Partager l'article ! "Ton mari est formidable !" : Acte 3 - Scène 4: Florine, survoltée et encouragée par l'incroyable et favorable succession des événements ...
Florine, survoltée et encouragée par l'incroyable et favorable succession des événements, aborde plutôt euphorique, Léon.
Florine : Ah ! Léon ! Mon ami !
Léon : Tu me sembles bien exubérante... euphorique même... Je me trompe ?
Florine : Oh ! Non, pas du tout.
Léon : Aurais-tu une excellente nouvelle à me faire partager ?
Florine : Bien plus que cela.
Léon : Oh là là !
Florine : Léon, je suis libre...
Léon : Comment ?
Florine : Je suis libre... tu réalises !
Léon : Libre de quoi ?
Florine : Mais de t'aimer... t'aimer aux yeux de tous.
Léon : Oh là là, quelle histoire !
Florine : Oui, libre de vivre enfin avec toi pour toujours.
Léon : Quoi ?
Florine : Dorénavant, tu seras mon homme, Léon !
Léon : Que projettes-tu déjà ?
Florine : Notre avenir commun...
Léon : Mais Florine, d'où vient cette précipitation ?
Florine : Je prends Igor à son propre piège.
Léon : Explique-moi.
Florine : Cela serait trop long.
Léon : Tout de même, je veux comprendre... même avec modération.
Florine : Mon mari sait tout... or, magnanime, il a voulu me tendre un piège... qui va lui revenir en boomerang.
Léon : Mais...
Florine : Le bonheur est à nous, te dis-je !
Léon : Ne brûles-tu pas les étapes... comme les planches ?
Florine : Au contraire.
Léon : Précise ta pensée.
Florine : Je désire rattraper le temps perdu.
Léon : Qui ne se rattrape jamais.
Florine : Je veux...
Léon : Et moi, ai-je droit à la parole ?
Florine : Naturellement... surtout pour me faire grimper au septième ciel.
Léon : Pour t'y conduire, je suis tout à fait d'accord, par contre je n'ai jamais envisagé de vivre avec toi.
Florine : Comment ?
Léon : Je ne t'ai jamais fait une telle promesse.
Florine : Et tes sentiments pour moi ? De pieux mensonges ! Des mots, rien que des mots vides de sens ! Quelle cruelle désillusion !
Léon : C'est toi Florine...
Florine : Quoi, moi ?
Léon : Toi qui te fais ton cinéma, te visionnes en boucle ton film couleurs, te retrouves sur une autre planète.
Florine : Non... tu as abusé de ma naïveté... de ma confiance... Vous les hommes, vous êtes tous les mêmes :
faire l'amour, oui ; aimer, non ;
le sexe, oui ; la tendresse, non.
Léon : Généralisation abusive !
Florine : Quelle mésaventure ! Dans quels draps me suis-je mise ?
Léon : Relativise un peu... Il n'y a pas mort d'homme.
Florine : C'est pire. Tu m'as menti, menée en bateau, trompée, mystifiée, déshonorée... Comment pourras-tu dorénavant te regarder dans une glace ?
Léon : Le temps comme toujours fera son œuvre... et pour tous les deux.
Florine : J'ai voulu te croire. Et de tes paroles que j'ai bu aveuglément jusqu'à la lie, je me suis abreuvée, enivrée jusqu'à la folie. Quelle erreur de ma part ! Quelle faiblesse !
Léon : C'est toi qui avait la partition mais tu es allée plus vite que la musique.
Florine : Allez ! Cela suffit ! Dehors ! Va t'en !
Léon : Tu me parles comme à un chien... Or eux restent au moins fidèles à leurs maîtres... et moi j'entends, en amitié, le rester à Igor.
Florine : Adieu... et surtout ne repose plus les pieds ici.
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