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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 08:10

 

 

 

Article précédent : Nouvelle : Un amour… sans bornes (1)

 

 

Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

2

 

Là-haut, dans leur petit nid douillet du quatrième étage comme tout autant à l’extérieur, ils passaient ensemble des jours formidables, inoubliables. Sans grands soucis ! D’ailleurs tous leurs amis, avec envie parfois, comme leurs familles respectives, le constataient et en étaient chaleureusement ravis pour eux. Effectivement, ne surfaient-ils pas, enthousiastes, sur la crête des plus hautes vagues de la sérénité ? N’affrontaient-ils pas avec intrépidité et sans nulle appréhension tous les petits aléas de la vie courante ? Ne sollicitaient-ils pas sans arrêt, pour un oui comme pour un non, leurs zygomatiques ?

 

Mais le bonheur manifeste des uns provoque aussi, parfois, des réactions curieuses et inattendues d’autres personnes. Tout le monde, en effet, ne sait pas, en raison de son  caractère, de son tempérament, de sa vision des choses, de sa conception de l’existence, saisir, après les avoir aussi quelque peu provoquées, les opportunités qu’offre malgré tout, comme la chance, le bonheur !

 

C’est ainsi, qu’un soir, en rentrant, Flora fut très surprise en prenant connaissance d’un petit mot, manuscrit mais non signé, qui avait été épinglé, à la va vite semblait-il, sur le tableau réservé à cet effet se trouvant à gauche de la porte d’entrée du hall du bâtiment. Elle prit le temps de le relire deux ou trois fois afin de s’en souvenir pour pouvoir le « réciter » dans toute son intégralité, dans toute sa saveur, piquante, à son ami.

Pendant le court laps de temps nécessaire à l’ascenseur pour atteindre l’étage désiré, elle avait déjà estimé sur quel copropriétaire pouvait se porter les soupçons de cette curieuse et mesquine initiative. Connaissant suffisamment l’ensemble des habitants de tout l’escalier, cela ne pouvait venir que des gens, d’elle en particulier, occupant l’appartement  de l’étage au-dessous du leur. Qui d’autre se serait permis d’agir ainsi, incognito, sans oser s’adresser directement aux intéressés ?

 

La porte à peine ouverte, elle se retrouva nez à nez avec Odilon qui l’attendait… les bras ouverts, plein de gaieté et de prévenance. Le temps de s’assurer qu’il n’avait pas, avant elle, pris connaissance du « petit mot doux » à eux deux sans nul doute destiné et elle s’empressa, telle une comédienne qui entre en scène, de lui faire connaître la nouvelle du soir.

 

Sur le champ, après avoir bien ri ensemble et de bon cœur de cette accusation quelque peu sournoise, ne voulant pas se contenter d’enregistrer ce qu’ils considéraient comme une attaque perfide, ils s’armèrent de patience pour envisager la réplique la plus adéquate, la plus parlante, la plus efficace, la plus respectueuse. Ils décidèrent tout simplement d’utiliser en retour la même tactique : apposer, en guise de suite logique, une réponse écrite en même lieu et place.

 

Tout en mangeant, ils réfléchirent à un texte qu’ils afficheraient donc sans tarder mais en n’omettant surtout pas, eux, de le signer. Quel courage y a-t-il à vouloir exprimer des remarques, des critiques sur son environnement dans un total anonymat ? Qui peut, d’ailleurs, prendre vraiment au sérieux ces griefs dans un tel contexte ? Autant, quand on n’est pas capable d’assumer ouvertement ses écrits, effectivement se taire, ne pas chercher à se plaindre publiquement, à vouloir donner des leçons ! La discrétion est toujours préférable à une exubérance indigne !

 

Immédiatement après le repas, de sa plus belle plume et sur son plus joli papier à lettre sur lequel elle couche tant et tant de mots tendres pour son chéri, Flora s’appliqua à écrire le texte mis au point en commun :

 

 

Madame et/ou Monsieur,

 

En guise de réponse au billet affiché ce jour dans le hall et en essayant de prendre un peu de hauteur, nous voulons simplement porter à votre connaissance les préceptes qui, au quotidien, nous guident tous les deux :

 

1)    L’amour, oui ! La guerre, jamais ! Sans discussion, aucune !

2)    L’amour, vive ses échos ! Le bruit des bottes, insupportable !

3)    L’amour, c’est aimer ! L’autre ! Pas d’ennemi ! Tous, Hommes !

4)    L’amour, c’est la vie ! La mort programmée, la refusons !

5)    L’amour, c’est l’espérance !  Le désespoir, à combattre !

6)    L’amour, une exigence ! Le conflit, une erreur !

7)    L’amour, un engagement ! La haine, l’horreur !

8)    L’amour, une source ! Intarissable ! Non aux hostilités !

9)    L’amour, une autre planète ! Fi du terre-à-terre !

10)  L’amour, pour nous, toujours ! Et pour vous ? Quand ?

 

A chacun sa vision de l’existence ! Et, surtout, haro sur l’anonymat !

 

Les signataires résidents : Flora et Odilon… du quatrième !

 

 

(A suivre)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 08:11

 

Chronique précédente :           L'ours et l'aigle (2 et 3)

 

 

C121 Chronique citoyenne 4 juillet 2011 C121 Chronique citoyenne 4 juillet 2011

   

   

 

 


Par J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 08:02

 

Nouvelle : Un amour… sans bornes

 

1

 

« Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… »


Qui n’a rêvé ainsi d’un grand amour, sincère, passionné, idyllique, durable ? Qui n’a souhaité vivre personnellement une aventure sentimentale particulière, exceptionnelle, extraordinaire, hors du commun ?


C’est exactement ce qui arrivait à nos deux jeunes gens, Flora et Odilon. Mais en avaient-ils vraiment et déjà conscience ? Cela est sans doute une autre histoire…


Dans la ville universitaire dans laquelle l’un et l’autre terminait de longues études, ils s’étaient rencontrés puis avaient appris à se connaître et, au bout de quelque temps, s’étaient réciproquement appréciés.


Elle, achevait sans difficulté aucune ses dernières années de médecine et se préparait par choix, détermination vers une pratique généraliste. L’approche d’une vision globale du malade lui semblait plus intéressante, plus appréciable pour porter un diagnostic pertinent  que ne peut l’être, du moins à ses yeux, la recherche pointue, très spécifique  résultant de telle ou telle spécialité.

 

Lui, comme beaucoup de jeunes de sa génération, avait choisi de se former et d’acquérir de solides compétences en informatique. Et précisément il avait prouvé ses capacités d’analyse, de logique, d’abstraction, de conception. Toujours très rigoureux dans sa démarche comme très consciencieux dans son travail, il n’avait pas eu, assez récemment,  de mal à trouver un emploi qui lui plaisait et dans lequel il savait aussi s’impliquer totalement et dans l’urgence quand il le fallait pour faire face aux différents problèmes du jour. Il est vrai que ce secteur, toujours en expansion, offre, surtout dans les grands centres économiques, encore de réels débouchés surtout pour ceux qui tirent leur épingle du jeu.

 

Ainsi après plusieurs mois de rencontres régulières et fréquentes, de vie estudiantine riche culturellement de lectures et débats argumentés, de soirées amicales festives et animées, ils avaient décidé, estimant se connaître suffisamment, de vivre ensemble.

 

Éperdument amoureux, ils se retrouvaient tous les deux dans le trois pièces qu’occupait déjà Flora puisque ce bien immobilier appartenait à un de ses oncles qui, lui, avait accompli pratiquement toute sa carrière professionnelle dans cette capitale régionale. Et, avec beaucoup de plaisir, il lui louait pour une somme plutôt symbolique, dérisoire même  en comparaison des loyers pratiqués habituellement sur le marché.

 

Avec l’inconscience caractérisant toute jeunesse, sereins quant à leur avenir, ils débutaient leur vie à deux sous les meilleurs auspices. Leur aube commune s’annonçait effectivement claire, éclatante, flamboyante !

 

Même leur grand amour, leur passion n’entravait point leur ouverture d’esprit. Pourtant, généralement, quand l’amour fou l’emporte, le regard de tout être humain se réduit, se limite ! Et, inconsciemment, le monde se referme petit à petit ! Et l’espace, également sans y prendre garde, se confine ! Et qui vit, et à tout âge, de tels échanges, de telles périodes, n’y échappe pas ! Et comme l’amour rend aveugle, souvent la flamme brûlante réchauffe les cœurs puis les brûle petit à petit avant de les consumer… à terme !  Mais, d’abord, dans le présent, que tous ces moments-là sont merveilleux ! Ne sont-ils pas des tranches de bonheurs quotidiens auquel tout être aspire ? Et tant mieux que ce temps des amours comble joyeusement les intéressés le plus longtemps possible ! Car ce temps-là ne s’envole-t-il pas souvent trop rapidement ? Qui d’ailleurs, comme le poète, n’a souhaité en « suspendre le vol », en « retenir la nuit… » ?

 

Flora et Odilon n’avaient cure de toutes ces évidences qu’apportent l’expérience, le vécu. Jour après jour, simplement, très naturellement, ils souriaient à la vie comme elle leur souriait, le leur rendait bien.

 

(A suivre)

 


 

Par J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 08:08

 

Article précédent : Regards philosophiques (54)

 

 Thème :    « La communication est-elle possible ? »

6

 

 Débat (suite) :           

 

  A la fois, on est saturé de communication, et j’ai quand même l’impression qu’il y a d’énormes et de pesantes solitudes. C’est parfois le cas de personnes âgées, qui n’ont pas accès aux nouveaux moyens de communication ; elles sont oubliées avec le risque de désocialisation ; elles ont besoin de communiquer, même si c’est pour parler de la pluie et du beau temps, rencontrer son voisin, bavarder un peu.

 

  On a évoqué l’écriture comme mode de communication, de même qu’on a évoqué ce besoin essentiel que nous avons de communiquer ; ainsi, parfois, devant l’impossibilité de communiquer son ressenti, il y a cet exutoire qu’est le journal intime.

Une personne qui travaillait dans la « comm » écrivait : « Quand j’étais de bonne humeur, je comparais mon activité professionnelle à celle d’un embaumeur. On me confiait un monceau de mensonges décomposés qu’il s’agissait de rendre présentables. Au terme d’un douloureux patchwork, d’approximations, de contre-vérités et de phrases absolument dépourvues de sens. Le grand art consistait à préserver l’apparence de la réalité, tout en la vidant de son contenu, pour la bourrer de foi ; ce qui exigeait à la fois une technique de boucher et d’un toucher de maquilleur. A force de pratiquer, j’étais parvenue à une forme d’excellence, de sincérité, d’élégance vulgaire ». (Marie Desplechin. Sans moi, roman, Edition de l’Olivier, 1998)

 

  Conclusion [par quelqu’un qui n’a pas résisté au jeu de mots final] : A la question : « La communication est-elle possible ? », je réponds : Oui, bien sûr, mais sous réserve qu’on respecte les règles ; ce qui nous renvoie à l’étymologie « commun », mise en commun ; si on enlève cela, dans communiquer, il ne nous reste que « niquer » ! [Rires]

 

 

 

 (Fin de ce thème)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafephilo.over-blog.net/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 


Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 08:12

 

Article précédent : Regards philosophiques (53)

 

 Thème :    « La communication est-elle possible ? »

5

 

 Débat (suite) :           

 

  Le poème de Florence :

Je suis venue hier des rêves plein la tête

Avec mes gros sabots et des mots bien choisis

J’attendais des bravos, j’ai pris des œufs moisis

Tu te prends pour qui toi, avec ta grosse tête !

 

Des mots comme un gourdin, des mots comme un casse-tête

J’ai traduit en martien mes idées cramoisies

J’ai rangé mes projets, j’ai caché mes fusils

Pour la révolution repasse plus tard p’tite tête !

 

Je ne vous dirai pas tous les vieux épithètes

Qui m’ont couru après bavant de jalousie

J’ai déconstruit les mots salés d’hypocrisie

C’est affaire de décor, poser la bonne en-tête

 

J’ai mis quelques rubans, noués comme un serre-tête

J’ai enrobé les mots, de miel et d’ambroisie

Et j’ai cherché le la de l’idiosyncrasie

J’ai fait la galipette et j’ai lavé les têtes

  

Comme un chef d’orchestre j’ai saisi ma baguette

Je magnétise, j’hypnotise et puis j’amnésie !

Avec fantaisie j’envoie mon hérésie

Et la foule est debout, et la foule à tue-tête

 

La renommée a pris sa plus belle trompette

Un nuage de fumée, un brin de poésie

Un peu de flatterie, un rien de courtoisie

Y a pas d’entourloupette, allongez les pépettes

 

 

 (A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

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avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 


Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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