Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 08:13

 

           Suite de cette nouvelle (1ère partie Nouvelle : Des dessous de table (1/2) )
 

En cours de repas, j'eus l'impression, à plusieurs reprises, que le pied de l'amie Dominique cherchait sciemment le mien. A n'en pas douter, mon imagination, soutenue bien à propos par le bon vieux et millésimé Médoc que nous avions tous apprécié, me fit extrapoler ! Pas très longtemps ! Bien vite en effet, l'insistance du manège, aussi inattendu que discret, associé aux échanges de regards, aussi tendres qu'expressifs, m'ôtèrent toutes les interrogations précédentes. A coup sûr, il me fallut comprendre qu'un cœur, insoupçonné, battait un peu plus fort la chamade pour ma pauvre personne. Et subjugué par ces doux appels, je me retrouvai, une ou deux fois, absent pour les conversations qui se poursuivaient naturellement entre les autres... au point d'en inquiéter quelques uns car le sujet politique débattu aurait dû fort logiquement me faire réagir et entrer, avec ma conviction coutumière, dans la danse. Mais à vrai dire mes pensées étaient ailleurs et, sans trop de retenue, elles vagabondaient gaiement. Comment ne pas se laisser aller quand l'occasion, l'opportunité nous y convie ? 

J'en étais là de mes réflexions quand, au dessert, ma voisine cette fois-ci, Nathalie, la belle et adorable Nathalie, me surprit à nouveau. En remettant avec méticulosité sa serviette de table sur ses genoux, elle effleura, ensuite, du dos de sa main, mon genoux et ma cuisse extérieure gauche. Sans avoir vraiment eu le temps de surmonter cette nouvelle émotion, voilà qu'elle réajusta une nouvelle fois sa serviette et, avec une pression plus soutenue, ses doigts agiles pianotèrent allégrement mon genou. Puis, au rythme des vagues qui viennent heurter la jetée du port, de son genou elle caressa tranquillement le mien.

Devant cette agréable situation, comment mon égo aurait-il résisté à s'enorgueillir, se prévaloir de tels succès auprès de la gente féminine comme de toute sa fierté tout petit coq se dresse sur ses ergots au beau milieu des poules de la basse-cour ?

Pourtant, bien que stupéfait, médusé, je ne pus m'empêcher, dans l'euphorie de la bulle dans laquelle on m'avait enfermé, d'essayer de dénouer l'écheveau c'est-à-dire de retrouver, après cet enivrement temporaire, cette exaltation voluptueuse, la terre ferme, le plancher des vaches.

Oui, le hasard n'avait-il pas été un peu aidé ?  Le clin d'œil de l'une que j'avais capté à son insu, ne traduisait-il pas leur connivence de jeu ?        

De cette soirée particulière, vous en souvenez-vous Mesdames...

ou bien, dans ma quête inconsciente de tendresse, l'ai-je, plutôt, simplement, rêvée, fantasmée ?

                                                               

Par J. C. - Publié dans : culturels
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