Regards philosophiques (269)

Publié le par G-L. P. / J. C.

« La compétition entre tous,
est-elle inévitable ? »
 
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Débat :
On ne peut pas nier qu’on est dans une société de compétition, mais de fait, peut-on imaginer qu’on pourrait avoir une société sans compétition ? Sans ce principe nous serions peut-être comme des bœufs broutant dans un champ. Je crois que la compétition est inhérente à la condition humaine.
J’ai cherché à définir, à cerner les sentiments qui s’expriment dans la compétition :
1° L’envie de se montrer aussi capable que l’autre.
2° Le besoin de se prouver à soi-même qu’on peut une chose, voire, pourquoi pas, se dépasser.
3° L’envie parfois d’être au-dessus des autres, par orgueil, par vanité, par gloriole.
4° L’envie de s’élever dans la société ; pour soi, pour le regard des autres, pour l’honneur, la fierté.
5° L’envie, le désir d’avoir une meilleure situation financière, pour soi, pour les siens, pour préserver l’avenir.
6° Ou, tout simplement un réflexe naturel, presque génétique chez certaines personnes, de ceux que vous voyez se précipiter vers le péage le moins chargé pour gagner 30 seconde de trajet, (c’est plus fort qu’eux !).
Il y a des personnes qui n’ont pas l’esprit de compétition. J’ai eu plusieurs fois l’occasion de proposer à des personnes la possibilité d’évoluer vers un poste à responsabilité, parfois ces derniers ne voulaient pas changer leur travail habituel. En fait, si tout le monde voulait être « chef » la compétition serait terrible.
Il ne suffit d’être compétiteur, encore faut-il avoir des capacités. Encore faut-il que le milieu de votre activité vous offre la possibilité de prouver vos aptitudes, et cela dépend aussi parfois du niveau des concurrents.
La compétition mène parfois au « burn out » (l’épuisement moral), ce qu’on appelait autrefois « le ras le bol ». Et cela aujourd’hui touche parfois les enfants, lesquels pour les parents devraient toujours être, les meilleurs. Les enfants entrent alors dans une compétition qui n’est pas leur, mais uniquement celle des parents, l’enfant devient l’objet de l’ambition des parents, jusqu’au seuil de ses possibilité, et si il a un échec, c’est le drame.
La compétition à l’école peut amener des suicides, comme on le voit au Japon. J’ai toujours dit à mes enfants : même si on a une mauvaise note, on rentre à la maison.
Dans un tout autre domaine, nous voyons la compétition entre les États, et aujourd’hui l’Allemagne qui serait le modèle parfait s’impose dans les orientations, et bien d’autres pays deviennent « les mauvais élèves de l’Europe ».
La compétition n’est positive que lorsqu’elle crée de l’émulation.
Dans une entreprise la coopération est préférable à la compétition. J’ai par ailleurs connu une école où il n’y avait aucun classement, et c’est important, c’est ce que j’ai transmis à mon petit fils, l’important n’est pas d’être le premier, l’important, c’est d’être aimé.
La compétition des années 1980 n’a rien à voir avec ce qu’elle allait devenir, on le voit surtout dans les problèmes de santé, problèmes psychologiques qui augmentent au travail de façon alarmante : ils incluent : l’épuisement professionnel, la dépression, le stress, l’anxiété…
Ces problèmes psychologiques comptent maintenant pour environ 40% des obtentions d’invalidité au Canada, jusqu’à 60% dans certains secteurs.
En Europe un cas sur deux d’absentéisme est du au stress chronique.
En 1974 le psychologue Herbert J. Freudenberger écrit dans l’ouvrage « La brûlure interne: « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendies, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe leurs ressources internes en viennent à se consumer, comme sous l’action d’une flamme, en ne laissant qu’un grand vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte »
 

                                                                       (A SUIVRE)

 
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

Publié dans culturels

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