Regards philosophiques (262)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :
« Qu'est-ce qu'être riche ? »
 
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Débat :
Plusieurs personnes parlent en même temps, en contradiction avec la dernière intervention :
- Je ne suis pas d’accord avec ça !
- Alors, il peut ne pas donner c’est pareil…
- Il faut encourager le mécénat….etc.
 
Chez les pauvres il n’y a pas que des héros, il n’y a pas les bons et les mauvais, et ce n’est pas le niveau social qui définit le comportement.
 
On a dit que la richesse est une santé, c’est vrai que lorsqu’on est malade on est égaux, mais lorsqu’il faut se soigner, si vous êtes riches vous pouvez consulter des sommités médicales, avec les meilleurs chirurgiens dans les meilleurs établissements, et avoir une chambre particulière.
 
  La richesse financière favorise quand même la richesse culturelle, ce qui fait une reproduction des élites, on ne peut pas le nier. L’éducation culturelle transmise dès le plus jeune âge donne un avantage, aller au théâtre, visiter les musées en France, en Europe, etc, cela demande certains moyens.
Et je reviens sur l’ouvrage de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon « Ce que ça fait d’être riche ». Ils nous disent en substance : la société valide le fait d’être riche, de jouir de très nombreux privilèges, ce qui serait la juste récompense d’une quelconque élection, d’un droit inné, presque un droit naturel. Et là je cite : « alors que les riches (écrivent-ils) vivent de plus en plus récompense de leurs immenses mérites, …, les plus humbles, en échec social, vivent avec culpabilité une pauvreté qu’ils ne peuvent devoir qu’à eux-mêmes. Ne subsistent-ils pas aux crochets des créateurs leur (bonne) fortune comme la création d’emplois et de richesses, sur lesquels l’État puise les ressources fiscales qui permettent aux assistés de vivre sans travailler? Le consensus qui paraît s’étendre sur le caractère incontournable de l’économie de marché renforce la bonne conscience et l’assurance de soi des nantis, tout en culpabilisant les plus pauvres. Décidément, mieux vaut être financier que savetier. »
Pour résumer la fable de La Fontaine : « du savetier et du financier » :
Un savetier chantait du soir au matin dans son échoppe. Un financier qui habitait la même maison, ne pouvait s’endormir qu’au petit matin, mais vite réveillé par les chants du savetier. Le financier vint voir le savetier et lui donna cent écus. Ce dernier devenu riche, à son tour ne dormait plus, ne chantait plus. N’y tenant plus, il alla voir le financier et lui dit: reprenez vos cent écus et rendez-moi mon sommeil, rendez-moi mes chansons !
Nous retrouvons là,  une de ces richesses toute simples évoquées dans le débat.
Et enfin, revenons sur le mérite d’être riche. Cette idée que certains le mériteraient m’horripile, comme me gène l’expression « parce que nous le valons bien », cela voudrait dire en même temps que ceux qui sont pauvres méritent d’être pauvres.
Nul ne mérite d’être riche. Nul ne mérite d’être pauvre.
 
Pour juger de la richesse nous devons séparer valeurs boursières et valeurs humaines. Et la richesse doit ne pas pouvoir se développer à l’infini dans un monde où il y a tant de pauvres.
 
Proverbes entendus au cours du débat :
 
« On lit au front de ceux qu’un vain luxe environne, que la Fortune vend ce qu’on croit qu’elle donne » (Jean De la Fontaine. Extrait de la fable : Philémon et Baucis)
 
« Il faut savoir le prix de l’argent : les prodigues ne la savent pas, et les avares encore moins »                                                                                                                                                (Montesquieu)
 
Œuvres citées :
Livres :
C’est quoi être riche ? Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon. Editions de l’Aube. 2015.
(Disponible à la médiathèque de Chevilly-Larue)
L'injustifiable et l'extrême. Alain Renaut. Editons Le Pommier 2015.
Discours sur les fondements de l’inégalité parmi les hommes. J.J. Rousseau. 1750.

Théâtre :
Le diable rouge, d’Antoine Rault. Claude Rich dans le rôle de Mazarin. 2009.
Numéro Complémentaire, de Jean-Marie Chevret. 2006.
 
Émission :
Alain Renaut dans « Les nouveaux chemins de la connaissance. Radio France 11.12.2015
                                                                       (FIN DU THEME)
 
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

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