Atelier d'écriture : au Baluchon (2)

Publié le par M. G.

 

Atelier d’écriture animé par Marie Cosnay, samedi 3 décembre 2016 au Baluchon, Lourdes.

                                                      Thème : La tempête

Maxime se morfond sur le bastingage du bateau. Il est parti ce matin, au petit bonheur, de bonne heure, avec pour objectif : rejoindre l’ile au Moine, ile dont il a entendu parler maintes fois, mais qu’il n’est jamais parvenu à atteindre. Pas le moindre soupçon de vent, Éole dort, pas de bise, pas de zéphyr. Cette ile au Moine tient de la légende d’Umberto ECCO qui dit qu’un vieux moine atteint par la folie, règne en maitre, dans les parages ; ce qui pourrait expliquer la raison pour laquelle le mystère le plus profond plane autour de ce lopin de terre.
 
Au loin, un vol de mouettes dessine une sarabande dans l’azur. Tout près, des poissons-volants apparaissent, sautant et virevoltant. La couleur du soleil se fait… jaunâtre, et le ciel vire au bleu… marine. Maxime est inquiet et commence à se poser des questions au sujet de son voyage pour lequel il mettait tant d’espoir.
          Quelques dizaines de minutes plus tard, les vagues sont là, chahutant fortement le vaisseau qui semble bien frêle à cet instant. Le vent souffle dans les voiles du « Nausicaa » et les gonfle au maximum de leurs possibilités. Maxime court d’un côté, de l’autre, tout en scrutant l’horizon, déroulant des cordages, faisant des nœuds, glissant au sol, se relevant, se cognant au rebord.
 
« Non, ce n’est pas possible ! » crie t-il à qui veut bien l'entendre. « On va mourir » dit-il, dans un râle, comme s’ils étaient plusieurs à bord, pour se donner force et courage. Aveu d’impuissance, d’échec, abandon de la volonté, résignation sont là, bien présents. Un aviron tombe à l’eau : irrécupérable, un mat se brise dans un épouvantable fracas tonitruant. L’eau envahit le pont, Maxime porte sur sa tête… une serpillière trempée, image pour décrire ce que sa chevelure habituelle est devenue. Il comprend maintenant pourquoi Sanson puisait sa force dans les cheveux. Maxime est au fond du trou, dans le néant, inondé, immergé, absorbé, secoué, abattu. Puis… plus rien !
 
Le silence règne, il est à l’heure présente, allongé sur le sable et il sent sur son corps des sortes de fourmillements, comme si les fourmis de Bernard WERBER lui parcouraient les jambes, les bras, le visage. Il veut remuer : impossible ! Il veut se lever : incapable ! Il veut se gratter : infaisable ! Les minutes s’égrènent… Maintenant, il voit autour de lui des dizaines d’hommes minuscules qui l’attachent au sol, nouent des cordages, plantent des pieux afin de l’arrimer au sol. C’est donc ça, LILLIPUT ?
 

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