Regards philosophiques (271)

Publié le par G-L. P. / J. C.

« La compétition entre tous,
est-elle inévitable ? »
 
4(/4)
Débat :

Que la compétition soit venue avec la sédentarisation, j’en doute. Dans l’ouvrage de Roy Lewis (déjà cité) « Pourquoi j’ai mangé mon père ? », l’auteur nous dit que les premières hordes, les clans étaient en compétition pour les territoires de chasse, pour les grottes, puis en suite avec l’exogamie, pour les femmes.

La compétition est un élément primordial de la vie, car tout a commencé avec la plus terrible compétition qui soit, celle que nous n’aurons jamais à revivre, ceci fut illustré dans une chanson : Les spermatozoïdes

« Nous étions trente millions massés derrière la porte,
une seule idée, la porte, la porte…
Ça y est, c’est parti, la porte est ouverte,
c’est la ruée au dehors, ne pas s’affoler.
Déjà, les premiers ont été massacrés, pietinés.
La moindre pitié entraîne la mort,
mais, je dois être cinglé de philosopher à un moment pareil,
courir, courir, tenir, tenir….
Ceux qui ont la rage de vivre, il n’y a que ceux-là qui tiennent,
Les mecs tombent un à un, morts avant de toucher au but…
Soudain je l’aperçois, il est là devant mes yeux,
Il est là devant moi, ce palais merveilleux.
Que c’est beau, que c’est beau, j’entre en un paradis ;
Alors ! C’est là qu’elle est cette garce de vie.
Pendant neuf mois entre elle et moi, ce sera le nirvana.
J’suis l’vainqueur de trois millions,
Je sors du néant, j’ai un nom !
Neuf mois sans froidure, ni chaleur,
Pendant que les autres vainqueurs, ceux qui sont déjà dehors,
M’attendent pour se battre, voir qui sera le plus fort.
Pendant 70 ans, la bagarre recommence,
C’est la vie, c’est la vie, c’est la vie…

Paroles et musique de, Ricet Barrier. 1999.

Dans les rivalités entre gamins, il n’y a pas le souci d’éliminer l’autre : on est le meilleur, on veut avoir un bon point, une médaille, mais ce n’est pas la guerre. Et le summum de la compétition, c’est bien la guerre économique qui touche le monde entier
Par ailleurs, depuis longtemps l’esprit de compétition a amené la consommation de produits, de drogues, même parfois tout simplement pour dépasser ses propres performances….
Donc, nous voyons différentes dimensions dans cette idée de compétition, jusqu’à la compétition avec nous-mêmes.

Toute personne est déterminée à désirer quelque chose, c’est l’essence même de l’homme, c’est ce que nous dit Spinoza : « Le désir est l’essence même de l’homme en tant qu’on le conçoit comme déterminé », un être qui ne désire pas, est mort.

Si vous faites une simple activité physique en groupe, il y en aura toujours un qui va entrer en compétition, vouloir se montrer, être le meilleur, être à la première place, la compétition peut être fanfaronnade.

Là où la compétition s’installe de plus en plus, c’est dans la sport, du sport business, au sport spectacle, et quand on demande à des jeunes garçons ce qu’ils veulent faire plus tard, c’est, footballeur, pas chercheur, c’est dommage !

Néanmoins j’adore un sport comme le vélo, je regarde le Tour de France avec plaisir, même si je sais qu’ils sont « shootés », en revanche, j’ai horreur de la boxe, j’ai du mal à voir deux hommes se frapper au visage. J’ai le sentiment que chez ceux qui regarde cela, c’est la brute qui réclame sa part de bestialité.

Pour qu’il y ait compétition, la plupart du temps il faut qu’il y ait un gain, « une carotte ». Ce qui pose la grande question philosophique : Est-ce que c’est la carotte qui fait avancer l’âne, ou est-ce l’âne qui fait avancer la carotte ?

Je reste persuadée que la compétition a, malgré tout, des aspects positifs. Sans la compétition est-ce que la société aurait évolué, progressé comme elle l’a fait, et aussi vite ? Le « ça ma suffit » nous aurait enfermés dans un monde du passé ; je vois le verre à moitié plein.

Livres cités

Jean Baudrillard – La Société de consommation, ses mythes, ses structures. Denoël. 1970(Disponible à la médiathèque de Chevilly-Larue)

La brûlure interne. Herbert J. Freudenberger. Editions Gaétan Morin. 1977

L’origine des espèces. Charles Darwin. 1859
(Disponible à la médiathèque de Chevilly-Larue)

Pourquoi j’ai mangé mon père. Roy Lewis. Pocket. 1960
(Disponible à la médiathèque de Chevilly-Larue)

Magazine

Numéro Hors série de philosophie magazine.
Spinoza, voir le monde autrement. Avril 2016

Film

Sacrée croissance ! De Marie-Monique Robin. 2014

                                                                       (FIN DU THEME)
 
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

Publié dans culturels

Commenter cet article