’a plus besoin de notre épaule
Parce que se résigner, c’est regarder en face
Notre vie s’étioler avec le temps qui passe.
 
Alors, vis ta vie, fais-la voler
Avant que le temps ne te l’ait volée
Vole, siffle comme l’oiseau
Qui roucoule dans les roseaux !
Parce que la peur au ventre on descend vers la nuit
Qu’un jour prochain sera le dernier de nos vies
Je vous dis, les enfants, ce que mon cœur ressent
Recevez chaque instant de vie à cent pour cent.
 
Alors, vivez, volez
Avant que le temps ne vous ait tout volé
Et dans un vol d’oiseau
Allez voguer au fil de l’eau !

 

 

 

                                             (A SUIVRE)

        

Publié dans culturels

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