Partager l'article ! Retour vers mon enfance (28): Jeux de plein Air ... Je reprends la montée. Me voilà presque arrivée. U ...
Je reprends la montée. Me voilà presque arrivée. Un grand tourbillon me tient un instant compagnie alors que je longe le bois où des oiseaux gazouillent. Tout est calme. Les arbres se dépouillent inexorablement de leur habit de lumière. En Mars, ils frétilleront à nouveau et leurs bourgeons luisants gonfleront, les noisetiers se pareront de beaux chatons jaunes poussins, le bleu des pervenches et le blanc des clochettes égaieront le sous bois, et le coucou annoncera le printemps. Mais pour l'instant le bois se prépare à affronter les assauts de l'hiver. J'entends le martèlement régulier du pivert qui s'acharne sur un tronc. Puis une tronçonneuse trouble soudain le chuchotement de la forêt. Une mélancolie s'empare aussitôt de moi. Cet endroit évoque tant de bons souvenirs : enfants, c'était notre terrain de jeux, notre domaine. Construire des cabanes, grimper aux arbres, jouer à cache-cache : c'était notre occupation favorite. Nous nous prenions pour Tarzan ou Chita, pour Robin des Bois ou Thierry la Fronde. Fabriquer nos armes, nous occupait un bon moment.
Pour les arcs, nous choisissions une belle baguette de noisetier que nous devions cintrer délicatement avant d'y fixer une corde assez tendue pour propulser les flèches. Le carquois en bandoulière, nous nous transformions en héros de la forêt de Nottingham. Pour les lance-pierres, nous coupions une branche de hêtre afin d'y prélever une petite fourche pour le corps de lance. Après avoir enlevé l'écorce avec l'opinel, nous le passions à la flamme. Fixer aux extrémités des caoutchoucs reliés par une languette pour le projectile, n'était pas une mince histoire. Combien de fois on se les prenait dans les doigts : aïe aïe aïe.... Des bâtons bien solides complétaient notre tenue et nous servaient d'épées pour les combats.
Garçons et filles étaient enfin armés pour affronter l'ennemi. Tous nos accessoires étaient faits maison. Les acheter alors était impensable. Mais quel plaisir de les fabriquer soi-même. Nous étions tour à tour les gentils ou les méchants. Le temps passait si vite et il fallait déjà rentrer à la maison. Maman nous grondait quand nous revenions avec les vêtements déchirés, des égratignures sur le corps et des bleus aux genoux. Mais qu'importe, nous nous étions bien amusés et nous n'avions qu'une hâte : vivement demain !!!!
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