Regards philosophiques (257)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :
« Qu'est-ce qu'être riche ? »
 
1
Introduction :
Si vous interrogez les gens, sur : « qui est riche ? », vous comprendrez très vite que : sont riches tous ceux qui gagnent plus que moi.  Être riche, version idéalisée : c’est avoir suffisamment de revenus assurés pour toute une vie - pour ne pas devoir travailler par obligation - ne pas dépendre financièrement de qui que ce soit - et à partir de là « cerise sur le gâteau » - on peut consacrer tout son temps à quelque chose qui nous passionne. 
Mais être riche, d’une approche  moins idéalisée pour beaucoup de français, ce serait : ne pas être à découvert le 19 du mois, ne pas ravaler sa honte en allant demander régulièrement une avance sur salaire, pouvoir se débarrasser une fois pour toute de la collection de cartes de crédits… Au début du mois de décembre passé, les médias nous disaient qu’un tiers des jeunes ménages vivaient avec un découvert permanent. Si à ces personnes je leur explique la notion de richesse selon Épicure, mon argumentation sera faible, ça leur fera belle jambe, et je peux même me faire jeter. 
Dans leur ouvrage « C’est quoi être riche ? » Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon écrivent ceci : « La richesse offre la possibilité de libérer son temps et son esprit de toute une série de problèmes matériels qui empoisonnent la vie de la plupart des gens. Mais la richesse, ce n’est pas qu’un niveau de revenu, c’est aussi une façon d’être, une assurance, une aisance, une façon de parler, de se tenir en société, et qui marque l’incorporation physique des privilèges ».
Maintenant, à moins qu’il n’y ait parmi nous dans la salle un, une, ou quelques riches, comment pouvons-nous parler d’une chose que nous n’expérimentons pas vraiment par nous-mêmes ?  Il nous aurait fallu convier, Bernard Arnaud qui pèse 34 milliards d’euros, Gérard Mulliez (groupe Auchan, Carrefour)  23 milliards, ou Serge Dassault 17 milliards, etc. Je suis même sûr que parmi nous personne ne pèse son petit milliard.
Dans une pièce de théâtre « Numéro complémentaire » un homme, un père de famille (joué par Francis Perrin) vient de gagner le gros lot du loto. Il est d’un milieu modeste, et sa première réaction lorsqu’il annonce la bonne nouvelle à sa famille est : « ce soir c’est la fête je vous invite tous chez Flunch,  et c’est plateau-repas à volonté pour tout le monde ». Ceci pour dire que nous jugeons de la richesse en fonction du niveau social où l’on se trouve. Héraclite écrivait : « Les ânes préfèrent la paille à l’or ».
 Le philosophe Alain Renaut qui avait vécu et étudié la vie des peuples pauvres du Sahel, disait dans une émission sur France culture: « …qui sont les pauvres ? Pas forcement ceux qui ont le moins de moyens monétaires, mais ceux qui sont le plus empêchés… », ce qui en contrepoint nous dit, que la richesse, est aussi et d’abord disposer de soi, disposer de son libre arbitre, de pouvoir accéder aux nécessités premières, accéder aux principaux besoins définis dans l’échelle de Maslow.
Alors (et pour conclure) : Être riche, c’est peut-être, figurer dans le classement Forbes, ou, plus couramment, « Être riche, »  c’est avoir : beaucoup de blé, de braise, de flouse, de  fraîche, de  fric,  d’oseille, de galette,  de pépètes,  de pèze, de  pognon,  de picaillons,  de radis, de thune, de fait : être blindé !

                                                                      (A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article