Regards philosophiques (276)

Publié le par G_L. P. / J. C.

« Le destin des hommes dépend-t-il
de la volonté des hommes ? »
 
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Débat :

Je pense que l’avenir d’une société est toujours constructible, à imaginer ensemble, puis en se concertant sur ce avec quoi on est d’accord, sur ce qu’on veut défendre, puis la politique doit intervenir. Dans un monde apaisé il est indispensable que chacun accepte les différences, les métissages de coutumes, de religion, c’est ce que nous nommons tolérance, mais les usages qui ne respectent pas les droits de l’homme en général, de la femme en particulier. Des attitudes sectaires, sont un frein au développement, au progrès d’une société.

Aung San Suu Kyi a gagné finalement les élections par sa volonté, oui, bien sûr ! Mais elle gagné aussi avec la volonté d’un peuple qui l’a soutenue, elle a été un guide…

Les événements actuels posent parfois la question de : peut-on s’arroger le droit de décider de l’avenir pour certains peuples ? En regard de nos valeurs, peut-on vouloir leur imposer notre modèle de démocratie, s’ils n’en veulent pas ? Ou faut-il laisser totalement aux peuples le soin de se défaire de leurs dictateurs ? Ou, faut-il au nom de nos valeurs occidentales user du droit d’ingérence ?

Quand on regarde une société, une nation, qu’on tente d’imaginer son avenir, on en revient à cette même question : qui fait l’histoire, Sauf quand un grand leader émerge dans un pays, et là je pense à de Gaulle, à Mao Zedong, etc, sans le peuple rien ne se serait fait. Je pense qu’entre le leader et le peuple il y a osmose, et que les grands héros de l’Histoire font déjà partie du peuple. Mao Zedong n’a pas fait la grande marche tout seul.
Un peuple c’est un groupe d’hommes en action.
Et je reviens sur le droit, sous prétexte de démocratie, d’intervenir chez d’autres peuples ; là, se pose aussi la question de savoir qui décide de ces interventions ?

On construit l’avenir avec la volonté d’action avons-nous dit, soit ! Mais il peut y avoir volonté dans l’acte de refus, cela n’est pas sans avoir d’influence sur le cours des événements, sur les choix de société.

C’est grâce à cette volonté de refus que nous n’avons pas accepté dans notre pays, la culture du maïs OGM, même s’il a fallu combattre dur pour cela ; de même nous avons refusé et obtenu qu’on n’exploite pas les gaz de schiste sur notre territoire.
Mais nous n’avons pas toujours la possibilité d’action, ainsi, nous sommes moins tranquilles quant à la possible arrivée de poulets javel, de bœuf aux hormones, etc.
C’est là un exemple où les peuples sont écartés des négociations sur un marché d’échange, (Marché transatlantique, le Tafta). Là, ils n’ont plus prise sur le destin.
Mais, dans certains cas, force est de reconnaître que si les gens ne s’intéressent pas à leur devenir, que si les média sont plus que silencieux sur le sujet, les choix d’avenir se feront néanmoins, sous leur nez et sans eux.
Heureusement que nous avons des lanceurs d’alerte, qui disent : attention, regardez un peu de ce côté-là ! C’est souvent eux qui nous ont mis en action pour dire ce qu’on ne voulait pas, ce qu’on a jugé comme dangereux pour l’avenir de notre société.
Et enfin, vieux cas de conscience chez les peuples : faire la guerre, ne pas faire la guerre ? Ce qui engage l’avenir. Il est des situations où le choix ne nous appartient plus ; exemple, en 1938, Hitler avait envahi la Pologne, il avait annexé l’Autriche, etc ; (l’Anschluss), et en France on entendait encore : il faut négocier ! Oui, oui, il faut négocier !
Il est des engagements, quels qu’ils soient, devant lesquels on ne peut se défiler, même s’ils engagent plus que nous-mêmes, qu’ils engagent les générations à venir.

Quand on parle d’avenir, on pense progrès inévitablement, mais quel progrès ? Est-ce qu’on poursuit tous les mêmes buts. Il y a le progrès humaniste, on veut sauver les opprimés, sauver la planète, que chacun ait le meilleur niveau de vie, etc. Et puis il y a une société pour qui le progrès est essentiellement d’ordre économique, visant d’abord un taux de croissance. Deux visions d’avenir qui peuvent ne pas s’accorder.

Des éléments que nous ne contrôlons pas comme la raréfaction du pétrole peuvent décider de l’Histoire plus que nos propres volontés, et même dans l’affaire la Nature a son mot à dire…

Nous avons évoqué les volontés d’interventionnistes, au nom de l’humanisme, et interventionnisme militaire. Ce second mode d’intervention chez d’autres peuples ne serait-il pas une nouvelle forme de colonialisme ? Chaque fois qu’on impose quelque chose par les armes, au final, c’est l’échec, ce qui n’empêche pas d’agir diplomatiquement.

Nous avons souvent le sentiment que le pouvoir des choix d’avenir du peuple s’est évanoui, on ne sait où et comment. Cela ne veut pas dire pour autant, que tous laissent les choses aller au gré du hasard ; il existe réunis dans des cercles des groupes d’individus, qui sont très actifs pour veiller à ce que l’avenir leur convienne.

Il s’agit des très nombreuses et discrètes tout à la fois, « think tanks » (En français, laboratoires d’idées). Des organisations, des officines regroupant divers intérêts, des lieux où se retrouvent tous ceux qui fréquentent les « allées du pouvoir » : hommes politiques, de droite, ou de gauche, des financiers, des grands patrons, et un certain nombre de journalistes. On retrouve, parfois, oh surprise, dans ces mêmes réunions des gens qu’on n’imaginerait jamais voir ensemble dans ces lieux.

Ces cercles réunissent des personnes ayant des connaissances, des avis sur des sujets spécifiques, et de là, ils fournissent des notes d’information aux hommes politiques.
Serait-ce là en toute discrétion, à l’abri de l’œil des caméras, des micros, que se déciderait le destin de notre société ? Cela en toute discrétion, car je ne pense pas que quiconque ait pu voir sur une chaîne de télé un reportage où l’on s’intéresse à ceux parfois appelés « les décideurs de l’ombre » ?

Sur les centaines voire les milliers qui existent de par le monde, là où se définissent des orientations politiques, nous trouvons pour les plus connues : aux Etats-Unis : The Manhattan Institue – Heritage fondation – Cato Institue. En Angleterre, la plus connue est Adam Smith Institute, et en France : l’Institut Montaigne – Le siècle – Terra nova (proche de notre gouvernement actuel), la liste serait trop longue…

Ces « think tanks » sont parfois dénoncées comme une structure de gouvernance se substituant peu à peu à la démocratie.

                                                                   (FIN DE THEME)

 
 
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements

Publié dans culturels

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