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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 08:05

 

 

 

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Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

6

 

Ainsi quelques jours après cette décision qui prenait, il faut le reconnaître, dans ce contexte une signification inhabituelle, extraordinaire, inimaginable, le faire-part traditionnel, rédigé avec beaucoup de passion, pas mal de recherche et de créativité, en précisa la date aux deux familles, aux amis proches.

 

La maladie, toujours présente, toujours plus tenace, ne pouvait qu’inciter les deux futurs époux à agir maintenant  au plus vite. Inconsciemment, espéraient-ils que les souffrances, avec cette perspective en tête et à atteindre, se feraient quelque peu oubliées ?

 

Mais non ! Malgré les préparatifs en vue de ce grand jour, il fallait vivre, au jour le jour, en luttant communément pour garder un minimum de confort, de dignité, d’espérance… Et, incroyable mais vrai, Odilon et Flora y parvenaient. L’un et l’autre ! Tous les deux, ils sidéraient, stupéfiaient leurs proches ! Comment, dès lors, ne pas prendre modèle, ne pas se montrer aussi fort, courageux, héroïque que les intéressés eux-mêmes ? Et face à l’attitude étonnante, remarquable, admirable, incomparable du malade et de sa compagne, qui pouvait se permettre un moment de faiblesse, d’abattement, de découragement et surtout  le leur montrer, leur laisser voir ?

 

Ainsi, le jour attendu approchait…à grands pas.

 

La future mariée avait déjà sa jolie robe. Le futur époux, lui aussi, pour ne pas être en reste, s’était fait coudre sur mesure un costume qu’il avait eut, au pied de son lit médicalisé, toutes les peines du monde à essayer. Quant au menu du mariage, il avait été commandé à un traiteur du quartier afin qu’il soit livré dans l’appartement.

 

Le mariage eut, en effet, lieu, comme convenu, dans la salle à manger du trois pièces. Il ne pouvait pas en être autrement vu l’état du futur marié !

 

Juste à l’heure prévue de la cérémonie, Odilon, au prix d’un effort surhumain et avec l’aide enthousiaste de sa future femme, réussit à se présenter, debout, devant tous les invités qui, émus comme jamais, les gorges nouées, attendaient, non sans appréhension, ce moment si particulier.

 

Sans tarder, l’élue, accompagnée de l’officier de l’état civil de la commune, maria, avec beaucoup de compréhension, d’humanité, de décence les jeunes gens. A cet instant précis, tout le monde fut frappé par l’immense joie qui rayonnait et se lisait sur leurs deux visages. Alors, immédiatement, fusèrent les félicitations et les embrassades suivirent !

 

Bientôt, aussi, tous les invités levèrent le verre en l’honneur des mariés. Puis le repas commença rapidement afin que le marié puisse y participer, y goûter un tant soit peu. Mais, bien que visiblement très heureux selon ses propres paroles, épuisé, il regagna assez vite, soutenu par sa femme et sa sœur, son lit. C’est là, qu’un peu plus tard, un verre de champagne à la main, il offrit, sous les yeux de tous les convives, tous ses inexprimables remerciements à Flora. Beaucoup ne purent contenir leurs larmes.

 

Dans la nuit, la nuit de noce, sa femme à ses côtés, main dans la main, il s’endormit à jamais, paisiblement, silencieusement, sereinement… dans une vraie félicité.

 

Non, jamais, au grand jamais, Flora n’avait imaginé, rêvé d’un tel mariage !

 


 


(FIN)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 08:13

 

 

 

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Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

5

 

Le séjour à l’hôpital d’Odilon se prolongea. Et pour cause ! Un cancer déjà en partie généralisé étant, finalement, la cause de tous les maux !

 

C’est, en premier, Flora qui l’apprit de la bouche du cancérologue. A vrai dire, sans en parler à quiconque, elle le craignait au vu de l’état de santé de son ami ; ses douleurs physiques devenant insupportables et difficiles à atténuer, encore moins à calmer même momentanément. Mais, dès le lendemain et avant qu’elle n’ait déterminé comment elle pourrait lui annoncer, devant l’insistance, fort compréhensible, avec laquelle Odilon désirait connaître la vérité, toute la vérité sur ce dont il souffrait, Flora, avec une force intérieure démesurée que lui insufflait sans nul doute l’amour, lui apprit, le plus naturellement du monde, la nature de son mal avec la belle et époustouflante franchise qui caractérise la totale harmonie de deux êtres, la parfaite concordance de deux cœurs, la grande sérénité d’un bonheur inaltérable quoiqu’il arrive. Dès lors, liés comme jamais par un pacte absolu, comme un embryon à sa mère par le cordon ombilical, le couple  décida de se battre, ensemble, pour la vie.

 

Et leur combat commun, effectivement, fut digne, exemplaire !

 

La première chimiothérapie terminée, ils regagnèrent leur appartement justement pour vivre pleinement à deux tout le temps qui s’offrait à eux.

 

Là, avec la même énergie qu’ils se transmettaient mutuellement, avec le même désir de profiter au maximum de tous ces vrais et merveilleux moments de répit, ils surprenaient leurs amis, leurs familles. Mus conjointement par une force irrésistible comme peut l’être celle d’un puissant tsunami, ils se mouvaient maintenant tant bien que mal dans leur nouveau monde. Un monde, par nécessité, uniquement axé autour de la maladie, des soins, des visites médicales ou paramédicales…

 

Mais, progressivement, irrémédiablement, de par l’évolution du mal, la réalité devenait plus lourde, plus pénible, plus angoissante, plus inquiétante…  

 

D’ailleurs, pour se consacrer complètement, jour et nuit, à son compagnon, Flora avait depuis quelque temps déjà décidé d’arrêter provisoirement ses dernières études et stages. Les priorités, toujours, s’imposent ! Nous n’y échappons pas !

 

Constatons, l’occasion nous en étant donnée, que même dans notre société qui développe surtout l’égoïsme des individus, l’altruisme, l’abnégation demeurent, pour certains, la ligne de conduite à suivre. N’est-ce pas tout simplement formidable ! Et quelle qu’en soit la motivation première !

 

Parfois, le quotidien se charge étrangement, par des aléas inattendus, de pimenter ou plus exactement d’alourdir les difficultés matérielles déjà existantes. Ainsi, lors d’un nouveau départ vers l’hôpital, c’est l’escalier très étroit que durent emprunter, non sans mal, les infirmiers avec Odilon sur un fauteuil, l’ascenseur étant toujours non réparé malgré plusieurs coups de téléphone passés la veille. Que faire dans ces cas là devant une inertie aussi révoltante ?

 

Heureusement, par sa force de caractère et sa pugnacité engendrées par une vitale confiance en l’avenir, Flora, chaque fois, dépassait allègrement les moindres péripéties comme elle franchissait résolument tous les obstacles et même les plus redoutables !

 

Dans ce contexte bien particulier, entre eux, germa tranquillement l’idée du mariage. Jusqu’alors, comme beaucoup, ils ne l’avaient que rarement évoquée. N’avaient-ils pas le temps, tout le temps d’officialiser leur union ? Ils la vivaient ! N’était-ce pas là le principal ? Sans aucun doute.

 

Qui avait remis la question à l’ordre du jour ? Qui en souhaitait une nouvelle approche ? Peut-être, tout simplement, était-ce le résultat de leur grande complicité, de leur tacite serment ? A vrai dire, l’essentiel n’était pas là ! Avec une belle et heureuse détermination, ils envisageaient, maintenant, et dans des circonstances peu communes, de se donner mutuellement la preuve d’amour la plus sincère, la plus emblématique qu’il soit aux yeux des intéressés comme à ceux d’autrui.

 

 


(A suivre)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 08:12

 

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QUASIMODO à GAVARNIE

Nous nous préparons pour aller, à Gavarnie, assister à la représentation de « Quasimodo », d’après Victor Hugo. La mise en scène est de Bruno Spiesser, d’Argelès-Gazost.

Après avoir consulté le site météo, nous obtenons le feu vert ; c’est important, vu que nous nous situerons, tout à l’heure, à 1350 mètres.  Nous prenons doudoune, K-way, chaussures adaptées à la marche,  vestes à capuches, lampes de poches, plaids, casse-croutes. 2 précautions valent mieux qu’une ! Nous nous garons au parking vers 19h30. Nous attaquons en suivant la petite randonnée pour rejoindre le plateau dit «  de la Courade », où aura lieu vers 21h la pièce. Mon fils,  Lucas, 12 ans,  traine un peu les pieds car il se demande où on l’emmène. Premières disputes. Nous évitons de marcher sur les crottes d’ânes ou chevaux, question pratique ! Sur les côtés, nous apercevons une trentaine de tentes posées pour les campeurs courageux. Je rentre dans une boulangerie prendre un demi pain supplémentaire pour le ptit déj’ de demain. Nous arrivons enfin, pédibus,  à destination. Passage obligé pour les tickets, puis, installation sur les chaises. Nous mangeons de façon gourmande, nos casse-croutes. Nos voisins de devant ont acheté leur repas sur place, mais, ce n’est pas si appétissant que ça, en apparence. L’un d’entre eux dit d’ailleurs :

-« demain, nous mangerons mieux. Ce soir, ne faisons pas la fine bouche ! ». Lucas boit un chocolat chaud, pris à la buvette. Nous, adultes,  n’avons pas droit au café car la buvette est maintenant débordée. Dommage, ça nous aurait réchauffés ! Face à nous, un grand décor d’échelles et de cordes pour représenter la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Des acteurs se chauffent en faisant des roulades pour s’entrainer.  21h10 : le spectacle commence, avec le dénommé « Gringoire » poète, et futur mari (pour de faux) d’Esméralda. Le son est bon. Mes voisins continuent à manger leur salade de riz, tout en se faisant passer la bouteille de rouge. Ça sent la vinaigrette. Bon appétit !  La genèse de Quasimodo, le monstre à la difformité diabolique,  est passée en revue. Nous avons droit à des numéros de trapèze remarquables. Des scènes de danse très énergiques sont interprétées sous nos yeux. Superbe ! C’est la Cour des Miracles et l’élection du roi des fous. Puis, c’est la venue du  beau Phébus dont la gitane s’éprend rapidement. A noter, pour la petite histoire,  que la chèvre est absente. Frollo le prêtre,  tient bien son rôle de méchant. Je suis étonné par la puissance vocale du roi des fous ainsi que de Gringoire, performance au grand air vivifiant montagnard.

Je ne raconterai pas tout car le mystère doit demeurer si vous allez les voir avant le 30 juillet.

Le retour : des flambeaux sont proposés à ceux qui veulent s’éclairer. Attention dans la pénombre à ne pas buter sur un caillou saillant. Ça ne manque pas tout au long du chemin. J’entends un bruit de bottes derrière moi avec des rires féminins, je ne m’inquiète pas outre mesure. Je suis bousculé tout à coup par…un cheval blanc qui dévale le chemin à toute vitesse sans cavalier ! Bizarre ! J’aurais pu me retrouver par terre. Je sors indemne de l’épisode équestre. Plus tard, pause urinaire nécessaire et enfin, retour vers Adé avec une route large et praticable. Fin du Quasimodo. Il se dit que l’an prochain, il pourrait y avoir un « Dracula ». A suivre !

 

QUASIMODO.jpg


Par M. G. - Publié dans : culturels
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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 08:11

 

 

 

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Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

4

 

Mais après quelques nouvelles semaines, l’état de santé d’Odilon ne s’était guère amélioré. Au contraire, il avait tendance, même si lui ne disait pas grand-chose, ne se plaignait pas, à se dégrader. Les douleurs devenaient de plus en plus gênantes, de plus en plus présentes. Cela commençait à se voir sur son visage. Et malgré les réitérations de Flora, il refusait d’aller consulter un médecin et retardait à s’y résoudre, comme, souvent, tout un chacun a tendance à le faire.

 

Mais au début d’un long week-end pour cause de jour férié, n’y tenant plus et épuisé après une nuit de fortes crises douloureuses de mal au dos, il décida de se rendre aux urgences de l’hôpital du quartier. C’est en effet d’un commun accord tacite, sans même se poser de questions, qu’ils choisirent cet hôpital de proximité puisque, les semaines précédentes, dans le cadre d’une mission professionnelle, Odilon y avait installé et mis au point un nouveau système informatique. A cette occasion il avait largement eu le temps de sympathiser avec les différents personnels de cet établissement, des brancardiers et ambulanciers aux médecins et chirurgiens sans oublier les infirmières qui sont, généralement, pour les malades hospitalisés, le rayon de soleil attendu.

 

Comme le hasard parfois fait souvent bien les choses, à peine avaient-ils franchi le seuil de la porte d’accès pour se diriger vers le bureau d’accueil qu’il croisa un des médecins qu’il connaissait. Odilon lui présenta immédiatement son amie Flora et lui expliqua les raisons de sa présence en ces lieux ce dimanche matin. Aussitôt, l’homme à la blouse blanche, le stéthoscope en bandoulière autour de son cou, l’invita à le suivre dans une des salles voisines en demandant à Flora d’entreprendre tranquillement les formalités administratives de toute inscription.

 

Après les contrôles routiniers auxquels aucun patient n’échappe, la prise de tension habituelle, une première mais scrupuleuse auscultation, le médecin-chirurgien, avant d’annoncer un diagnostic incertain ou approximatif, préféra l’envoyer, en suivant, passer une radiologie des poumons. La lecture de celle-ci ne lui donnant sûrement pas entière satisfaction et ayant à disposition, malgré le week-end, le personnel compétent et le matériel disponible, il lui fit subir, dans la foulée ajouterait un sportif comme Odilon, une imagerie par résonnance magnétique (IRM).

 

D’un certain côté, que c’est rassurant, dès son arrivée dans ces structures, d’être pris en charge par des personnels compétents ! D’ailleurs, dès lors qu’une personne est là, entre leurs mains, que faire sinon, naturellement, leur faire confiance, toute confiance ! Chacun son métier, n’est-ce pas ?

 

Maintenant, dans la chambre individuelle qui lui avait été attribué, allongé sur le lit, il commençait à s’interroger. Qu’est-ce que cela signifiait ? Pourquoi tous ces examens ? Fallait-il commencer à s’inquiéter ? Autant de questions qu’Odilon se posait intérieurement et posait, d’un regard inquisiteur, à Flora. N’était-elle pas, elle, en mesure, de par ses connaissances médicales, d’anticiper, de savoir, de dire ? Dans tous ces moments d’attente, de suppositions, de doute, c’est justement l’incertitude qui pèse, est insupportable. Qui n’a vécu de tels instants, de telles heures où tout s’entrechoque avec fulgurance, brutalité dans les têtes ? Le pire, bien sûr, est toujours envisagé, supposé ! Comment pourrait-il, à ce moment là, en être vraiment autrement ?

 

Enfin, après quelques longues heures de patience c’est-à-dire en fin d’après-midi, le médecin retrouva son nouveau patient. Malgré son sourire de convenue, il semblait bien songeur pour ne pas dire inquiet. Et avant même qu’il n’eut prononcé un seul mot, Flora, de par son habitude à côtoyer dans d’autres structures les différents acteurs hospitaliers, estima que la situation devait être assez grave. Bien sûr, avec tact, psychologie et l’emploi d’un vocabulaire approprié mais compréhensif par tout patient lambda, le docteur exprima son impossibilité de porter à ce stade un diagnostic définitif. A priori, une inflammation affectait ses poumons. S’agissait-il d’une maladie infectieuse comme une forme de tuberculose ou de tout autre chose ? Trop tôt pour l’affirmer ! Malgré quelques questions précises, les deux jeunes gens n’en surent pas davantage sinon qu’Odilon devrait rester en observation quelques jours à l’hôpital. Quelle douche froide ! Plus même, quel coup de massue ! Autant pour l’un que pour l’autre ! Et voilà, déjà, leur vie totalement bouleversée ! Et pour combien de temps ? Qui pourrait le dire ?

 

Heureusement, dans des circonstances particulières, certaines personnes, comme d’une façon innée, savent faire face avec le courage et l’ardent dynamisme qui, ni plus ni moins, s’imposent !

 

Sans trop tarder, et sans se laisser vraiment accabler par ce coup du sort, c’est Flora qui tout particulièrement prit des initiatives pour s’organiser pour la nuit et les jours à venir…    

 
 

 

(A suivre)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 08:10

 

 

 

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Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

3

 

Punaisé le soir même avec application sous le petit billet précédent, cette « lettre » réplique, comme il fallait s’y attendre, ne resta pas très longtemps à la vue des habitants pourtant concernés. Dès le lendemain matin, quand nos deux tourtereaux descendirent, ils constatèrent que les deux « papiers » avaient été, sans mot dire, plutôt arrachés que retirés puisque deux des coins du joli papier à lettre déchiré se trouvaient encore sous les punaises utilisées la veille au soir.

 

L’effet avait été immédiat : l’instigateur (ou l’instigatrice) de ce mouvement d’humeur n’avait, semble-t-il, nullement apprécié la réponse qui lui avait été faite et s’était empressé d’enlever toutes traces de cet échange pittoresque. Dommage se dirent aussitôt Flora et Odilon en se quittant sur le trottoir car ils auraient souhaité que tous les autres habitants puissent lire également leur prose. N’explicitait-elle pas sans circonvolutions le sens qu’ils donnaient à leur vie ? Oui, quel dommage !  

 

Mais ils oublièrent, l’un et l’autre, rapidement cette futile péripétie. Ne faut-il pas savoir n’attacher de l’importance qu’aux choses intéressantes, primordiales, essentielles ?

 

Par contre, de temps en temps, ils aimaient bien, l’un et l’autre, aller passer le week-end chez les parents de Flora qui habitaient un village au pied des Pyrénées. En effet, bien que natif de la région parisienne, Odilon avait de suite eu un coup de cœur aussi pour ce village typiquement pyrénéen au sein duquel, encore, en ce début de 21ème siècle, on pouvait constater que ses habitants privilégiaient nombre de valeurs humaines, et quoiqu’on en dise, toujours d’actualité, prisées : respect, solidarité, bon sens terrien, convivialité… D’ailleurs, ce sont ces mêmes valeurs qui animent les bénévoles et joueurs du club local de rugby et qui contribuent, dans la durée, à sa belle aventure sportive.  Mais est-ce pour cette fraternité villageoise ou bien, plus prosaïquement, pour le formidable accueil par « sa » nouvelle famille qu’il se faisait toujours un plaisir de se rapprocher des montagnes ? Qu’importe ! Ils revenaient régulièrement « au pays » ! Et outre la famille, ils y rencontraient chaque fois des anciennes copines de Flora qui, elles, n’avaient pas voulu quitter le pays et y vivaient, parfois, avec quelques difficultés. C’est que si toute la région attire, été comme hiver, de nombreux touristes, les débouchés professionnels pour les jeunes y restent assez limités et les emplois saisonniers n’apportent pas des revenus annuels. Lapalissade, certes mais qui, sur place, reste un handicap pour bon nombre d’autochtones.

 

Ainsi les mois, les années même défilaient car le temps, comme souvent, passait trop vite à leur goût. N’est-ce pas ainsi que des personnes, et plus qu’on ne suppose,  se retrouvent âgées, vieilles… avant que d’avoir vraiment vécu ?

 

Eux, sans surprendre leur monde, pour marquer le cinquième anniversaire de leur rencontre, décidèrent de franchir la Méditerranée pour visiter un pays du Maghreb et de découvrir les portes du désert, les premières dunes de sable. Ils entreprirent ce voyage, leur premier grand voyage commun, un peu avant l’été. Et ils en revinrent enchantés. Comment ne pas l’être par la beauté de tous ces paysages magnifiques, grandioses, inoubliables ? Comment ne pas l’être par le trouble que vous laissent le désert de sable chaud, les dunes qui s’étendent à perte de vue ? Comment ne pas l’être par les effets, les impressions que dégagent les symphonies de couleurs vives et pures ? Et que dire des gens ? Souvent très hospitaliers, surtout dans les « bleds ». Même si le tourisme, comme partout, a également, sur les populations, les enfants, son revers de médaille. Pour un réel dépaysement, cela en fut un ! Ce qu’ils cherchaient, justement !

 

A leur retour, ils accusaient un peu de fatigue. Surtout, lui… avec, en outre, quelques douleurs dans une jambe, le dos. Mais après ces deux semaines torrides, aux températures inhabituelles, suffocantes, il fallait laisser le temps au temps pour récupérer tranquillement de toutes ces saines fatigues d’autant que la reprise du travail avait été immédiate.

 

Mais un mois plus tard, Odilon se plaignait encore certains jours d’une fatigue chronique qu’il ressentait presque en permanence et dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Parfois, et sans avoir augmenté au quotidien son nombre de cigarettes, il était pris d’une toux profonde, sèche.

   

Pour autant, leur vie, leur « vrai vie », continuait, enrichie de tous ces derniers et merveilleux souvenirs qu’ils partageaient avec leurs amis, de belles et nombreuses photographies à l’appui.

 

 

 

(A suivre)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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