Regards philosophiques (274)

Publié le par G. L. / J. C.

« Le destin des hommes dépend-t-il
de la volonté des hommes ? »
 
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Débat :

  Alors! Qu’est-ce qui dépend de la volonté des hommes ? Que les individus aient des volontés, c’est d’accord, mais ce n’est pas si simple de définir ce qu’est une volonté collective ; ça ne peut pas être la somme des volontés individuelles, et ce n’est pas sûr que le vote représente la volonté collective.

Ensuite bien sûr, que les décisions qui se prennent vont influer sur l’avenir, mais on sait aussi que les sociétés passent par diverses phases. Comme tout corps vivant, les sociétés évoluent sans être beaucoup maîtrisées par les hommes ! Et cela nous questionne : ainsi, les Egyptiens qui avaient une société, une civilisation merveilleuse, à un moment donné elle s’est éteinte, et ils n’avaient sûrement pas envie qu’elle s’effondre.

Donc, je me fais l’avocat du diable : peut-on dire que dans une moyenne durée on peut agir sur la société. Les sociétés, les civilisations, naissent et meurent à leur corps défendant, et ceci sans l’expression d’aucune volonté humaine. Cela peut être le fait du hasard, d’un événement qui va déterminer tout un cycle, tout l’avenir.

Il y a des gens qui s’intéressent aux décisions collectives, qui préconisent qu’on change la Constitution pour que les décisions ne soient plus prises qu’en haut, qu’il y ait plus de participation du peuple pour ses choix d’avenir. Même en démocratie on a besoin de tous les acteurs pour faire vivre la démocratie, et également pour défendre les droits de l’homme, lesquels n’ont pas cours dans de nombreux pays, la démocratie, les droits de l’homme, ce n’est pas pour eux

On n’ira pas faire ce café-philo dans un des émirats du golfe, parce qu’on nous renverrait vite chez nous, ou alors on risquerait les coups de fouet. Pour que simplement soit évoquée la volonté des hommes, il faut au minimum qu’on soit en démocratie, ensuite faut-il que la volonté du peuple soit respectée, (c’est là un vaste sujet).
Et puis, le destin, l’avenir d’un peuple, d’une nation est aussi le prolongement d’une histoire que d’autres ont écrit avant nous ; et, en reniant ce passé on brouille le sens de l’histoire, le sens de l’avenir possible. C’est ainsi, qu’après qu’une certaine bourgeoisie « bobo » française nous ait interdit au nom d’une Bien-pensance de faire référence au drapeau tricolore et à la Marseillaise, les Français bouleversés par les tristes événements du 13 novembre, éprouvent le besoin de se sentir ensemble, de faire corps, et là, ils se rappellent tout le patrimoine, les symboles qui les unissent, qui les soudent en un peuple dans sa diversité. Ils se rappellent qu’on ne peut affronter un avenir collectif que si l’on est un groupe cohérent, une communauté de pensée, pas que des individus, pas que des communautés vivant séparément.
« Nous sommes une seule et même nation » dit Le Président de la République, François Hollande, lors de son hommage aux victime aux Invalides, le 27 novembre 2015 Autrement dit, si l’on reste dans l’individualisme, alors agir ensemble ne peut se faire, et là, l’avenir est encore plus incertain, et là, nous laissons le soin à ceux qui possèdent les moyens de communication, de nous dire comment nous devons penser notre avenir« L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, c’est ce que nous allons en faire » (Bachelard)

On peut très bien parler de nation sans être nationaliste, ce sont deux choses très différentes. Derrière tout cela : drapeau, discours, cérémonies, il y a aussi le désir de se retrouver, c’est cette volonté collective qu’on vient d’évoquer. Une société c’est un collectif, les volontés individuelles ne changent pas grand-chose, c’est pourquoi on lie, collectif et solidarité. Mais cette solidarité pour influer sur la société, il faut qu’elle soit active, car pour beaucoup de gens qui sont solidaires.., solidaires de.., et on en reste au principe.
Pour revenir au destin des nations, des civilisations, Paul Valéry écrit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles »
Il y a des sociétés qui ont disparu lors d’une grande catastrophe, d’un cataclysme, certains parleront de destin. Pour d’autres c’est moins simple, comme pour la civilisation égyptienne au bout de 3500 ans. Les Romains, c’est différent, là, le monothéisme arrive et mène une lutte effroyable. Les civilisations meurent dans des luttes d’influence, pas de mort naturelle.
Depuis l’australopithèque et puis Homo sapiens, les hommes se sont toujours fait concurrence, est là, c’est la volonté des hommes.

Dans une société amérindienne, un proverbe dit : « Quand les hommes auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, péché le dernier poisson. Alors on s’apercevra que l’argent ne se mange pas ». Ce serait bien qu’on envisage l’avenir à partir de ça.

 

                                                                  (A SUIVRE)

 
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

Publié dans culturels

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