Partager l'article ! Retour vers mon enfance (36): Cognac... Des tourbillons de vent nous accueillent à notre sortie d ...
Des tourbillons de vent nous accueillent à notre sortie du bateau. Nous remontons frileusement le col de nos parkas. Des parfums d'alcool flottent dans l'air et nous titillent les narines. Nous nous dirigeons vers les chais. En ce début d'automne, la pierre des façades semble encore plus sombre : une patine noire due à un champignon microscopique se fixe sur les toiles d'une minuscule araignée qui se nourrit des vapeurs d'alcool. Le noir enveloppe les hauts murs et les tuiles à proximité des caves. Un peu partout, d'énormes panneaux publicitaires annoncent les différentes maisons : Otard, Prince de Polignac, Remy Martin, Martell, Henessy....Chacun propose une visite à la découverte du cognac.
Nous nous enfonçons dans les ruelles pavées bordées de maisons aux superbes façades. Puis nous franchissons l'entrée de la maison Martell. Une hôtesse nous fait patienter, en compagnie de touristes allemands, hollandais, anglais et américains, dans une salle où des photographies accrochées au mur nous racontent l'histoire de l'entreprise.
Un guide nous accompagne dans les chais d'assemblage puis de vieillissement où nous découvrons toutes les étapes de l'élaboration du cognac. Des parfums de bois, d'épices et de fleurs se mêlent. Les eaux de vie attendent dans de gigantesques cuves avant d'être savamment mélangées entre elles et placées dans des barriques en chêne du Limousin. Nous longeons maintenant un troupeau serré de fûts odorants. Ce n'est qu'au bout de plusieurs années que ce liquide ambré deviendra du Cognac. Le guide ouvre ensuite, avec une énorme clé, une porte, où dans l'obscurité, des bonbonnes poussiéreuses dorment dans des berceaux noircis de moisissures. Des toiles d'araignée tombent des solives. Nous sommes ici « au Paradis », la salle réservée aux très vieux cognacs qui, en s'évaporant doucement, offrent leur part aux Anges....
La visite se termine par une dégustation attendue par un grand nombre. Des échantillons et des réclames s'empilent sur des tables. Dans des vitrines, des spots éclaboussent de lumière les carafes en baccarat pleines de liquide ambré.
Nous ressortons, la tête pleine de ces effluves qui nous ont accompagné pendant un bon moment. Il est maintenant l'heure d'aller manger. Nous optons pour un menu typiquement charentais : un pineau en apéritif, une mouclade en plat principal, puis un tourteau fromagé en dessert. Bon appétit !!!!
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