culturels


Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 08:08

 

« LE GAMIN AU VELO »

Réalisé par les frères DARDENNE

Avec Cécile de France, Jérémy Rénier, Olivier Gourmet et Thomas Doret.

Ce film a fait partie de la sélection 2011 du festival de Cannes et a reçu le Grand Prix. Il traite des difficultés que rencontre un enfant de 12 ans dans la cité, avec son père quasi absent, avec sa « maman d’accueil ». Cette œuvre aurait pu aussi bien s’appeler « l’enfant sauvage ».

Le rôle de Cyril, l’enfant, en mal de vivre, est incarné, de façon extraordinaire, par le jeune Thomas Doret, sorte de petit cyclone aux cheveux roux, teigne, têtu, blaireau, graine de violence. Il faut le voir déambuler, dans la rue, avec son vélo, objet qu’il ne perdrait pour rien au monde, objet qui le rattache de façon viscérale à son père. Il faut le voir se battre avec des plus grands que lui, comme un jeune lion, pour se faire respecter.

Son père (Jérémie Rénier)  est, lui, quasiment absent, pour cause d’immaturité, de changement de femme, de métier et donc de difficultés financières. En même temps, il n’y a que lui dans l’esprit de son fils. C’est Dieu, incarné.

Samantha, sa « mère d’accueil » (Cécile de France) est toute en générosité, coiffeuse de métier, essayant de tout faire pour que ce gamin remonte la pente et surtout, ne se laisse pas dévier par de mauvaises fréquentations. Elle en vient même à quitter son petit ami, pour faire le choix de Cyril, le jeune enfant sauvage.

Je recommande cette pellicule ; elle est à voir de toute urgence.


 

Par M. G. - Publié dans : culturels
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 08:10

 

Article précédent : Regards philosophiques (53)

 

Vu tout dernièrement lors d'une soirée culturelle :

·         une exposition de peinture de Patrick Ehret ;

·         puis, une pièce de théâtre, jouée par la troupe des Brouches de Bagnères de Bigorre.

 

        L’expo de peinture a eu un plein succès. Il faut dire que Patrick était, ce jour-là, mis en avant, avec un thème moderniste « No-made », basé sur l’ « action painting » des années 50, art informel. Des œuvres de création synonyme de liberté, pour mettre de la couleur et du pouvoir expressif dans nos vies. Patrick Ehret, avec la gentillesse et la bonhomie qui le caractérisent, s’attacha à commenter et expliquer ses tableaux tout au long de la soirée. L’art doit être servi et traduit, afin de pénétrer dans toutes les couches sociales.  

La pièce « Chicago blues » de Guy Foissy, mise en scène par Natalia Beigbeder, nous a transportés dans un univers de réflexion philosophique. En cela, elle tranchait car nous sortions de l’univers des comédies populaires. Pour ce qui concerne le scénario, Il s’agissait d’une rencontre, dans un jardin public, entre 3 personnages de caractères très différents :

  • Agnès, la brune, la gentille nunuche dont les propos fleurent le bon sens (on pense à certains rôles d’Anémone) ;
  • Joan, la révolutionnaire jusqu’au-boutiste aux cheveux d’or, un moulin à paroles dans la contestation de notre société ;
  • et Monsieur Mouche, musicien et poète mais sans abri. Une sorte de Charlot des temps modernes.

Joan va enrôler de force, pistolet à la main, ses deux compères, pour faire de l’agitation en version surréaliste. C’est du Kafka ou du Ionesco. L’humour permettant, à ce grave sujet, d’être traité en comédie légère et sautillante.

En conclusion, je reprendrai les sages propos  de Natalia Beigbeder, la metteuse en scène bagnéraise, tenus après le spectacle :

-       «Je dirige de manière parfois un peu autoritaire mes acteurs, pour respecter le message que je veux faire passer,  tout en leur laissant une latitude dans leur personnalité. »

 


Par M. G. - Publié dans : culturels
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 08:06

 

Article précédent : Regards philosophiques (52)

 

 Thème :    « La communication est-elle possible ? »

4

 

 Débat (suite) :           


  Communiquer, c’est nécessaire et exigeant, mais ça nous dévoile, ça nous implique, c’est choisir, refuser ou accepter certaines choses. La communication n’est jamais neutre. La communication, avec le temps, a créé un besoin d’information, ce qui a créé les journalistes, lesquels journalistes devraient être neutres. Mais ça n’existe pas la neutralité, ou alors on se ment à soi-même. L’essentiel de la communication est de maintenir la parole entre les humains, sans entendre cette expression horrible, « il faut se mettre au niveau », ce qui laisse entendre que certains ne seraient pas à la hauteur du propos, du débat…

 

  Le respect et l’acceptation de l’autre avec sa différence sont indispensables à la communication. Le regard, le non-regard aussi. La non-communication, c’est parfois le problème des adolescents avec leurs parents. Quant au jugement que l’on peut ou ne peut pas émettre dans la communication, je pense qu’on peut et qu’on doit parfois donner son jugement. Je pense aux jugements sur des évènements de la dernière guerre : fallait-il se taire ? Il faut que nos propos nous révèlent et nous engagent.

 

  La communication est parfois devenue une addiction, comme cela arrive avec le portable, où des personnes communiquent pour toute chose. Vous avez sûrement vu des personnes dans les magasins, qui font les rayons en discutant au téléphone avec leur mari ou leur femme pour le choix des produits ; sitôt que ces personnes se retrouvent,  parfois elles n’ont plus rien à se dire. Lorsque je prends le métro, je vois un nombre important de personnes qui tapotent sur leur portable, qui envoient et reçoivent des « textos »; on communique sur n’importe quoi, on détaille sa vie, on met sa vie en scène, on expose les menus incidents de sa vie ; faible compensation peut-être d’une vie qui manque de sens. Tout cela fini par donner un contenu très superficiel et, de fait, cela nuit à une véritable communication.

Au passage, j’en profite pour dire que je préfère pour communiquer par messagerie, envoyer des « courriels », plutôt que des « e-mails », des « mails ». Tant qu’à faire, autant communiquer à partir de notre langue française.

 

  [Témoignage] Pour apprendre un métier, j’ai fait des stages dans de nombreuses entreprises, dans des usines de 200 à 500 personnes, en passant par tous les services et j’ai constaté que les gens ne connaissaient pas le travail des autres dans la même entreprise. Quelques années plus tard, j’ai pu mettre en place en entreprise de la « communication interne ». Les personnes étaient reçues par groupe dans des services où chacun expliquait son travail. J’ai entendu plusieurs participants me dire : Je suis depuis des années dans cette entreprise et je viens seulement de comprendre pour quelle raison on me demandait de faire telle ou telle chose. Cette communication a amélioré et l’ambiance et tout le fonctionnement. Cette communication interne a fait école, même si certains dirigeants ont pensé que c’était de la démagogie. Ce qui nous rappelle les liens de la communication avec la qualité de relation ou avec le pouvoir.  

 

  [Autre témoignage] Assistante sociale à l’hôpital, j’ai pu constater des modèles très différents de communication, d’une part entre les gestionnaires et les personnels :  communication qui ne parle que de résultats financiers, ou d’autre part entre les médecins et l’équipe soignante : communication pour parler des malades. J’ai fini par être de celles qui avaient le plus de communication avec les familles.

Par ailleurs, je communique mieux par l’écrit que de vive voix. C’est la lecture et l’écriture qui sont mes moyens de communication préférés. Quand j’écris, j’ai le temps de choisir le mot exact, d’être précise et bien comprise ; les écrits restent. Au téléphone, les mots ne font que passer.

 

  Dans notre société, on privilégie une communication allant de celui qui sait vers celui qui ne sait pas ; c’est aussi ce qu’on appelle le besoin d’enseigner. Je serais plutôt partisan du droit d’interroger, c’est un modèle chinois : « Enseignez-moi ». Chez nous français, on ne doit jamais avouer qu’on ne sait pas, ce qui restreint la communication.

 

  Je pense qu’on peut communiquer sans avoir quelque chose d’important à dire. Le rôle de la communication, c’est aussi de mettre en relation, d’établir un lien ; c’est aussi le rôle de la poésie. 

 

 (A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafephilo.over-blog.net/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 


Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 08:10

 

Article précédent : Avec Les PETITS Exquis Mots

 

 

 

Festival Carapatte 2011 V2 Festival Carapatte 2011 V2

 

 

 

 

Par M. G. / J. C. - Publié dans : culturels
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 08:15

 

Article précédent : Regards philosophiques (51)

 

 Thème :    « La communication est-elle possible ? »

3

 

 Débat (suite) :           

 

  La croyance bloque la communication, car alors on communique en faisant souvent les questions et les réponses. Il est vrai que la communication est un effort, et les règles de fonctionnement comme ici au café-philo facilite la communication pour tous. Le fait de nommer un modérateur, fait respecter les tours de parole, le fait d’éviter de parler de nos croyances, tout facilite la communication. D’autre part une formule de Bernard  Werber  montre tout de même l’ambigüité de la communication : « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que voulez entendre, ou comprendre. Entre ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. Mais essayons quand même ! »

 

  On a de plus en plus de moyens de communication, mais est-ce que tous ces moyens de communication n’ont pas limité le fait de se parler les yeux dans les yeux ? Avant, les gens se retrouvaient pour discuter, partager... ; aujourd’hui, c’est le portable. Dans les familles, on se contente d’envoyer des photographies, des courriels ; on se retrouve de moins en moins.

 

  Le terme de communication est polysémique, mais tous les sens donnent la primauté au processus social. Pour moi, communiquer, c’est parler. Quand l’autre nous écoute, il y a beaucoup de « mais », de « pourquoi » de l’auditeur comme du récepteur. Il faut donc une volonté commune, il faut qu’on sente un certain respect. Si vous abordez une personne avec le désir de communiquer, cela ne se fera que difficilement si vous n’essayez pas de savoir qui elle est.

Qu’est-ce qu’on recherche dans la communication ? Parler, s’exprimer, entendre ? On a dit que les jugements faisaient partie de la communication. Je pense qu’un jugement est une chose trop personnelle et ne peut faire partie de la communication. On a dit que la communication demandait un effort, pour moi c’est d’abord un besoin. Le langage n’est pas le seul moyen de communiquer; j’ai le souvenir lors d’un décès, d’une simple main posée sur mon épaule, laquelle me communiquait plein de choses…

Quand on s’adresse pour la première fois à une personne, on ne sait pas quelle réaction elle peut avoir. Il faut d’abord apprendre à connaître l’autre pour établir le lien propre à la communication.

Nous avons tant de sens pour ce mot, communiquer; depuis la communication, entre, et vers la société, les médias, l’entreprise, dans le couple, jusqu’à la communication avec soi, qu’on ne peut tout aborder en une fois.

 

  Dans le débat de philosophie, une personne qui se déclare en désaccord avec une idée émise, c’est le début d’un échange. A partir d’opinions ou d’approches différentes, la communication prend de l’intérêt.

 

  Pour le moins, cela prouve que la personne en désaccord à écouté !

 

  [Témoignage] Dans mon activité professionnelle, j’ai eu une expérience de communicateur technique, c'est-à-dire chargé d’établir ou de traduire la documentation d’utilisation des matériels. Nous avons tous l’expérience de notices qui ne nous disent rien, ne nous aident en rien. La notice est parfois la traduction d’une langue et partait déjà d’une traduction faite par les chinois… C’est au communicateur de décider si c’est lui qui fait le gros boulot ou si c’est l’utilisateur. En fait, il faut expliquer la moindre opération, même si cela parait superflu à certains, il faut arriver à se mettre dans la peau de l’utilisateur. Celui qui ne comprend pas la notice, souvent n’ose pas le dire, il a peur de paraître idiot. Ceci nous rappelle que pour communiquer, il doit y avoir souci de l’autre.

 

  Si d’une part on regrette que des personnes ne communiquent plus qu’avec le portable, par courriels, et qu’ils n’éprouvent plus le même besoin de se rencontrer, on doit d’autre part mettre en valeur le fait qu’avec ces moyens de communication, comme avec Internet, on ne peut plus, sans que cela se sache immédiatement, lapider une femme, tuer des journalistes…

 

 

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafephilo.over-blog.net/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 


Par G-L. P. / J. C. - Publié dans : culturels
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