historiques


Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 08:12

    Article précédent : « Ni haine, ni oubli » (16)


Aujourd'hui, un témoignage... des conséquences de la guerre civile d'Espagne.

En hommage à une personne.

 

Hommage à un petit brin de femme, une belle brunette qui,  après l'emprisonnement de son époux, a suivi la horde d'espagnols devant la légion  franquiste pour fuir en France, pays qui, en 1939, fêtait son 150ième anniversaire de la révolution française.

Cette femme, meurtrie, épuisée avec 4 enfants accrochés à ses jupes, le dernier de 3 ans, et un léger baluchon sur son dos a atterri d'abord dans un camp de la honte,  à ARGELES S/MER, où certains réfugiés creusaient des trous dans le sable pour s'abriter du froid et du vent et qui en fait pour quelques uns, creusaient leur tombe.

 

Les navarrais, et les moros les avaient poursuivi jusqu'à la frontière pyrénéenne, dernier obstacle avant l'exil, laissant derrière eux les blindés de Mussolini, les avions d'Hitler et l'avide Staline.

La France et l'Angleterre avaient décidé la "non intervention".

 

Cette femme était la maman de CB. Le Bébé de 3 ans était CB…

Elle  retrouvera son mari à Lourdes… 15 ans plus tard ! Deux enfants viendront  alors, compléter la fratrie.

 Elle mourut en mettant le dernier au monde.

 La guerre, toujours la guerre et ses injustices !

 Quelle vie pour cette femme ! Quel bonheur a-r-elle connu dans sa vie ?

 

Et d’une façon plus large, quelles souffrances, physiques comme morales, endurent  tous les réfugiés !

 

Par A. B. - Publié dans : historiques
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 08:15
      

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Discours prononcé par André Malraux, le 19 décembre 1964, lors du transfert au Panthéon des cendres de Jean Moulin.


"Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique et les combats d’Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres. Entre avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle - nos frères dans l’ordre de la Nuit...

Commémorant l’anniversaire de la Libération de Paris, je disais : "Ecoute ce soir, jeunesse de mon pays, les cloches d’anniversaire qui sonneront comme celles d’il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi."

L’hommage d’aujourd’hui n’appelle que le chant qui va s’élever maintenant, ce Chant des Partisans que j’ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d’Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Ecoute aujourd’hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C’est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de Carnot, avec celles de Jaurès veillées par la Justice, qu’elles reposent avec leur long cortège d’ombres défigurées. Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France."


Par J. C. - Publié dans : historiques
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 08:08

 

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A Adé… pendant la guerre…

année 1944…

au cœur de l’été…

au début du mois d’août…

Sur la place, sous le hangar…

le dépiquage bat son plein…

Autour ou sur la batteuse…

des hommes s’activent…

chacun accomplissant sa « mission »…

Dans la poussière, tous transpirent…

 

Affolé, très essoufflé…

par une course effrénée…

un habitant vient les avertir…

qu’un haut gradé allemand…

en bas du village, après la chapelle…

vient d’être tué… abattu…

par un commando de maquisards…

tandis qu’il roulait en voiture…

entre Lourdes et Tarbes…

 

Qui ?

Qui sont ces résistants ?

D’où sont-ils ?

Continuer… comme si de rien n’était ?

Arrêter immédiatement ces travaux ?

C’est ce qui est décidé…

 

Vite, chacun abandonne la partie…

Certains partent à travers champs, prés…

en lisière du bois…

pour pouvoir observer de loin…

D’autres vont se cacher… ailleurs…

plus loin… y resteront plusieurs jours…

 

 

Dans la soirée…

sont arrêtés par les allemands…

sans aucune raison particulière…

le maire de l’époque…

l’instituteur du village…

Il fallait des exemples…

 

 

Pourquoi ?

Mystère…

Assez rapidement…

sans explications…

et à leur grande surprise…

ils furent tous deux relâchés…

 

 

 

Encore aujourd’hui…

en évoquant ce souvenir…

le nom d’Oradour sur Glane…

revient à l’esprit…

 

                              Témoignage recueilli...

 

Par J. C. - Publié dans : historiques
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 08:12


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Témoignage de Pierre GLESS (5)


                       avec l’aimable autorisation de Madame GLESS et de  M. P.

 


La pendaison d’un Français

 

         On pouvait mourir par pendaison. Le 13 août, à Neckaretz, un Russe et un Polonais furent pendus devant les détenus par le kapo « Le Gorille ». Un Français, le lieutenant Brunet, fut pendu à Neckagerath. Cette pendaison fut marquée par des scènes atroces. Brunet avait tenté de s’évader ; il s’était enfui du travail, vêtu d’un short et d’un pullover qui étaient sa propriété personnelle. Les allemands ne condamnaient à mort par pendaison que ceux qui avaient volé des habits civils pour remplacer leurs effets de bagnard, trop facilement repérables. Brunet fut cependant condamné à mort. Le Feldwebel Lütz, après son arrestation, lui infligea 25 coups de bâton sur les fesses. On l’emprisonna à Mosbach, d’où on le transféra à Neckgerath. Il devait être pendu devant tous ses camarades du camp.

            On lui avait dit, en partant de la prison de Mosbach, qu’il était grâcié. A Neckaretz, où il attendait le camion de service qui devait le mener à Neckagerath, il mangea tranquillement son « Brotzeit » devant la cuisine des SS. Arrivé à Neckagerath, en voyant le gibet et tous ses camarades rassemblés, il comprit. Il se mit à hurler en appelant sa femme, ses enfants. Les cris déchiraient le cœur. On le hisse ; on le maintient sur un tabouret de bois, on passe la corde à son cou et, d’un coup de pied, on fait tomber le tabouret. La corde avait été volontairement mal fixée à la potence ; elle se déroule et Brunet tombe à terre en hurlant. Les sentinelles se précipitent sur lui, lui martèlent la tête à coups de talon. Brunet ne crie plus, mais il vit encore. On le transporte à la morgue. Là, le bourreau volontaire pour l’exécution, Leo Schroegler, lui défonce le crâne à coups de pioche.    

 

Par J. C. - Publié dans : historiques
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 08:13


                           Article précédent : « Ni haine, ni oubli » (11)

 

Témoignage de Pierre GLESS (4)


                       avec l’aimable autorisation de Madame GLESS et de  M. P.

 

Le régime

 

            De la soupe, toujours de la soupe, très liquide, aux rutabagas, pommes de terre, navets, avec parfois quelques carottes, des légumes déshydratés. A notre arrivée, nous avions mangé des petits pois des champs en fermentation, qui nous avaient terriblement tourmenté les entrailles.

            Quelquefois, la soupe est remplacée par le soi-disant café.

            De temps en temps, on nous sert ce que nous appelons du fromage blanc. Nous ignorons les matières qui entrent dans sa fabrication. Les cuisiniers extraient de boîtes en carton une sorte de mixture blanche granuleuse, qu’ils mélangent avec un peu de lait et d’eau.

            Un autre jour, c’est de la semoule sucrée. Alors là, la ration est plus que mince, et souvent le derniers n’ont rien, car nos fripouilles de kapos se servent copieusement avant nous.

            Un plat, également très apprécié, nous a été servi quelquefois : la « goulache », une cuillerée de jus de viande noir bien épicé dans lequel nous trempons cinq ou six pommes de terre bouillies que nous ne prenons même pas la peine d’éplucher. A la saison des concombres, c’est par tombereaux qu’on les déverse dans la cour, pour nous en donner une pleine gamelle assaisonnée avec du vinaigre sucré. Cette salade n’est pas mauvaise, elle rafraîchit. Nous mangerons aussi de gros radis blancs, des betteraves rouges.

            Tous les légumes sont préparés par les malades de « Schonung », c’est-à-dire ceux qui sont exemptés de travail pendant une ou plusieurs journées sans être admis au Revier (l’infirmerie). Ils sont logés dans une baraque en planches et épluchent à longueur de journée, sous le regard mauvais du kapo, qui doit veiller à, ca que ses hommes ne fassent pas disparaître des aliments. Les « Schonung » ont droit à quelques petits supppléments. On leur sert notamment le reste de la soupe de la veille. Cette soupe, aigre et froide, est quand même appréciée.

            Comme boisson, de l’eau. Au camp, cette eau provient d’un petit ruisseau qui se jette dans le Neckar ; c’est dire qu’elle est loin d’être potable. Cependant, il faut boire, surtout par les temps de chaleur.

            Tout le monde a faim et cherche, par tous les moyens possibles, à se procurer à manger. C’est ce qui s’appelle « organiser ». C’est une manière élégante de qualifier le vol, car, malgré la surveillance et les menaces, le système D règne en maître. On assiste à une véritable valse des gamelles. On les vole sous la tête de ceux qui dorment ou bien dans les rangs, en la détachant de la ceinture du zébré qui est en face. La victime doit alors attendre qu’un camarade ait finide manger pour se servir de son récipient.

            Les distributions de soupe ou de pain occasionnent des bousculades. Chacun veut se mettre dans la file qui est servie par le kapo ou le cuisinier qui a la plus grande louche. C’est une pagaille effroyable, à laquelle il est mis bon ordre après quelques distributions de coups de gourdin. Les morceaux de pain n’étant pas tous de la même grosseur, il n’est pas rare de voir un rayé, lorsque vient son tour, tenter de reculer d’un ou deux rangs, afin de récolter le morceau de pain qui lui paraît plus gros que les autres. On n’a pas idée des calculs, des combinaisons que provoque cette faim abominable qui nous torture.

 

 

Par J. C. - Publié dans : historiques
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