Partager l'article ! Bernie, le fils du vent (1): Chap 1 : LA ROUTE Il s'approche subitement de moi et m'interpe ...
Chap 1 : LA ROUTE
Il s'approche subitement de moi et m'interpelle :
-« Z'auriez pas un euro ou deux, siou plait ? »
L'homme est jeune, même pas vingt ans, une barbe naissante.
Il a un visage émacié, buriné, comme s'il avait subi des épreuves difficiles.
Il porte un jean trop large, un blouson en simili cuir rapiécé et des baskets usés.
Sa chevelure brune est épaisse, sa voix rocailleuse.
A quelques mètres de distance, il retrouve ses amis, assis sur le rebord d'un parterre de fleurs, comme on en trouve dans tous les centres-villes aujourd'hui.
Il est fier d'arborer son butin. En vérité, il y a juste assez pour s'acheter une miche de pain ou boire un café au comptoir !
Près d'eux, les gens passent, indifférents, avec leurs bourses de commissions dans les mains. Certains ont acheté leur déodorant, d'autres leurs trois paires de chaussettes pour le prix de deux....
Certains s'arrêtent au kiosque à journaux pour prendre soit VSD, soit Santé magazine. Une femme jette ses papiers devant un arbuste. Des pigeons s'envolent et un enfant crie.
Bernie dit au groupe, fièrement :
-« Et voilà ! Un peu plus dans ma poche ! Heureusement qu'il y a quelques fois des mecs sympas dans la rue. »
Ses « amis », il a fait leur connaissance la veille, au jardin public de la ville : tout en mangeant des barres de chocolat et de céréales, ils avaient bien voulu parler lui adresser la parole, lui, Bernie, le fils du vent... et des liens s'étaient immédiatement créés.
Il y a Sonia, une petite blonde rondelette aux yeux rieurs. Puis, Michèle, sa copine de classe, à l'air timide. Enfin, Bernardo, Yves et Romain, trois potes du même age que Bernie.
Sonia, apitoyée, demande à Bernie :
-« Que vas-tu faire de cette aumône ? Il y a si peu...
- Je ne sais pas, répond Bernie, on verra... Il faut bien que je mange quelque chose ce soir. »
Sonia est, comment dire ... attirée, oui, attirée par ce garçon si différent d'elle et de son monde qu'elle croit connaître.
De lui, émane un charme mystérieux, plein de marginalité, de sauvagerie presque animale. Elle le regarde bouger : sa démarche est brute, son allure est sans chanfreins ; sa tête dodeline et ses épaules se lèvent alternativement. Une sorte de Gavroche !
Les garçons, eux, le trouvent sympathique, car il leur raconte des histoires si extraordinaires.
Derniers Commentaires