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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 08:09

 

 

Article précédent : Regards philosophiques (58)

 

 Thème :

« Faut-il continuer d’enseigner les classiques à l’école? »

 

Débat à la suite de la projection du film : « Nous, princesses de Clèves »

 

 

4

 

  (Suite du débat)

 

   

Nous voyons avec ce film que des élèves trop immergés dans une œuvre classique baignent dans le merveilleux, dans le romantisme. Mais après, ça s’arrête, il faut revenir à la réalité, c’est brutal, c’est la douche écossaise. C’est une échappatoire à la réalité qui n’est pas sans risques.

   

Madame de Clèves découvre que l’amour n’est pas qu’aimer un monsieur aimable, bien fait, mais que cet amour l’entraîne à une passion, une passion qu’elle n’arrive plus à contrôler, à maîtriser, et finalement, face à cela, elle a peur. Elle découvre le danger de l’amour.

   

Quand les jeunes rencontrent l’inhabituel, ils ont un autre comportement, ils écoutent, ils intériorisent leurs propres valeurs, et ça, pour eux, c’est du nouveau, ça leur permet de se situer dans la société.

   

Dans les difficultés que rencontrent les enseignants, il faut gérer les cancres. J’ai fait partie de la « cancritude » ! Je pense que les classiques ne s’enseignent pas, ils se goûtent. En bon cancre, j’ai refusé les lectures imposées, comme « Le rouge et le noir », et en même temps, je dévorais les livres de la bibliothèque. C’est insupportable d’avoir à lire et décortiquer un livre, avec : axe un, axe deux… ; il y a de quoi vous dégoûter. L’école nous dit : «Travaille ! », mais on ne nous donne pas toujours les outils. L’école n’a pas toujours la bonne ouverture. L’école d’aujourd’hui devrait être plus pluriculturelle ; les ancêtres, les références sont les mêmes pour tous.

   

Récemment, les médias ont relayé la polémique entre les enseignants et le premier magistrat de ce pays, lequel avait fait en février 2006, à Lyon, une déclaration mal ressentie: (Source : Rue 89, journal en  ligne) : « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur “La Princesse de Clèves”. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de “La Princesse de Clèves”… Imaginez un peu le spectacle ! ». Ces propos ont choqué, des journaux ont titré le Président de la République « karchérise » la princesse de Clèves. Nous sommes fort heureusement dans un pays encore très attaché à sa culture. Concernant la polémique, on voit que la parole, les mots ont une autre portée suivant d’où l’on parle.

   

Ce film, avec tout le travail de l’enseignante et des élèves, est un formidable pied de nez aux propos du Président de la République concernant cette œuvre, propos qu’on peut entendre comme : « C’est à mettre au panier !» Et là, c’est une grande satisfaction de voir comment ces jeunes gens réagissent face à cette œuvre. C’est d’autant plus intéressant que l’œuvre semble difficile. Se mettre à la place d’un personnage est une expérience qui peut, pour les jeunes filles,  se révéler libératrice. Elles font un rapprochement avec leur vie, elles initient une réflexion qui peut les mener à l’émancipation.

L’étude des œuvres classiques apportent des transformations profondes chez les individus. C’est un parti pris très intéressant. Je prends un exemple que je connais bien : au Venezuela, on a décidé d’enseigner la musique classique à des enfants des quartiers pauvres ; ils la découvrent, ils font leur miel de ce qui est leur culture, même si certains disent que c’est inutile, qu’on ferait mieux de leur apprendre la salsa, le tango.

   

Dans ce film, on pouvait s’attendre à ce que les jeunes gens utilisent un langage « jeune » spécifique, une langue parlée dans l’œuvre. Ils sont en résonnance  avec les personnages. Ce texte fait  partie de notre héritage, le leur.

 

 

    

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 08:14

Article précédent : Regards philosophiques (57)

 

 Thème :

« Faut-il continuer d’enseigner les classiques à l’école? »

 

Débat à la suite de la projection du film : « Nous, princesses de Clèves »

 

 

3

 

   

Pour arriver à cette performance d’intéresser à ce point des élèves à une œuvre classique, il faut un professeur de lettres qui ait une vraie formation, pas celle de Monsieur Mérieux de l’IUFM de Lyon. Nous aurons toujours grand besoin de former des générations qui aillent vers la lecture.

   

Nous voyons avec ce film comment le travail sur ce texte de la princesse de Clèves amène les élèves à se poser des questions sur leur vie. Ça permet aussi de poser la question : Qu’est-ce qu’un texte classique ? Est-ce obligatoirement une œuvre française ? Il existe des grands textes dans d’autres pays d’autres cultures, cela permet encore plus d’ouvertures.

   

Le professeur dans ce film n’a pas choisi par hasard cette œuvre de la princesse de Clèves. C’est le premier roman d’analyse, c’est la première foi dans la littérature qu’on fait une analyse des sentiments intérieurs. Il est évident que pour ces jeunes gens, c’est apprendre à se poser des questions. Il est certain que cette oeuvre peut parfois poser problème avec le dogme qui prévaut à la maison. Après cela, commencent les questionnements ; après  cela, on fera des choix.

   

Dans l’émission sur France Inter d’Isabelle Giordano un étudiant disait : « Dans ses œuvres, on se projette, on devient soi-même un héros, c’est une littérature qui apporte de l’espoir, de l’optimisme qui nous fait oublier les aspects peu agréables de notre société, de la réalité. ». Un autre disait que lorsqu’il a découvert Montaigne, il s’est dit : « Mais oui, c’est, c’est exactement comme je pense, c’est incroyable !, et cela a des siècles ! » « Cela apporte une maturité », nous disait un autre intervenant, « cela aide à se construire. Les profs m’ont fait connaître des choses que je n’aurais jamais découvertes seul. ».
Une belle réflexion m’est restée présente : «  Tout le monde a droit à la beauté. » J’ajouterai que pour transmettre la passion des beaux textes, il faut déjà avoir cette passion. L’ennui est souvent prégnant chez les ados. Qu’on les emmène dans d’autres mondes, ils adorent, ils aiment être dépaysés
(comme avec Harry Potter, par exemple), et  découvrir ce personnage fou et romanesque à la fois de Don Quichotte est un moment de bonheur. Ce monde, dont celui du travail est de plus en plus exigeant, j’ai pu constater qu’un bagage culturel, même léger bagage, peut être un plus, dans la sélection de candidats. Il n’y a pas de place dans le monde si l’on n’a pas les mots et tout leur champ sémantique, tous ces sésames culturels pour communiquer d’égal à égal avec tous. La culture ou des aspects de la culture, réservés à des catégories créent des ghettos culturels ; cela revient  à créer des codes entre certains individus, et donc, ceux qui ne détiennent pas ces codes, seront, et resteront, des exclus.  A défaut de mots, si on ne peut pas montrer, on ne peut pas prouver qui l’on est ; on risque fort un jour où l’autre de se trouver en infériorité : « Tous les moyens de l’esprit sont enfermés dans le langage », disait Alain.

 

 

  

 

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 08:15

 

Article précédent : Regards philosophiques (56)

 

 Thème :

« Faut-il continuer d’enseigner les classiques à l’école? »

 

Débat à la suite de la projection du film : « Nous, princesses de Clèves »

 

 

2

   

Pour moi, les classiques, c’est l’histoire de la nature humaine qui est écrite avec des mots choisis, c’est une morale héroïque. Lire du classique, c’est vouloir sortir de soi, ouvrir une fenêtre et rencontrer autre chose, et peut-être même se rencontrer avec soi-même. Parce que, comme on l’a vu dans le film, ça amène au questionnement. Il y avait des réponses que trouvaient les jeunes, des réponses réfléchies, puis il y avait des réponses toute faites, celles des parents.

   

Lire les classiques, c’est aussi réfléchir à notre histoire  Les classiques à l’école, c’est beaucoup la littérature française. Pour réaliser ce travail, il fallait un (une) professeur absolument convaincu(e) ; le résultat est probant.

   

Cela illustre bien comment ces jeunes gens assimilent cette histoire de France. L’une des élèves, qui paraît d’origine africaine, dit « mes ancêtres » ; sa sœur lui dit : « Ce ne sont pas tes ancêtres » ; « C’est ma culture ! », lui répond-t-elle. Elle nous dit, nous rappelle qu’il faut une base, des références culturelles pour se construire.

   

Souvent des personnes d’origine étrangère, je pense particulièrement à nos amis africains de langue française, connaissent mieux notre langue, nos classiques, ont un profond respect pour tout ce qui est de notre culture.

   

L’interrogation sur ce sujet me paraît intéressante dans la mesure où les classiques ça paraît figé. On voit dans ce film que la découverte de cette œuvre classique amène à une réflexion, voire même des réflexions qu’on n’attendait pas de ces jeunes gens.

   

Je pense que la culture est un tout et qu’on n’a jamais fini de l’approfondir. On ne peut pas l’amputer d’une partie de ce qui la fonde. Comment pourrait-on décider d’amputer la culture ? Supprimer les classiques, sous prétexte que cela ne serait pas adapté à tous, au nom de différences d’appartenance sociale, n’est pas acceptable. Donc, il me paraît important de toujours continuer d’enseigner les classiques à l’école. C’est une culture basée en partie sur l’histoire et où l’on a besoin de connaître ces références pour se construire. On ne réinvente pas tout à chaque génération ; on doit s’appuyer sur des apports « classiques »qui viennent de nos prédécesseurs.  Sans cela, on ne pourrait pas évoluer, ou alors que de façon anarchique. Tout ce qu’on enseigne à l’école est essentiel : on ne pose pas la question pour d’autres matières (Doit-on enseigner les Mathématiques? ou la Musique ?). C’est cette pluridisciplinarité  qui amène à l’éveil, à l’ouverture d’esprit, qui permet de s’ouvrir et de s’intéresser ultérieurement à plein d’autres choses. Dans un programme scolaire bien établi, et pour tous, on a une garantie d’étude, d’entente mutuelle, de conscience collective.

   

Ce qui a donné l’idée de ce débat, c’est une émission sur France Inter : « Service public » d’Isabelle Giordano. Dans cette émission, quelqu’un posait cette question intéressante : « Quelles sont les 30 œuvres classiques qu’on devrait absolument avoir lues ? » Chacun de nous peut se livrer à l’exercice de la sélection. On a vu dans ce film des acteurs en puissance et comment ils vivent ce qu’ils disent ; ils arrivent à apprendre des textes par cœur, avec toutes les intonations, respectant chaque ponctuation ; c’est un moment de bonheur. On sent que le travail sur ce texte les amène à une réflexion  pour les aider à sortir de ce qu’ils peuvent ressentir comme un carcan, surtout pour les jeunes filles qui parlent de « la police familiale » ; c’est alors comme une évasion. Il y a là en parallèle avec l’œuvre, la tradition dans les familles qui est l’équivalent de la vertu pour la princesse de Clèves, et il y a là la vie qui s’ouvre devant eux, la vie avec ses promesses, la vie qu’elles voudraient vivre.

   

J’ai entendu dans ce débat : « Pourriez-vous sélectionner un nombre d’œuvres littéraires, classiques qu’il faudrait connaître ? ». Je pense qu’il suffit d’un seul texte quand celui-ci réussit à toucher les élèves. Dans toute ma carrière à enseigner les lettres, mon but était celui-là : faire toucher du doigt, amener à la question : « Qu’est-ce que l’art ? », « Qu’est-ce que c’est un  chef-d’œuvre ? » ou « Qu’est-ce que littérature ? ». Si un jour vous avez trouvé ça, alors, tout seul, vous allez à la recherche des autres chefs-d’œuvre.

 

 

 

 

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

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en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 08:15

 

Article précédent : Regards philosophiques (55)

 

 Thème :

« Faut-il continuer d’enseigner les classiques à l’école? »

Débat à la suite de la projection du film : « Nous, princesses de Clèves »

 

 

Lafayette

Madame de Lafayette. Estampe, Bibliothèque nationale de France

 

1

 


Introduction :

 Après cette projection du film : « Nous, princesses de Clèves », nous allons entamer un débat qui n’est pas sans rappeler celui du café-philo de l’an passé après la projection du film : « Le hérisson » et dont le thème était : « Culture pour tous au-delà des apparences ». En effet, autour de culture, on ne peut pas s’empêcher de se poser la question, oui, mais pour quel public ? Et se demander comment faire pour qu’un public toujours plus important et plus ouvert accède à toujours plus de culture, et qu’elle devienne la chose au monde la mieux partagée. Car il nous importe qu’elle soit toujours de plus en plus partagée quelle que soit l’époque, le lieu, ou l’âge de la vie.

Et maintenant, il nous faut répondre à cette question :

« Faut-il continuer d’enseigner les classiques à l’école ? »

 

Débat :

   

Je pense que ce film pose clairement une question évidente : Est-ce qu’à l’école on y est pour passer son bac ? Ou est-ce qu’on est là pour acquérir une culture ? C’est une question qui a deux réponses. On est là pour passer son bac, bien sûr ! C’est l’instrument nécessaire. Mais on est là aussi parce qu’on va acquérir quelque chose qui en dehors de n’importe quel examen vous restera pour toute la vie. Les gamins que vous avez entendu tout à l’heure, ont montré qu’ils ont apprécié l’œuvre de « La princesse de Clèves » et qu’ils se sont posé des questions, des tas de questions sur leur propre vie. Ils ont appris à réfléchir en situation.

   

Qu’appelle-t-on un classique ? Dans son origine latine, l’adjectif « classique » évoque « ce qui est excellent dans sa classe ». Un ouvrage ancien (d’Aulu-Gelle) parle, « d’écrivain classique » par opposition à « écrivain prolétaire » ; il poursuit : « Est considéré comme classique un ouvrage ou un auteur dont l’œuvre appartient à une culture supérieure ». Déjà on voyait cette idée de culture supérieure ; on va y revenir.  Une œuvre classique est ce qui est considéré comme digne, apte, nous dit-on, à former les esprits, et donc choisie en cela pour figurer au programme de l’enseignement des lettres. C’est l’ouvrage d’un auteur célèbre qui va rester une des références de son époque, un des sommets artistiques dans son art, en l’occurrence, la littérature. C’est, dit-on, un texte de toujours, un texte  intemporel. Les œuvres classiques  sont sorties de ce clivage des « Anciens contre les Modernes», puisque les œuvres romantiques font maintenant partie de nos classiques. Une œuvre classique est une œuvre qui, quels que soient le lecteur et l’époque, soulèvera toujours la même émotion, le même enthousiasme. C’est en cela un lien intergénérationnel, lien entre un auteur souvent depuis longtemps disparu et celui ou celle qui le découvre.  C’est un lien qui se crée avec celui qui nous fait découvrir l’œuvre, avec celui qui joue ce rôle de passeur de l’essentiel de notre culture. Les classiques ne sont pas que des textes anciens et rébarbatifs, car parfois ces textes anciens gardent une étonnante modernité.

Plus près de nous que la querelle des anciens et des modernes, nous avons eu, il y a peu, la déclaration d’un ex-professeur d’IUFM  de Lyon, Philippe Mérieux, déclaration dans le droit fil de certaines politique  ultralibérales, quand ce n’est pas d’extrême-droite ; je vais m’en expliquer. Son propos, qui différenciait les aptitudes des élèves de milieux modestes de ceux de milieux plus aisés, était : « Les enfants des classes populaires peuvent très bien apprendre le Français dans des notices d’utilisation » (Source : Chrétienté info, journal en ligne). Pour ce monsieur, les enfants des catégories dites « populaires » étaient inaptes à accéder à certaines études, à certaines connaissances. Dans cette ligne de massification de la société, il suffisait qu’ils apprennent à lire, à écrire, à compter, pour devenir de bons petits soldats de la consommation. En principe, cette orientation,  nous dit Hannah Arendt, c’est aller vers une « macdonaldisation de la pensée ». Trop les éduquer pourrait, c’est vrai, leur inculquer l’esprit critique. Quand je dis que ces méthodes sont proches de l’extrême-droite et que c’est une vieille lubie de la droite réactionnaire,  je fais référence à ce général du dictateur Franco, Millan Astray, qui développait ces attaques contre la culture et ses dangers,  qui déclarait la guerre à l’intelligence avec ce slogan : « A bas l’intelligence ! ». Franco fustigeait les intellectuels, qu’il nommait « les enfants de Molière ». Je précise toutefois que la défense de la culture, comme la défense des classiques, peut transcender les opinions politiques, qu’il y a des gens qu’on classe à droite et qui sont d’ardents défenseurs de la culture pour tous.

Alors, sans exclure des œuvres plus modernes,  qu’est-ce que cela peut apporter de connaître, d’étudier les textes classiques ?

 

 

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

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Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 08:12

 

Article précédent : Nouvelle : Un amour… sans bornes (6)

 

« Case départ »

                     Comme dans un bon jeu de société où l’on jette les dés, le film « Case départ », actuellement sur les écrans de cinéma, nous fait faire un retour vers la case départ… traduction :   le passé. Le mot « case » du titre peut aussi nous ramener au souvenir de « la case de l’oncle Tom » qu’on a tous lue dans notre enfance.

Les acteurs principaux sont Thomas N’Gijol et Fabrice Eboué, deux « produits » du Jamel Comedy Club, en l’occurrence des comiques. Ce passé, qu’on évoque, c’est celui de l’esclavagisme, de l’asservissement de l’homme, des travaux de récolte dans les champs antillais de canne à sucre, des colons blancs présomptueux et méprisants envers les indigènes, avec maints préjugés raciaux autour de la traite des noirs.

Le scénario est singulier et tentant : deux frères de couleur, l’un conseiller municipal avec vie, semble t-il, accomplie, l’autre vivant de rapine et de système D, se retrouvent, par la faute d’un mauvais sort jeté par une vieille femme, dans une période pas très fameuse de notre Histoire. On pense bien-sur aux « visiteurs » avec Clavier et Réno… Parfois on rit de bon cœur, parfois on rit jaune aussi. La scène du marquage au fer rouge de l’esclave rebelle est notable, de même que celle où les noirs décident de se révolter.

                     Je recommande cette pellicule. L’humour, présent et bien porté par les comédiens, nous permet d’approcher cette période glauque et honteuse de notre civilisation.

 

Case-Depart.jpg

 


Par M. G. - Publié dans : culturels
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