Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 08:27

Florine, survoltée et encouragée par l'incroyable et favorable succession des événements, aborde plutôt euphorique, Léon.

Florine : Ah ! Léon ! Mon ami !

Léon : Tu me sembles bien exubérante... euphorique même... Je me trompe ?

Florine : Oh ! Non, pas du tout.

Léon : Aurais-tu une excellente nouvelle à me faire partager ?

Florine : Bien plus que cela.

Léon : Oh  là là !

Florine : Léon, je suis libre...

Léon : Comment ?

Florine : Je suis libre... tu réalises !

Léon : Libre de quoi ?

Florine : Mais de t'aimer... t'aimer aux yeux de tous.

Léon : Oh là là, quelle histoire !

Florine : Oui, libre de vivre enfin avec toi pour toujours.

Léon : Quoi ?

Florine : Dorénavant, tu seras mon homme, Léon !

Léon : Que projettes-tu déjà ?

Florine : Notre avenir commun...

Léon : Mais Florine, d'où vient cette précipitation ?

Florine : Je prends Igor à son propre piège.

Léon : Explique-moi.

Florine : Cela serait trop long.

Léon : Tout de même, je veux comprendre... même avec modération.

Florine : Mon mari sait tout... or, magnanime, il a voulu me tendre un piège... qui va lui revenir en boomerang.

Léon : Mais...

Florine : Le bonheur est à nous, te dis-je !

Léon : Ne brûles-tu pas les étapes... comme les planches ?

Florine : Au contraire.

Léon : Précise ta pensée.

Florine : Je désire rattraper le temps perdu.

Léon : Qui ne se rattrape jamais.

Florine : Je veux...

Léon : Et moi, ai-je droit à la parole ?

Florine : Naturellement... surtout pour me faire grimper au septième ciel.

Léon : Pour t'y conduire, je suis tout à fait d'accord, par contre je n'ai jamais envisagé de vivre avec toi.

Florine : Comment ?

Léon : Je ne t'ai jamais fait une telle promesse.

Florine : Et tes sentiments pour moi ? De pieux mensonges ! Des mots, rien que des mots vides de sens ! Quelle cruelle désillusion !

Léon : C'est toi Florine...

Florine : Quoi, moi ?

Léon : Toi qui te fais ton cinéma, te visionnes en boucle ton film couleurs, te retrouves sur une autre planète.

Florine : Non... tu as abusé de ma naïveté... de ma confiance... Vous les hommes, vous êtes tous les mêmes :

                        faire l'amour, oui ; aimer, non ;

                        le sexe, oui ; la tendresse, non.

Léon : Généralisation abusive !

Florine : Quelle mésaventure ! Dans quels draps me suis-je mise ?

Léon : Relativise un peu... Il n'y a pas mort d'homme.

Florine : C'est pire. Tu m'as menti, menée en bateau, trompée, mystifiée, déshonorée... Comment pourras-tu dorénavant te regarder dans une glace ?

Léon : Le temps comme toujours fera son œuvre... et pour tous les deux.

Florine : J'ai voulu te croire. Et de tes paroles que j'ai bu aveuglément jusqu'à la lie, je me suis abreuvée, enivrée jusqu'à la folie. Quelle erreur de ma part ! Quelle faiblesse !

Léon : C'est toi qui avait la partition mais tu es allée plus vite que la musique.

Florine : Allez ! Cela suffit ! Dehors ! Va t'en !

Léon : Tu me parles comme à un chien... Or eux restent au moins fidèles à leurs maîtres... et moi j'entends, en amitié, le rester à Igor.

Florine : Adieu... et surtout ne repose plus les pieds ici.


Par J. C. - Publié dans : théâtraux
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